Carnet 23

Proposition du jour : définir lieu et temps en amont puis compter. Ici ce n’est pas une accumulation, mais plutôt une opération.

Évidemment operation chirurgicale.

Et, finalement, des diverses pistes proposées par FB se méfier de leur profusion. Effectuer presque inconsciemment au début l’opération de compter non pour accumuler, mais pour se rendre directement à un bilan. Soit la référence à la poétique comptable de Jacques Roubaud (en cours d’étude sur un projet personnel, donc écartée). La peinture d’Opalka, écartée d’emblée, car déjà connue. Les nombres associés à l’œuvre de Francois Rabelais. (On se souviendra du nombre 6). Celui-ci récurrent notamment dans la construction, la pensée architecturale, puis la diction du texte si l’on veut bien prendre ce temps de le lire à voix haute. Description de l’Abbaye de Theleme. reliance au nombre d’or, aux pythagoriciens. Et, enfin, une lecture à voix haute en japonais de l’artiste performer Shigeru Matsui ( voir video) se demander ce qui se produit justement entre accumuler et réaliser une opération

Le simple fait de recompter, l’espace et le temps de quelques minutes dans la nuit, les informations compréhensibles dans cet énoncé. Ne sont-ce pas déjà les prémices de l’operation à effectuer. Une operation vraiment que l’on peut enfin réaliser dans sa réalité opérationnelle. C’est-à-dire : établir une différence entre amasser, accumuler et saisir un tout petit peu malgré la force d’inertie (et en amont) la nature du piège facile dans lequel ne pas tomber.

Différence que l’on considérerait d’une importance négligeable, une importance de poète, pour certains, à savoir peanuts. Et, pourtant. C’est le chemin parcouru entre un point A et un point B. Depuis les toutes premières images de l’oncle Picsou. Ce vieux grigou. Nageant dans son immense tas d’or, aperçu, dévoré des yeux. Tenter de saisir l’utilité d’une telle fortune amassée uniquement pour soi. Surtout pour la tenir éloignée de tout usage sauf de la posséder et s’y vautrer. Découverte de cette maladie étrange, l’avarice. Et, le point B, la lecture de cet énoncé au sein de cet étrange atelier d’écriture. Que s’est-il passé que l’on puisse compter en tant qu’éléments du réel entre ces deux bornes, la réalité de toute une vie passée ou presque.

Une relation à l’argent bien sûr. Mais, l’argent n’est que symbolique. Sans doute une prise de conscience. D’un passage. Entre ce qu’il faut considérer désormais comme un ´réflexe primaire, nouveau point de départ. Accumuler, conserver jalousement. Puis, même point B : developper une poétique du partage. Que ce soit dans la vie au quotidien, dans les gestes quotidiens que par la découverte des livres. De ce que peuvent susciter les livres. Pas que les recueils de poèmes, pas que la poésie. N’importe quel livre si l’on y pense. L’ouverture d’un livre est déjà une operation effectuée dans ce domaine, ce système personnel.

posséder des livres est une chose. Mais, les ouvrir en est une autre fort différente de la première. Se souvenir, par exemple, de ce livre de France Loisir que le facteur déposait selon un rythme hebdomadaire dans la boite à lettre familiale. Ne pas trouver son compte dans cet événement qui au début parait extraordinaire puis sans l’étayage d’une attention collective s’achève en banalité. Finalité de cette translation, la matérialisation d’une gigantesque bibliothèque (fournie, elle aussi, par France Loisir). Meuble décoratif plus que fonctionnel, car personne ici ne prend le temps d’ouvrir les livres. Le temps pourrait facilement se compter dans une succession de collections de jaquettes. celles-ci calquées sur le gout du jour. Créés par des techniciens du marketing connaissant leur cible. La science d’imposer opinions et gouts pour fabriquer du profit et des meubles qui ne servent à rien. L’aspect faussement couteux de leurs dorures débitées la chaine. La taille des fontes et des graisses pour en enrichir le poids. La relation entre le poids et le prix effrayant s’il n’y avait l’abonnement. Et, étrangement, le père, le souvenir du père passant vers la fin de sa vie des journées entières au lit à dévorer des livres. Mais pas ceux acquis chez France Loisir, non, des romans policiers écrits par des auteurs du monde entier traduits en français. Et, cependant, une accumulation encore, favorisée par les plateformes de vente de livres d’occasion. Et, le classeur Excel, l’icône unique sur le bureau en haut à gauche avec son titre qui lorsqu’on l’ouvre affiche des listes d’auteurs par ordre alphabétique. Les titres de leurs œuvres. Puis, dans la colonne suivante, une croix verte ou rouge indiquant la possession ou la quête. Et, de nouveau, le facteur, mais cette fois surgissant à un rythme endiablé, quotidien, parfois même deux fois dans la journée, miracle ou malédiction de la chrono poste. Ce qui à terme fabrique un Everest de livres à déménager de la maison que l’on vide. Des centaines de cartons. Sans doute un lien avec les personnages de Rabelais. Mais, fort éloigné de la lucidité inouïe que l’on découvre sous l’apparente gaudriole. Le grotesque si vite détecté, masquant déjà tout le tragique ou le comique de l’ignorance humaine.

Une operation magique ( pourquoi pas chamanique) Ce serait prendre quelque chose du réel personnel pour le transformer en un réel partagé le partager réellement, le rendre accessible à tous.

12h. un, deux, trois. même format. même technique. même couleur. même geste. même état d’esprit. et Trois résultats différents.

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