L’importance des dégradés en peinture.

brou de noix et encre de chine format 20×20 cm

La dégradation pour la plupart des gens n’est pas un mot porteur de joie, d’espoir, de beauté à contrario du peintre que je suis.

J’aime les dégradés de toutes sortes.

Les dégradées aussi, et durant longtemps en raison d’une homonymie qui prend sa source dans mon esprit naïf, enfantin. Les femmes plus âgées que moi décorées de ridules, de rides, de plis et de traits tombant m’attiraient toujours bien plus que les jeunes à la peau lisse et à la cervelle toute entière tournée vers des avenirs à construire, des foyers à entretenir, des marmots à fabriquer puis à choyer, ou pas d’ailleurs.

Il y a certainement une relation de dégradé à dégradée que je n’avais guère soupçonnée alors. Car finalement c’est en ouvrant les yeux sur ma propre dégradation, je veux parler de ces changements parfois imperceptibles qui me font passer d’une valeur à une autre, que j’ai enfin compris ma quête des reflets.

Possible que peindre ou s’allonger sur un divan participent d’une même motivation qui est celle de comprendre le dégradé, de se le raconter à voix haute et en couleurs de longues heures, de longues années, pour enfin atteindre à l’expertise, au geste sur, au dosage parfait sur la langue ou bien au bout du pinceau.

j’ai toujours été fasciné par cette histoire, le fait de tellement s’attarder sur la confection des fonds chez Botticelli. Il parait qu’il pouvait y passer des jours, des semaines, des mois parfois…Trouver les bons passages ( pas sages) d’une valeur à une autre, échanger les points de vue de soi-même à soi-même, surtout entre une perception masculine et féminine, de ce fond notamment sur lequel peindre un beau sujet, de préférence religieux, ou mythologique.

Un beau dégradé ne montre aucune dureté, aucune frontière. D’une certaine manière il m’évoque une image de liberté tout à fait discrètement, comme une femme âgée se livre sans pudeur à l’aventure de l’anonymat dont j’aurais été un des acteurs avant de comprendre que j’étais peintre plus que Don Juan ou gigolo.

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