voilà, te voilà, maintenant.

Voilà te voilà maintenant à Paris en ce mois de novembre, un homme se tient là immobile à contempler les fenêtres éclairées au haut d’une facade. C’est la nuit le dernier métro file vers son hangar dans une lumière d’ambre. Et toi tu vois cet homme à la mine maussade. Tu lui dirais bien quelque chose mais non tu entres dans ce bar ici juste à l’angle et tu t’assois pour mieux encore le voir, éclairé de temps à autre par les phares jaunes automobiles. Pauvre amoureux déçu, encore un incompris. Et en avalant ton bourbon tu ris.

Voilà te voilà maintenant à Naples. Un homme descend du train, il arrive de Paris son sac sur l’épaule, il cherche son chemin vers la sortie. Juste derrière lui la mort est une belle femme ondulante et froide aux ongles rouges qu’ elle enchaple en soufflant sur ses doigts des haleines de forge, d’enfer. La lumière pénètre à flot avale l’homme et sa fileuse, dans le brouhaha de la ville les vespas passent filent et hurlent, filles aux jambes nues assises à califourchon sur le cuir et le Skaï à l’arrière, impérieuse envie, soudaine, d’un fort café amer.

Voilà te voilà aujourd’hui à Prague, pont Charles, nuit de la saint sylvestre. Un homme boit jusqu’à la lie sa coupe de champagne, puis la pose sur le petit muret. Il regarde la foule regroupée ici et là entre staré mesto et Mala Strana en dessous coule toujours cette eau noire où se reflète la lueur froide de la lune. Un homme a posé son verre, il ressemble à Franz Kafka.

Voilà te voilà encore dans cette nuit si froide de novembre où tu marches le long des quais, des graachts d’Amsterdam. Plus aucune lueur aux façades, une étrange ville qui le jour ressemble à un jouet, toutes ces maisons de poupées. Un homme marche derrière toi et parvenu à ta hauteur il te demande du feu. Dans la lueur du briquet que tu lui tends et qu’il bat tu te dis merde mais c’est Vincent et son oreille coupée.

Voilà te voilà encore entre gouffres et sommets pas très loin du lac, tu marches encore la nuit c’est presque déjà le matin, un lundi matin à Lausanne. Tu vois la silhouette de cet homme qui entre sous un porche, une fenêtre est allumée au Rez de chaussée de cet immeuble, tu t’approches. Des gens sont là assis en tailleur, l’inconnu que tu a aperçu les rejoint et s’assoit face à l’un des murs. Une femme âgée tient une sorte de gong dans les mains dont tu entends soudain le,son en même temps,que sonne l’heure au clocher voisin.

Voilà te voilà désormais sur une route bordée de collines douces, tu marches et sur les côtés les silhouettes de grands arbres se tiennent silencieux. Puis le vent se lève et joue avec leurs lanières tu reconnais l’odeur des eucalyptus. La lune bondit à travers les nues et tu vois la bas une silhouette sur une crête. C’est cette femme qui vient de dépasser la trentaine et qui n’a pas d’enfant. Chaque nuit elle vient là sur la colline pour attendre cet étranger qui lui avait promis tant de promesses. Elle hurle et le maudit puis ses gémissement s’ atténuent dans les claquements des lanières qui soudain s’amplifient.

Voilà te voilà encore dans cette ville où il faut monter et descendre, que l’on apprend à arpenter a pas mesurés Le pont d’ Eiffel au dessus du Douro une immense masse d’ombre, rien ne bouge, et puis tu aperçois un homme assit sur le quai qui écrit à la lueur chiche d’un réverbère. Tu aimerais bien savoir ce qu’il écrit sur son carnet mais tu t’empêches de l’aborder. Tu restes ainsi jusqu’au matin a l’observer jusqu’à ce que les premiers rayons de la lumière dévorent tous les rêves que tu as pu t’inventer durant la nuit. Puis soudain tu lèves les yeux au ciel, la lune et le soleil. Événement rare, présage d’une étrange journée.

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