Crépuscule

huile sur toile 100×80 cm Patrick Blanchon 2018

C’est étonnant comme le rapport à une couleur peut se modifier dans le temps.

Enfant on est obsédé par le bleu, par le ciel bleu et les nuages blancs qui s’y détachent. Puis soudain un soupçon naît concernant cette attirance vers la couleur bleue. Et c’est à partir de là, de ce genre d’inquiétude que l’on découvre le crépuscule.

Les choses sont là et pas tout à fait. L’œil a du mal à accommoder la distance.

Sensation renforcée par ces deux années qui viennent de s’écouler et ce malgré l’opération de la cataracte.

J’y ai vu clair tout de suite après, une luminosité retrouvée, celle de l’enfance je crois sans en être vraiment sur. Plutôt le fantasme d’une luminosité. Puis à nouveau le crépuscule est revenu, dans une intensité nouvelle également.

Un crépuscule qui aura tout envahi progressivement au fur et à mesure des périodes de confinement.

Ce qui désormais s’étend bien au delà de cette période du virus à la vie toute entière. Et si la vie n’était qu’un crépuscule perpétuel ? Les êtres, les choses sont ici et là mais à quelle distance vraiment ? on ne le sait pas vraiment, ou plutôt perd t’on un certain nombre de certitudes quant à leurs positions dans l’espace et le temps.

Même vis à vis de nous-mêmes nous ne sommes plus tout à fait certain d’être ici ou là.

J’ai vu comme je me suis débattu avec la couleur, avec toutes les couleurs ces deux dernières années. J’ai oscillé entre des couleurs vives et franches et une palette de gris subtils. Ce doute, ces hésitations, comme s’il fallait soudain effectuer un choix important et qu’on ne sache pas, qu’on ne sache plus justement la définition correcte de l’important.

On cherche donc une définition, encore, envers et contre tout, pour soi alors que ce que l’on nomme « soi » n’est plus tout à fait ici ni là. Alors que soi est confondu avec cette impression de crépuscule général.

Qui cherche alors ? Qui cherche sa route lorsqu’il n’y a plus de route ? Qui invente encore une route alors qu’il ne sert plus à rien de cheminer ?

La curiosité, celle dont on ne cesse de dire qu’elle est responsable de tellement de mots et maux … Est-ce la seule et unique luminosité qui nous aide à ne pas nous dissoudre tout entier dans la grisaille entre chien et loup ?

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