Les choses

nature morte au fusain, travail d’élève.

Tu dis les choses car elles sont désormais innommables. Ce n’est pas par paresse c’est plus une forme d’abdication. Autrefois tu voulais que chaque chose soit à sa place pour ensuite pouvoir créer du désordre. Par jeu ou par ennui. Autrefois tu croyais et tu ne croyais pas au nom des choses. Toujours le doute qu’elles soient seulement le nom qu’on leur attribue. Tu avais aussi peur que tu désirais qu’elles fussent autres choses. Un pied dans le groupe un autre dans le mystère, position intenable. Inventer une langue pour désigner les choses ne vaudrait rien s’il n’y avait que toi qui parvienne à la déchiffrer. Mais dans ce cas pourquoi encore s’en soucier ? Et la solution serait-elle alors de t’écarter vraiment, de laisser la langue aller son propre chemin, ou alors de rejoindre la fosse commune. Dans les deux cas, l’anonymat serait un facteur commun.

Et peut-être qu’alors la chose sera vraiment ce qu’elle est. Ce qu’elle a toujours été, ce qu’elle continuera d’être

après toi.

l’invincible puissance du nom des choses contre quoi nul ne peut lutter impunément.

Mais le sachant cela peut-il y changer quelque chose ?

Si tu dis pot, table ou bouteille ne se passe t’il pas quelque chose de nouveau désormais ? Et observe comment cette étrangeté d’autrefois se sera transformée dans l’intime d’aujourd’hui.

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