Le double voyage 02 ( notes et semis)

c’est dans la préface des Jardins Statuaires de Jacques Abeille que ton attention s’éveille au distinguo qu’effectue Bernard Noël entre fiction et roman. ( tu le fais exprès tous ces eille ou el ? ) Il écrit : « La fiction attend que poussent et se développent les images ; le roman les prélève, les façonne, les agence selon ses intérêts. Entre l’une et l’autre, il y a une inversion de l’origine, la fiction tirant son flux d’une vision intérieure qui s’écrit à mesure ; le roman réfléchissant la part du monde qui convient à ses ambitions. Pour aller vite, disons que la fiction « exprime » l’intérieur au sens très littéral d’extraire par pression. « C’est du fond ténébreux que s’élève le désir de fiction : il prend et fait venir au jour ce qu’il trouve sous la langue et il profite de cette ascension pour se métamorphoser en récit. Le roman, lui, a partie liée avec un ordre constitué, qu’il imite. »

Extrait de 

Les jardins statuaires T1

Jacques Abeille

Il y a dans cette phrase comme un écho à cet exercice que propose François Bon et qui consiste à écrire double d’une part une réalité du voyage et de l’autre son *invention* . Partant de mes propres réflexions quant au fait que réalité et fiction sont indissociables, selon mon point de vue (et à moins qu’on ne parvienne à me prouver le contraire) je trouve soudain une piste quant aux formes que peut emprunter une même chose, appelons ça un récit, mais cela pourrait tout aussi bien être des embryons de statues, que l’on repiquera avec soin et en lieu et place afin qu’elles s’épanouissent.

Un peu plus loin Noël parle de la ressemblance, lieu commun du roman et de la fiction : « Elle est le lieu fugitif dans lequel le lecteur identifie un objet ou une situation puis l’intériorise quitte à s’appuyer ensuite sur la solidité de cette référence pour fausser compagnie à la normalité. Le flux verbal et le flux du regard s’articulent à l’instant où l’un fait jaillir de la bouche – ou de la main qui écrit – tandis que l’autre fait pénétrer dans les yeux. Cette articulation est l’insaisissable point de convergence où s’élabore instantanément la ressemblance. Le visuel et le verbal tissent là un lien assez subtil pour que les mots procurent l’impression d’une visualité mentale. »

Du coup tu décides de tenter une nouvelle approche de l’exercice à faire. Tu as une semaine, ne te presse pas, plante des graines de statues, ou des graines de mélodies, des ébauches. Quand arrivera le terme 5 ou 5 jours après tu te pencheras sur tes semis pour choisir ceux qui nécessitent l’isolement, l’espace, un arrosage méticuleux.

Et puis tu pourrais pendant cette attente aussi lire Perec et Collobert, ne pas rester scotché à Abeille, même si des trois auteurs proposés, une affinité évidente avec celui-ci existe déjà depuis un bon petit moment . Mais bien sûr tu ne laisses pas Kafka de côté, il faut regarder tout cela d’un seul regard, dans son ensemble rester attentif.

Donc le thème c’est l’arrivée dans un lieu, hameau, village, bourg, ville …

prends ton temps revisite. Mais donne toi la contrainte d’un petit embryon chaque jour, à partir de lundi. Un côté gauche, un côté droit.

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