Pauvre type

Je ne compte plus les fois. Mais disons que c’est le mot qui revient le plus souvent. Pauvre type ça leur vient naturellement. Au début ça me blessait, et puis au bout du compte on s’habitue. On finit même par en rire, pas ouvertement, on évite la provocation inutile.

Alors qu’au début vous vous souvenez, c’était merveilleux, tout beau tout rose.

Rire. Là je ne peux pas me retenir désolé.

Bon ça va dans les deux sens, pas de jaloux. Pauvre conne, pouffiasse, pute, j’ai l’embarras du choix quoique que l’on se laisse aller à prendre certains mots en affection, sans doute à force de les côtoyer tous les jours en pensée.

Mais ce n’est qu’une pure formalité. Pour ne pas laisser l’autre dans une absence trop abruptement. Et surtout pour qu’il n’y ait pas de remords, de regret.

—Pauvre type !

— Sale pute !

et voilà le tour est joué.

Puis on ouvre la porte il fait un temps splendide et on se sent plus léger d’un seul coup. Pour un peu on se prendrait presque pour Fred Astaire, on ferait des claquettes sur la chaussée, les gens s’agglutineraient, évidemment ce n’aurait pas grand chose à voir avec Fred Astaire…

— Pauvre type les gens diraient, il a sacrément morflé

Ils s’imagineraient.

Mais non pas du tout, vous n’y êtes absolument pas. On rigolerait encore un peu pour le coup et hop on disparaitrait

On deviendrait un lapin blanc qui sort d’un chapeau de magicien.

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