Le septique et le ravi face au tableau.

Deux personnages indissociables puisque qu’ils répondent à une loi universelle. Celle de l’attirance/répulsion.

Le septique passe son temps à éliminer le risque d’être enseveli dans le ravissement du monde tandis que le ravi s’accroche à la certitude d’un ravissement du monde, renouvelé d’instant en instant. Ces deux personnages ne peuvent exister l’un sans l’autre dans l’esprit du peintre.

Secrètement le peintre est toujours prêt à tomber dans ce vertige que lui propose le ravissement. Que se passerait-t ‘il alors s’il cédait à ce qu’il considère comme une tentation ?

Tout d’abord il se trouverait emporté dans une spirale extrêmement lumineuse, une chute à l’envers comme celle que l’on vit dans l’obscurité de ces puits sans fond oniriques. Probablement est-ce le même effroi. Il ne peut cependant en être totalement certain, il lui manque des billes pour cela.

C’est à cet instant que le ravi surgit, qui lui ne connait pas la peur du noir ni de la chute, qui n’a pas la moindre idée non plus d’un sens de l’orientation à part celui du cœur qui lui propose d’aimer à fond tout ce qui se présentera face à lui.

Ce qui sépare le septique du ravi c’est seulement leur point de vue sur le verbe aimer.

Le ravi sera donc attiré par la lumière et le septique par les ténèbres mais leur but est commun puisqu’il s’agit d’approcher une clarté.

Les deux auront compris à leur façon que la clarté n’était pas la lumière ordinaire et qu’elle ne pouvait surgir d’une obscurité ordinaire. qu’il fallait s’engouffrer dans une dimension extraordinaire pour percevoir cette clarté.

L’un la traque par la pensée tandis que l’autre la débusque par amour.

Au bout du bout cependant ce qui compte c’est de s’engouffrer dans une dimension particulière ce qui prouve que tout à chacun à sa façon peut la créer où bien l’imaginer en conscience.

Le septique atteint une dimension dont la fréquence est proche d’une basse, le ravi quant à lui semble entrainé par une mélodie qui le tire vers une immense symphonie.

C’est seulement une perception qui s’établit selon deux fréquences différentes. Comme si on posait un 33 tours sur une platine et que l’on modifiait la vitesse de rotation du plateau en appuyant sur un bouton.

Ni l’un ni l’autre ne peuvent à aucun moment savoir vraiment s’il sont dans le vrai. Cette vérité leur est personnelle, intime, c’est seulement la leur.

Le septique semble plus faible cependant lorsqu’il s’agit de nourrir ou entretenir sa vérité car il a besoin de référence, de la collectivité, alors que le ravi s’en fiche.

Le ravi se ravit d’instant en instant, son ravissement c’est son être, son unique possibilité d’être au monde instant après instant.

D’ailleurs le mot ravissement est important. Quelque chose est dérobé à chaque instant et c’est justement le doute, ou l’égo car dans l’esprit du peintre ils sont synonymes.

—Mais on a besoin de l’égo ici bas dit le septique quand les choses lui échappent, et le peintre acquiesce.

— Vous avez tous les deux raison, dit le peintre.

— Et maintenant asseyez vous et regardez je vais vous montrer mon tableau, ce tableau que je suis parvenu à peindre grâce à vous deux.

Le peintre fait quelques pas en direction du grand chevalet et il soulève doucement le tissu posé pour protéger le tableau de la poussière de l’atelier.

C’est un très grand tableau avec un enchevêtrement incroyables de formes qui à première vue peut paraitre complètement foutraque. Mais le septique comme le ravi s’accordent à dire que l’émotion qui les saisit est intense.

—Plissez les yeux vous verrez encore mieux dit le peintre

Ils plissent les yeux tous les deux de concert

et c’est à cet instant qu’ils aperçoivent une petite lueur qui provient du fond du tableau et qui semble provenir des confins d’un plus vaste univers.

La lueur se rapproche et inonde désormais tout le tableau d’une clarté presque insoutenable. Elle parait illuminer désormais l’atelier tout entier et probablement tout le quartier alentour, le village, le monde.

Heureusement le septique retrouve ses esprits à temps et dit:

—minute papillon je ne veux pas mourir d’amour moi.

C’est à ce moment là que tout s’est obscurcit d’un coup et que je me suis retrouvé au beau milieu de mon atelier face à ce tableau totalement détruit.

J’ai allumé une nouvelle cigarette, et je me suis remis au boulot sans autre

Votre commentaire

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.