Accepter l’hystérie

Esquisse visage, peinture acrylique et fusain 2022

J’ai un problème avec l’hystérie. Comme pas mal d’hommes de ma génération. Une sorte d’effroi, un peu comme un gosse voit exploser tout soudain un ballon de baudruche. Car on ne sait pas vraiment à ce moment particulier de la vie du ballon si on doit en rire ou en pleurer.

Et donc c’est lié directement à mon avis avec la joie. Ne pas se mélanger les crayons en confondant l’hystérie, la joie et l’érection. Accepter chacune de ces choses pour ce qu’elles sont. Ni plus ni moins, c’est extrêmement difficile car rien ne nous prépare à ce type de discernement. Surtout pas l’école, ni l’éducation qui ne se préoccupent que de castration, de frustration pour nous donner un aspect potable, présentable, acceptable.

Evidemment que c’est lié étroitement à un versant de la féminité que l’on découvre à l’extérieur de soi et qui nous fait trembler car on pressent bien qu’à l’intérieur ça réagit drôlement.

D’où ce rejet quasi instantané de toute forme d’hystérie. Notamment lorsqu’elle s’amène sous la forme de fête, de boum, de ball trap et je ne sais quoi.

Alors qu’au contraire il faudrait se pencher si je puis dire là dessus, n’avoir pas froid aux yeux. L’admirer éventuellement comme on admire une fleur.

Cela apporterait un sacré courant d’eau à la peinture. Non pas que j’imagine soudain peindre de façon hystérique ce qui est pour moi immédiatement péjoratif. Mais utiliser la force de l’hystérie de façon consciente, rester calme au milieu de l’ouragan qu’elle manifeste. Et donc la laisser se déployer sans vouloir la contraindre, la contrôler à l’intérieur du cadre de la toile.

Et ensuite essayer de comprendre ce qu’elle veut dire. Même si cela me semble à priori tout à fait incohérent de prime abord.

J’ai toujours eu cette patience là avec les femmes jusqu’au moment où pour une raison ou une autre je ne l’avais plus.

Mais ce n’est ni la perte de patience pas plus que l’hystérie qui m’auront fait déguerpir. C’est bien plus une répétition du même phénomène qui revient sans arrêt et qui fini par m’ennuyer.

Et cela m’ennuie pour quelle raison ?

  1. Par ce que quoique je fasse je ne peux pas changer cette répétition.
  2. Parce qu’à ce moment où je prends conscience que je ne peux rien y faire je m’en détourne.

Et à chaque fois je peux me souvenir de cette sensation de soulagement qui accompagne l’écart que je pose entre ce type d’hystérie et moi. Comme si je trouvais la solution à une charade.

Ce qui m’oblige plus ou moins à parler de nature. Ma nature est d’autant attirée par l’hystérie que pour mieux la comprendre et ainsi m’en détacher.

Sauf que je ne peux pas faire un blot. Il y a dans ce que j’appelle l’hystérie des choses importantes, essentielles même pour peindre ou pour écrire, pour s’approcher de cette fameuse intention de créer quoique ce soit.

Au bout du compte il faut récapituler tout cela tranquillement. Revisiter toute l’histoire et se rendre compte. Ce que je comprends dans le présent de cette attirance-répulsion vis à vis de l’hystérie bloque une grande partie de mon énergie.

Revisiter tout cela calmement, l’accepter pour ce que c’est. Et se souvenir que tout ce qui est passé peut-être revécu d’un autre point de vue, ce qui crée simultanément un autre avenir.

Je sais faire cela en peinture tous les jours avec mes tableaux. Je n’arrête pas de changer le passé et l’avenir de chacun d’eux. Ce qui provoque en moi une sensation hystérique justement.

Accepter de voir ça dans un premier temps, en prendre vraiment conscience. Conserver l’intention de peindre avec cette conscience là désormais.

2 réflexions sur “Accepter l’hystérie

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