Se réveiller trop tôt

Lorsque le désœuvrement bascule, s’approche d’une jouissance, d’ailleurs assez proche de la jouissance de la solitude, le corps est le garant d’un équilibre à retrouver. Se réveiller trop tôt, vers les trois heures du matin, pour jouir de ce désœuvrement est un signe avant coureur du déséquilibre qui s’est installé. Ruser avec la jouissance demande encore un nouvel abandon. Traîner une heure, deux, puis retourner à reculons, l’air de rien, vers le lit. Se dire qu’au point où on est parvenu, dormir ou pas n’a pas d’importance, être animal. On peut même pour se rassurer de la surprise, écouter un podcast avec seulement un écouteur dans l’oreille qui ne s’appuie pas sur l’oreiller. Qu’on ôtera d’un geste automatique dans le nouveau sommeil une fois proche du lieu qui nous emportera vers l’ailleurs.Alors le travail véritable commence, celui des rêves. Que de tableaux, que de textes admirables de sobriété, de mystère, tous basés sur le réel cette fois. Rêver du réel voilà un rêve digne de ce nom. Et les œuvres réalisées durant cette période, mettons entre cinq et neuf heures du matin, suffiront si on s’entraîne à s’en souvenir, pour reprendre confiance les jours de doute ou d’empêchement.

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