Rien à dire rien à faire

Cuba 2006 Patrick Blanchon

Rien à dire rien à faire de toutes les images entr’aperçues de la ville elles ne me sont pas utiles, elles sont inutilisables pour le moment. Elles pénètrent la rétine s’enfoncent inversées quelque part c’est où c’est quoi quelque part est-ce utile important de le savoir je n’en sais rien pour le moment elles sont là inépuisables ces images images d’objets de bâtiments de végétation et toutes ces images ces bruits ces odeurs provenant de tout ça entre autres êtres humains animaux oiseaux insectes est-ce que ça sert à quelque chose d’essayer de les nommer de les identifier de vouloir se les accaparer s’en défendre pourquoi faire dans quel but et si elles vont quelque part un quelque part difficile à savoir qu’est ce qu’on en sait qu’est ce qui est vu vraiment sur quoi le regard s’arrête t’il qu’est ce qu’on appelle utile intéressant inutile chiant qui procure un intérêt comme un placement financier et comment on peux faire quelque chose d’utile avec ce qu’ on voit vraiment ou inversement qui ne procurera rien qu’une sensation de vide de perte d’écoulement du temps pour rien du tout qu’un glissement vers le rien le néant la mort ce que l’on voit écoute se raconte à partir de ça et ce qu’on ne voit pas, ne veut pas voir, sentir parce que ça ne me rapporte pas pas suffisamment ça ne rapporte rien parce qu’il n’existe pas plus de gratuité du regard que de gratuité de geste du dire du faire il faut qu’il y ait une raison voilà la raison quelqu’un peut penser comme ça de façon pragmatique tout le monde ne peut pas le penser tout à fait ainsi beaucoup hésitent mais avec des variations des nuances une inconscience une conscience partielle la multitude l’abondance l’opulence sont des préoccupations de riches des fantasmes de pauvre mais est-ce qu’un pauvre voit les choses de la même manière un pauvre à l’œil rivé sur la fin du mois la fin des haricots la fin des fins sur toutes les choses qu’il ne peut justement pas encore faire ou ne plus faire déjà ne fera jamais et la honte aussi de dire je ne peux pas me permettre il faut attendre voir venir on ne sent pas que tout ça s’arrange doit encore y avoir un couac à la banque un pauvre voit il moins ce qui se passe autour de lui ou le voit-il trop c’est une question qui mérite réflexion c’est toujours un soucis source de malheur de douleur de jalousie d’envie, de souffrance sauf un pauvre qui ne sait pas qu’il est pauvre qui ne fait ni voit ni ne dit jamais autre chose que ce qui lui passe par la tête, qui n’établit pas de cloison entre les choses, entre les êtres humains animaux oiseaux insectes un pauvre qui n’en à rien à faire de tout ce qu’il faut faire et dire pour paraitre ceci ou cela un pauvre parce qu’il est libre tout simplement de voir ce qui lui chante d’en faire une musique si ça lui chante, de n’en rien faire autrement que de laisser être ce que ça est sans le déranger le blesser l’enfermer choisir la pauvreté par respect de tout ça pour sûr ce n’est pas rien rien à dire rien à faire et que peut-on si les piétons s’en fichent s’ils n’y comprennent rien c’est qu’ils ne le veulent pas c’est surtout ça moi d’abord après moi le déluge le règne de la quantité comme le disait René.

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