Extreme proche

Techniques mixtes sur toile 80x80cm Patrick Blanchon 2019.

Se souvenir le plus souvent que nos émois sont proches de réactions chimiques, une affaire d’ingrédients et de dosages devenus familiers avec le temps. Mais, que cette familiarité dont on veut les recouvrir ne nous appartient pas, qu’elle n’est qu’une facilité en symbiose avec « l’air du temps ». Parfois, je m’en souviens. D’autres fois non. Et, c’est sans doute grâce à cette amnésie que l’on s’autorise aussi à dire, je vis, j’ai vécu, en espérant s’arrêter juste à temps pour ne pas emprunter une tournure au futur ou pire encore au conditionnel. Ce « je » une cristallisation éphémère finalement. Entre scorie et vif-argent. Ce qui reste et perdure se lit parfois aussi dans les corps. Ou dans un pétillement du regard, dans le timbre clair ou éraillé d’une voix. Ainsi donc, malgré tout, malgré le temps, certaines choses sembleraient durables. Du moins, les souhaiterait-on, ainsi, pour durer soi-même. N’est-ce pas cela, cette quête de l’extrême proche ? Qui n’a rien à voir avec la familiarité. Au contraire, dès que cette sensation surgi, ouvre grand ses ailes pour accueillir, dans un sourire, toute l’ignorance du monde.

Il faut vraiment s’agenouiller et même se coucher à plat ventre, se retrouver à hauteur d’herbe. Ce que l’on y voit, des toiles abstraites bien sûr, mais également une abstraction de soi.

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