34. Les limites de la transe.

Photo de Hilmi Iu015fu0131lak sur Pexels.com

34 textes plus tard le mot transe surgit suivi de près par l’hystérie. L’écriture est un moyen que j’ai trouvé pour pénétrer dans la transe et comme je pense n’être perpétuellement qu’un ignorant, je ne sais pas maitriser ce phénomène, je me trompe presque tout le temps de direction, c’est ainsi que je parviens tout au plus à une forme d’hystérie.

En réfléchissant, en tentant de m’extirper de ma naïveté de façade, cela ne fait pas un pli : il doit s’agir de la même transe, la même hystérie concernant la peinture.

J’ai tout de même cette faculté de pénétrer dans la transe. C’est un fait indéniable , mais l’intention d’y pénétrer, d’utiliser la transe doit être revisitée.

Car il faut se poser encore et toujours à chaque pas, la question de l’intention véritable qui me pousse à cette double répétition.

Qui suis-je réellement ? Suis-je un chaman ? Un écrivain ? Un peintre ? Ou tout simplement un pauvre type qui se sera inventé des personnages à seule fin de se consoler de son impuissance chronique ?

La lucidité qui s’empare de moi à l’instant où je me pose la question, ce pressentiment terrible qui monte presque aussitôt pour tout envahir de mes croyances, tout ça n’est pas une sinécure, c’est l’un des plus sales moments de ma vie.

Faire la part des choses n’est pas vraiment mon fort, j’ai l’habitude d’être entier et « jusqu’au boutiste ». Lorsque je commence à avoir un doute, je n’ai pas de cesse avant de l’avoir exploré de fond en comble.

Puis il me vint cette idée que ce doute, cette prétendue lucidité n’est probablement rien d’autre qu’un programme installé dans ma cervelle depuis toujours. Peut-être qu’au moment même où je découvre ainsi, par la transe, de nouveaux possibles, une issue, ce programme se met-il aussitôt en route afin de me dissuader de penser que je puisse ainsi m’évader.

Dans quelle direction alors orienter la confiance en soi ? Vers les ténèbres les plus noires ou vers la lumière et la clarté… ? Le choix parait d’autant plus difficile qu’il semble à première vue évident.

N’importe qui choisirait la lumière évidemment. Et ainsi le monde des bisounours se recréerait presque aussitôt jusqu’à ce que la sensation de fausseté refasse son apparition, et le malaise qui ne cesse de l’accompagner.

Il me faut donc apprendre à étudier plus attentivement les intentions qui me poussent à pénétrer dans la transe.

Tout comme décider aussi des limites à ne pas franchir pour ne pas s’égarer dans l’hystérie. C’est à dire dans une méthode Coué à la con.

Rester vigilant sans rien fixer. Voir l’ensemble et ne pas se laisser l’attention être capturée par un détail. Avancer ainsi comme un indien dans la forêt. Dans l’instant et accepter sans broncher l’assaut de toutes les mémoires gisant dans la cohorte des espace -temps. Les laisser surgir puis se dissoudre aussitôt sur la carapace d’attention que je ne cesse de créer ainsi dans cette vigilance au mouvement général.


Persévérer dans l’erreur est diabolique dit-on. Accepter la séparation n’est pas une chose facile. Cette séparation qui s’opère naturellement avec une illusion sitôt qu’elle est découverte en tant que telle.

Persévérance et ténacité. D’accord mais jusqu’à certaines limites. Et quelles pourraient être alors les limites ? Au delà de l’hystérie et de son déjà vu, se trouve un espace calme que je ne cesse d’appréhender mais dont je me méfie encore beaucoup.

Cet espace j’ai du mal à le qualifier. Et comme d’habitude je fais confiance au premier mot qui me vient à l’esprit lorsque j’y pense. C’est la compassion.

L’hystérie s’empare aussitôt du mot pour s’en nourrir, je la regarde, elle est avide, désespérée par la faim inextinguible. J’éprouve de la compassion pour cette hystérie. Je peux la comprendre désormais, sans toutefois que ma propre avidité ne lui fasse écho et que nous nous élancions l’un vers l’autre vers une fusion illusoire.

Je continue mon chemin dans la foret, je regarde l’ensemble, tout ce qui vit et bouge dans le visible comme dans l’invisible.

Mon cœur bat plus fort, et plus calmement en même temps, il me semble que l’énergie provient à la fois de moi comme de l’extérieur, elle s’engouffre en moi par mille canaux qui se créent dans l’immédiateté de chaque pas.

C’est à cet instant que la vigilance doit être la plus aiguisée. Une hystérie peut toujours en cacher des milliers d’autres.

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