A la niche !

Plusieurs choses se bousculent dans ma tête ce matin, enfin cette nuit puisque je viens de me réveiller.

Je me suis frappé le front et je me suis dit:

— A quoi cela sert t’il ?

A quoi cela sert t’il d’écrire tous ces textes et de les publier aussitôt que je les ai écrits ?

Qu’est ce que je veux vraiment ?

Vous voyez ce dont je veux parler.

A ces moments là, quand je me pose ce genre de question, je peux vous garantir que ça ne va pas.

Ca ne va pas mais ça va bien.

Parce que j’arrive à percevoir que quelque chose cloche et que j’en prends conscience voilà surtout pourquoi ça va bien au final.

J’ai encore repensé à ce rêve et je crois qu’il continue à m’expliquer quelque chose.

Malgré le nombre de fois où j’ai repensé déjà à ce fameux rêve il continue de m’en apprendre.

J’étais là allongé sur le sol et une armée de petites créatures m’avaient ligoté tandis que je roupillais. Et oui je suis le genre de type qui roupille au plus profond de ces rêves, j’espère que ça vous étonne autant que moi en l’écrivant.

Je dors même dans mes rêves.

Et du coup certains en profitent.

Ces petites créatures en profitent.

Elle ne sont pas belles du tout, grimaçantes, pleines de ressentiment, elles m’en veulent énormément, elles veulent ma peau, voilà ce qu’elles veulent, et ce désir semble suinter de tous leurs pores, c’est visible. Du coup elles m’ont attaché au sol, je sens que je suis paralysé, je ne peux pas bouger un bras ni une jambe.

Sauf que je sais que je viens de me réveiller dans mon rêve, je suis totalement conscient que je suis dans ce rêve prisonnier de ces créatures.

Du coup je souris et je leur dit :

— Eh les gars vous croyez m’avoir comme ça ? ben non c’est encore raté, parce que je peux me réveiller totalement de ce rêve quand je le désire. Et là je n’en dis pas plus, je me réveille vraiment.

Je suis en sueur dans le noir. J’ai 5 ou 6 ans pas plus. Je suis allongé sur mon lit de gamin dans cette chambre de gamin et je me réveille de ce rêve de gamin.

Je mets un moment à me réveiller vraiment car la colère et la peur sont encore très présentes, comme si elles étaient un écho, le fantôme de ces liens dans lesquels quelques instants plus tôt j’étais le prisonnier.

Je rigole dans le noir, je me crois très très fort.

J’ai encore une fois réussi à m’échapper, à m’évader.

Puis je me tourne de l’autre côté pour me rendormir, maman dit que ça marche lorsqu’on se retourne de l’autre coté, on ne revient pas dans les mêmes cauchemars.

Je me rendors et là, surprise, toutes les créatures grimaçantes sont de nouveau autour de moi et là hop elle me rechoppent et me ligotent à nouveau.

J’essaie de rejouer le même scénario mais ça ne fonctionne pas. Ca ne fonctionne plus.

Alors là c’est la tuile et je dois subir toutes leurs insultes, toute leur amertume, éveillé au fond de ce rêve, je dois tout écouter jusqu’au bout, jusqu’à la sentence finale.

—A mort, à mort gueulent toutes ces petites gueules déformées par la haine.

Après, on me découpe en mille morceaux, je sens tout et je vois tout puis je crois que je meurs.

C’est à dire que je tombe dans un puits sans fond et ça dure longtemps, je ne touche jamais le fond.

En général c’est lorsque je meurs totalement que je me réveille à nouveau, encore plus en sueur, encore dans le noir, dans cette chambre de gamin et que je claque des dents.

J’ai repensé de nombreuses fois à ce rêve et les interprétations varient selon l’âge auquel je les revisite.

A 20 ans je ne conservais guère que cette sensation de fierté, celle de la première partie du rêve où je parvenais à m’évader.

A 30 ans j’ai commencé à me poser des questions sur le seconde partie de ce rêve. J’ai commencé aussi à penser à ma propre mort, à ma vraie disparition.

A 40 j’ai fait une ou deux tentatives de suicide.

A 60 il me semble que je n’ai toujours rien compris à ce rêve biscornu, je veux dire que toutes les interprétations que j’ai pu en faire jusque là me paraissent vaines. Elles n’expliquent pas grand chose vraiment.

Sauf une sur laquelle je m’arrête ce matin : Je suis incapable de supporter aucun lien très longtemps. La nature des liens surtout me révulse la plupart du temps car, au bout du fil que je remonte en pensée, je ne vois toujours que ces gnomes grimaçants, pétris de rancœur, de jalousie et de haine.

Aucun lien n’est gratuit tel que moi j’imagine qu’un lien peut-être dans la réalité que je vis. N’est-ce pas terrible ? N’est-ce pas d’une désolation sans nom ?

Vous voyez où j’en suis ? Pour tenter de m’échapper, d’échapper à cette conclusion je me dis attends, Je n’en suis pas sur. J’ai des doutes.

Puis j’entrevois tout le boulot, je me demande si cela vaut le coup de chercher des preuves du contraire. Je me demande encore si cela vaut encore le coup de sourire ou de rigoler en disant tout ça n’est qu’un rêve, je peux m’échapper.

M’échapper pour retomber dans pire puisque c’est aussi cela le message du rêve : Tu crois trouver une solution mais la solution est pire que le problème.

De texte en texte s’enfuir de quelque chose au plus profond du rêve, cette solution est pire que toutes celles que j’ai déjà trouvées. Mais sans doute est-il nécessaire aussi de passer par celle-ci pour en saisir toute l’inanité. Peut-être faut-il boire la coupe jusqu’à la lie ?

Et maintenant que va t’il se passer ? Depuis quelques minutes j’entends une voix qui ne cesse de me dire : A la niche !

A la niche, le grand truc des blogueurs, et surtout de tous les vendeurs de formations concernant le blogging.

—Si tu n’as pas de niche t’es mort.

Dur dur d’avoir pensé jusque là être un loup et d’être traité soudain comme ça, comme un chien.

Vous voyez ce que je veux dire ? Oui vous voyez j’en suis certain.

8 réflexions sur “A la niche !

  1. Porter la queue basse (euh… au figuré, là) parle davantage de la peur qu’on a de son ombre – à mon humble avis, que les réseaux sociaux (blogs y compris) rendent plus aiguë encore. Y a-t-il un pilote dans l’avion? Je te le souhaite, Patrick. Tu as le dernier mot.

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  2. on voit très bien ce que tu veux dire et c’est là toute la qualité de ton ramage, c’est tout simplement de l’amour et de la reconnaissance que tu viens puiser dans nos coupelles,,, Bois et si l’autre se repointe dis lui que tu es mon pote, ça va le calmer direct, prends soin de toi, FORCE !!! nom de Dieu

    Aimé par 1 personne

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