15. L’âge d’or.

Un chien Andalou Photo

Le fantasme d’un âge d’or revient perpétuellement pile poil au moment des grands bouleversements. Dans l’hypothèse que l’Akasha me présente, je manque m’étouffer de rire.

Madame X est élue présidente de la république française et c’est la mise en place d’un merveilleux âge d’or.

Tout le monde mange

Tout le monde dort

Personne n’a plus peur de rien.

Nous avons été mis en stase.

Des somnambules dont les lèvres balbutient parfois des choses incohérentes au fin fond de leur rêve éveillé.

« Noir c’est noir il n’y a plus d’espoir hou hou hou tsoin tsoin ».

Tandis que les sauriens leur charcutent les neurones à coup de simulations virtuelles, de jeux débiles télévisés, et de chansons à l’eau de rose.

Retour du feuilleton HEiDI.

Tout le monde est beau tout le monde il est gentil.

Sauf à peu près tout ce qui n’est pas gaulois.

Et de pure souche svp.

Sauf les russes évidemment. Ces bons aryens.

Entre bon aryens comment ne pas s’entendre ?

— Tu as fini de bailler aux corneilles me dit Hildegarde assise près de moi dans le compartiment. On a du boulot à préparer. Et elle ouvre sa petite mallette de voyage dans laquelle j’aperçois bien rangées toute une collection de petites fioles remplies de liquides colorés.

—Oh doucement Hilde, tu sais bien que je n’aime pas être réveillé brutalement.

— Si tu rêves à ce genre de choses tu crées un portail dans les possibles et l’Akasha enregistre, donc stop tout de suite ce genre de bidule s’il te plait. On a déjà assez de bordel mieux vaut pas en rajouter.

— Tu as raison. Cause moi de botanique, le paysage est morne au delà des fenêtres. Je sais prendre Hildegarde par les sentiments. Il suffit de lui causer de plantes pour que je l’observe se trémousser de plaisir sur son siège.

— tu te vois plutôt incinéré ou enterré et bouffé par les vers de terre me demande t’elle.

— Euh moi je ne vois rien du tout de tout ça, éventuellement ce ne sera que ma dépouille à qui ça arrivera et dont je me tamponnerai comme de mon tout premier haut de chausse.

Avec Hildegarde on a une relation fraternelle du genre à se taquiner tout le temps. Elle est un brin bourrue et fait toujours semblant de ne pas supporter les fantaisistes de mon acabit. Mais c’est comme l’huile et le vinaigre entre nous-deux, et s’il n’y a pas de salade à assaisonner, on se rabat l’un sur l’autre pour un rien.

— Tu crois à l’âge d’or Hildegarde ? je demande.

— tu veux parler de maintenant elle dit, bin oui forcément que j’y crois puisque je le vis.

— Oui mais non, je veux dire au paradis Hilde, avec des chérubins tout nus qui soufflent dans des trompettes et des jardins remplis de fleurs fraiches à l’infini ?

— t’es rien couillon toi elle dit. Pourquoi pas aussi aux vierges qui des qu’un pauvre bougre se fait exploser la tronche deviennent toutes nymphomanes en l’accueillant à bras ouverts ? Et pourquoi pas à la petite souris et au Père Noël par dessus le marché ?

On explose de rire et c’est à ce moment là que la contrôleuse ouvre la porte du compartiment. Une grande blonde athlétique avec des yeux gris bleus souriants.

— tiens voilà la première qui arrive, une Walkyrie visiblement dit Pablo en face de nous. Est-ce que le train a déraillé ? on est tous morts et on est arrivé au paradis ? Puis il fait une mimique qui doit ressembler à son avis à une sorte d’hommage, de révérence à la grande blonde en achevant le tout par un clin d’œil salace comme il en a le secret.

— Tiens toi donc espèce de paysan dit Salvador, moustaches orientée 10h10. Puis s’adressant à la contrôleuse : Mademoiselle vous illuminez cet instant comment puis je vous honorer ?

— La grande blonde prend un air ahuri et dit : bin z’avez qu’à présenter vos billets en polonais et nous ne sommes mêmes pas étonnés tous autant que nous sommes de comprendre la langue.

— Moi j’aimerais que mon corps soit momifié qu’il devienne comme un vieux parchemin me confie Hildegarde.

Et nous voilà tous à rigoler devant la grande fille qui est un peu rougeaude tout à coup.

— Ah je vous l’avais dit que c’en était une. J’ai un 6eme sens pour les repérer.

— Rustre! tu ne penses donc toujours qu’à jouir le tance Salvador en faisant les yeux doux à la femme en uniforme. puis il ajoute qu’il la peindrait bien nue avec de très longues jambes pour qu’elle puisse gambader dans le désert au coté de ses magnifiques éléphants.

On rigole.

C’est à ce moment là que l’on voit la grande blonde s’élever dans les airs. Son crane traverse le plafond, puis son corps tout entier. Et nous sommes tous soulevés comme des crêpes de nos sièges.

Enfin le train déraille comme au ralenti, tous les wagons pénètrent les uns dans les autres.

Dire que quelques instants auparavant je rêvais d’un Age d’or. Le quotidien nous rattrape toujours séance tenante.

Il y a eu un attentat sur le train Paris Varsovie. Une explosion. Est-ce un hasard ça m’étonnerait bien.

2 réflexions sur “15. L’âge d’or.

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