52. Remontée de bretelles.

Volcan Olympus Mons sur Mars.

Quelques minutes plus tard le vaisseau parvient en orbite de Mars. Puis il effectue sa descente jusqu’à amarssir en contrebas d’un immense volcan dont la hauteur est vertigineuse. Il doit à vue de nez mesurer au moins trois fois la taille du mont Everest pour donner une idée de ma stupéfaction à ce moment là.

Jim me dit que c’est l’Olympus Mons le plus haut volcan de tout le système solaire. Puis il se sent obligé de me faire un cours sur les cocottes minutes.

— Ici sur Mars il n’y a pas de tectonique des plaques comme sur Terre. La croute martienne étant beaucoup trop épaisse. C’est pour ça qu’il existe ce point chaud sous le renflement de Tharsis, là où nous sommes.

Ce que tu vois est le volcan principal qui s’élève jusqu’à 21000 mètres , il y en a quelques autres tout autour Pavonis, Arsia et Ascraeus Mons, qui eux ne culminent qu’entre 15 000 et 17 000 mètres au-dessus du niveau de référence martien.

Nous sommes à l’emplacement qui sert de soupape d’évacuation à la chaleur et la pression de celle -ci sur la planète. Toute la pression s »est accumulée à ce point précis où nous sommes. Mais ne t’inquiètes pas, l’activité volcanique ici est au ralenti, ce vieux volcan est en fin de course. La prochaine éruption n’aura probablement lieu que dans quelques millions d’années.

Rien ne m’étonne plus. Jim a l’air d’en connaitre un sacré rayon, mais je n’ai pas envie de m’interroger sur le pourquoi et le comment. Fasciné par le spectacle majestueux qui s’étend devant nous, je ne pipe pas un mot. Ainsi encore une fois, même dans les situations les plus loufoques, les plus effrayantes, les plus dangereuses je constate que la beauté l’emporte une fois de plus. Je ne peux me départir en toute situation de mon rôle de scribe, de photographe ou de peintre.

Tout à coup une immense trappe s’ouvre à flanc de montagne face à nous et le vaisseau s’éleve à nouveau pour rejoindre lentement le trou géant.

Il s’engage dans une galerie immense dont les parois sont sculptées de motifs magnifiques quoique un peu inquiétants. De toute évidence la race qui a crée cette galerie, et ces œuvres d’art immenses ne n’appartient pas à notre monde. Le tout est disproportionné comme s’il s’ agissait de constructions relevant d’un imaginaire de géants.

Puis le vaisseau débouche au dessus d’un vaste océan, je me pince pour être certain d’être éveillé.

C’est véritablement époustouflant, et je suis pris d’une vive émotion, comme si soudain les lieux me semblaient familiers dans une sensation étrange de « déjà vu ».

Mais à la vérité je ne sais plus où nous sommes, c’est comme si le vaisseau venait de réalisé un saut quantique. Le décor a totalement changé. Je vois d’immenses oiseaux blanc un peu semblables à des goélands voler dans un ciel bleu.

De plus deux soleils jumeaux illuminent le décor comment est-ce possible ?

— tu parais si étonné me dit Jim , pourtant tu devais te souvenir désormais que l’on t’a ôté ton implant, cela ne te rappelle t’il rien vraiment ?

Mais je n’ai pas le temps de répondre car nous survolons une ile désormais et sur celle-ci j’aperçois de nouvelles constructions éblouissantes à couper le souffle.

— Nous arrivons dit un des hommes en uniforme qui s’exprime curieusement avec un accent québécois.

Le vaisseau ralentit à nouveau puis il surplombe une immense ville dont l’architecture est semblable à celle que l’on rencontre chez les mayas sur Terre. Mais dont l’élégance n’a jamais été égalée.

j’ai l’impression que les blocs sont de verre et de métal, peut-être est-ce de l’or, ce qui donne à l’ensemble une munificence extraordinaire.

Cependant il n’y a personne dans les grandes artères que nous survolons. On dirait une ville morte, une ville désertée par ses habitants.

Enfin le vaisseau se pose sur une immense terrasse de ce que j’imagine être un bâtiment administratif, une sorte de palais des congrès fantastique.

On nous fait descendre et je note que nous n’avons pas besoin de mettre de combinaison, de casque, car l’air est respirable. Il flotte dans l’air une odeur agréable que je reconnais immédiatement comme proche du chèvrefeuille et du jasmin mêlées. Et en effet tout autour de nous s’étendent de magnifiques jardins dont les plantes me semblent familières.

Enfin une partie de l’équipage m’accompagne jusqu’à un portail gigantesque de forme circulaire sur la façade avant de ce que je considère être un temple géant.

Là l’homme en uniforme sombre à l’accent québécois semble composer un code sur une console en appuyant sur des touches spécifiques qui ont la forme de symbole exactement comme dans la série Stargate. Je ne suis pas étonné de voir alors l’un des éléments circulaire du portail tourner sur lui-même et l’apparition d’un élément semblable à de l’eau très bleue exploser puis revenir au calme de la surface toute entière.

On me conduit encore sur une sorte de passerelle pour que je traverse l’élément bleuté. A cette instant je n’éprouve pas de crainte comme si j’avais déjà fait ce genre de chose. Je ressens des picotement léger sur mon corps puis une accélération emporte mon corps tout entier à la vitesse de l’éclair au travers d’un couloir dont les parois sont constituées d’une lumière bleutée.

Je ne sais combien de temps prend ce voyage, quelques minutes ou quelques secondes à peine puis la vitesse semble baisser et nous traversons un autre diaphragme.

Nous sommes dans l’immense salle que je reconnais immédiatement et ma gorge se sert.

Car à notre arrivée je constate une double rangée de dracos encadrant un passage que nous empruntons pour rejoindre au loin le trône et sa cour.

La reine reptilienne est là entourée de son conseil. Cela ne semble inquiéter personne d’autre que moi.

— tout va bien se passer me dit Jim à l’oreille. Elle est un peu soupe au lait car il est grand temps que l’on te remonte les bretelles une bonne fois, avoue que j’ai essayé de le faire déjà plusieurs fois et que ça n’a pas donné grand chose.

— A genoux devant ta reine m’ordonne la reine. Et je vois que tous mes compagnons sont déjà à genoux je suis le seul qui reste encore debout.

— Je ne suis pas votre esclave, allez vous faire voir je réplique. Ce qui n’arrange évidemment pas mon cas car aussitôt deux dracos se détachent du rang et m’obligent par la force à m’agenouiller. J’essaie de me débattre mais leur force physique est implacable.

— Bien, reprend la reine, je vois que tu ne changeras pas, tu es toujours aussi têtu et impulsif. Toujours ce fantasme d’indépendance et de liberté.

Sa voix s’est un peu adoucie. On dirait même qu’elle prend ce qu’elle dit pour de l’humour.

— Je t’ai fait venir car il faut que nous mettions les choses au point une bonne fois pour toutes. tu ne peux pas continuer à faire et dire n’importe quoi comme ça te chante. Il en va de la survie de la mission. Alors écoute bien ce que j’ai à dire et imprime tout ça dans ta cervelle de moineau terrestre si tu le peux.

Et puis qu’on lui enlève son déguisement ridicule tout de suite, cela m’insupporte.

L’un des personnages que j’imagine être une sorte de conseiller de la reine, prend à sa ceinture un objet cylindrique, une sorte de petit pipeau en métal qu’il porte à sa gueule. Surgit tout à coup une musique magnifique, sous la forme d’une série de notes lancinantes. J’ai l’impression que celles-ci pénètrent dans mes oreilles concrètement si je peux dire.

Tout à coup je sens la métamorphose qui s’opère sur mon corps. Le sol s’éloigne je grandis démesurément et avec une rapidité incroyable. Je comprends tout à coup que je suis devenu un Draco moi aussi. Je me sens totalement perdu à nouveau. Que se passe t’il ?

— Tu ne fais pas partie de l’ennemi si c’est cela qui t’effraies. Il est grand temps que nous t’apprenions la vérité, ou du moins que nous t’aidions à t’en souvenir. Cependant ton caractère dissolu risque à tout moment de faire capoter la mission toute entière il faut d’abord que nous décidions d’une sanction qui te mette un peu plus de plomb dans la cervelle.

Cette sanction je l’ai décidée sera de retraverser le voile de l’oubli en sens inverse. tu vas te souvenir de tout désormais et dans le moindre détail. Alors peut-être tu cesseras de faire le clown et de t’amuser continuellement à manipuler la réalité et les rêves pour impressionner le lecteur de ton soi disant roman.

—Ainsi ai-je dit, ainsi soit-il murmura la reine et durant un faible instant j’eus la désagréable sensation d’être redevenu un petit garçon grondé par sa maman. D’ailleurs l’apparence de la reine l’espace d’un centième de seconde n’avait-elle pas changé ? Son visage, ses yeux gris-bleu reconnaissables entre tous n’était-il pas celui de ma mère terrestre ?

Puis la reine fit un nouveau signe à son conseiller.

L’air de pipeau reprit et s’enfonça plus profondément dans mes oreilles jusqu’à atteindre ma cervelle puis à s’enfoncer dans mes poumons , rejoindre mon cœur et mes viscères. Peu à peu la souffrance la tristesse la mélancolie s’installèrent progressivement en moi, des milliers de souvenirs s’ouvraient comme autant de fleurs à la corolle sombre dans un jardin obscur et effroyable.

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