Etre joyeux et con à la fois

J’y arrive sans problème. Il suffit d’appuyer sur le bouton, de claquer la porte derrière moi et de démarrer la voiture sans qu’elle ne cale immédiatement. J’effectue le trajet en écoutant la voix radiophonique du traducteur d’Eckhart Tollé, qui en anglais possède la voix de Donald Duck. Et voilà, je me retrouve dans la peau de ce personnage, je m’entraine depuis des années à épouser le rôle, me voici super entrainé, joyeux et con à la fois.

C’est juste un moyen de conserver mon énergie cependant. Quelque chose de réfléchi puissamment. Comme par exemple cette découverte après de multiples analyses que le temps passe 10 fois plus vite comme ça qu’en étant intelligent et triste, cet autre rôle expérimenté, désormais parfaitement rodé aussi mais super fatiguant.

Et puis surtout j’ai à faire à des enfants la plupart du temps, ils m’adorent lorsque je suis con et joyeux. Par contre avec les ados j’ai plus de difficulté, je suis nettement plus con que joyeux. C’est une affaire de miroir je crois.

Et puis le soir les adultes arrivent, j’ajoute un peu de clownerie comme épice, ça ne mange pas de pain.

Quand j’ai terminé mon show, que je remonte dans ma voiture pour revenir chez moi, j’appuie sur l’abonnement « André Dubois, du blog Traficmania sur sa chaine Youtube. Et là j’écoute religieusement tous les conseils qu’il dispense pour construire un blog intelligent, un blog qui rapporte de l’argent.

Conseils que je ne suivrai probablement jamais évidemment car je sais pertinemment que cette partie de mon intérêt n’est là que pour revenir à l’essence de ma désespérance. C’est à dire au fait qu’en tant qu’artiste on puisse espérer gagner de l’argent sans trop se fatiguer et en prenant les gens pour des nigauds.

Je sais que certains y parviennent sans trop d’efforts ni de scrupules, il suffit de peu de chose finalement pour que ça fonctionne comme sur des roulettes, et accessoirement fricoter avec le diable.

C’est une affaire contractuelle avec soi-même. Car finalement il n’y a de diablerie que là.

Etre con et joyeux à un moment de la journée puis s’imaginer intelligent, riche et beau à un autre moment pour terminer à la fin du jour en posant sa tête sur l’oreiller et se demander:

—merde qui suis-je donc vraiment ?

5 réflexions sur “Etre joyeux et con à la fois

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