5. Le féminin et le masculin

C’est par le féminin que l’on peut avoir accès à la porte. Et par le masculin que l’on enfonce si souvent des portes grandes ouvertes. C’est toute l’ambiguïté du temps, de la conjugaison dans laquelle je me perds si souvent.

il convient donc d’écrire au présent pour pénétrer dans le mystère et de rester sans jugement envers tout ce qui peut en surgir. Autrement dit faire simple après tout ce compliqué.

Si les événements ressemblent à des rébus tout est fonction de l’accueil dans lequel on les observe arriver.

Et la peur de l’avenir comme le dégout du passé jouent ici un rôle majeur.

Se souvenir que l’amour courre vers son infini. Se laisser sombrer dans l’infinitif.

Et ne pas vouloir le posséder ni en jouir vulgairement.

Il en va de l’instant, de la qualité miraculeuse de l’instant que l’on relègue si souvent dans l’anodin, le consommable.

Le temps n’est pas un capital. Ou alors l’abondance est son plus juste synonyme. Cette abondance que l’on regarde défiler sous notre nez comme un ruisseau auquel nous ne parvenons pas à étancher la soif.

L’ignorance de la qualité de l’instant est la source de notre avidité. Nous sentons bien que quelque chose de précieux se tient là et nous ne cessons de vouloir le contrôler le maitriser de l’utiliser, au travers des objets qui ne sont que des symboles mouvants.

Cependant male et femelle sont complémentaires dans la grande chasse au bison sacré chacun joue son rôle à la perfection malgré tous les couac que nos craintes font naitre.

Le courage n’est pas réserver au guerrier, ce n’est qu’un écran de fumée. La femme n’a pas besoin de s’équiper, nul besoin de bouclier, de lance ni de poignard.

Parfois sa puissance irradie l’espace tout entier. Tellement qu’aussitôt elle se sent obligée d’exhiber sa faiblesse pour ne pas trop effrayer le male.

La femme vit au présent de la vie toute entière sur tous les mondes sur tous les plans. Alors que l’homme se perd dans la conjugaison des temps.

Puis souvent il inverse les rôles en disant je connais la route, je connais un raccourci, je te promets la joie, souvent au conditionnel.

C’est ainsi que l’amour prend conscience des prairies. En sautant par dessus les enclos dans lesquels on imagine pouvoir le contraindre, le canaliser dans un égarement de la notion d’absolu de pour toujours et à jamais.

Tout ce qui m’est arrivé de mal à ce propos, ce que je considère d’emblée comme catastrophique, à terme est un bien.

Le passé composé m’oblige à recomposer au présent les événements, les intrigues, l’achevé appartient à cet imaginaire dont on cherche à faire un bouclier contre les rayons brulants du grand soleil central.

Cet imaginaire là ne me vaut rien. Il ne se construit perpétuellement comme un mouvement de répétition machinal, mécanique, masculin.

Si je m’arrête et que je reste immobile, si j’observe vraiment tout ce qui m’entoure aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur de moi , au premier degré, sans filtre, sans cet imaginaire, sans la plus petite pensée et surtout sans jugement, alors il n’y a plus de temps.

Et l’amour est là comme au tout premier jour du monde, si tant est qu’un jour il y ait vraiment eu un premier jour.

Lorsque je la revois sur le bord de la piscine ôter sa robe blanche. Elle est là depuis toujours et ce sera ainsi à jamais.

tout simplement par ce que ce jour là je suis vraiment présent. Ce c’est pas parce que c’est elle, n’importe qu’elle autre peut aussi bien être là dans ce présent.

D’ailleurs elles le sont toutes . Je suis au regret.

Et si je décide de n’en choisir qu’une c’est que mon obstination à vouloir conjuguer me retombe dessus.

Toutes ces femmes ne sont qu’une au travers du prisme des différences que je leur attribue. Toutes je les aime même si pour découvrir la profondeur de cet amour j’ai dû m’éloigner d’elles, parce que je me dis toujours les mêmes choses ou la meme chose.

Je ne les mérite pas.

Car dans cette dimension il faut toujours faire les choses dans les règles, , suivre un mode d’emploi à la lettre pour s’autoriser enfin à se dire « je le mérite ».

Ce qui m’a toujours révolté. toujours cet écart cette frustration entre l’envie et la satisfaction. Ce sevrage sans quoi le bureau, l’usine, les contrats n’existent pas, ne valent rien.

Il est si facile de parler au présent pour créer l’éternité. Quel pouvoir immense ! Et lorsque je vois comment j’ai utilisé ce pouvoir je comprends à quel point je ne comprends rien.

Dire oui au présent. Combien de fois l’ai-je vraiment dit au cours de cette vie ? Ce pourrait être le thème d’un minuscule recueil de nouvelles. Un court recueil qui ne fatiguerait pas le lecteur.

Je crois que les femmes peuvent écrire des romans à partir de leurs oui. Et des poèmes avec leurs non.

Elle ôte sa robe blanche devant la piscine et je vois les reflets de l’eau se jeter sur sa peau mat. Tout tremble tout vacille. Une grande porte s’ouvre devant moi, je me lève me dirige vers elle pour l’emprunter .

Mais quelque chose se passe, une idée de possession surgit et je finis le cul par terre, sonné je viens de me cogner le font contre une baie vitrée.

Dessin 2022

2 réflexions sur “5. Le féminin et le masculin

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