Le moment du départ

La fameuse boulette du bousier, qu’il pousse avec obstination, constituée d’excréments paraît-il. Cette idée de rester conscient jusqu’à l’ultime moment de la vie, de se voir mourir. A chaque fois que tu pousses cette idée vers son extrême, tu découvres un nombre de failles logiques qui te mettent en rogne. Les occasions de perdre la tête aux abords de la mort pour un être normalement constitué ne sont elles pas nombreuses voire majoritaires sur celles de rester lucide… Il n’y a qu’à regarder autour de toi. A un moment les gens se perdent puis ils finissent par disparaître. Cette ténacité à vouloir rester lucide contre vents, marées et autres possibilités d’amnésie est probablement la même qui te place à la table pour écrire. Mais quand sait-on vraiment que l’on a perdu la boule ? On peut tout à fait s’imaginer lucide comme dans un rêve et s’être perdu de vue depuis déjà des décennies … Et aussi n’est- t’il pas erroné de penser qu’à l’heure fatidique une force inconnue nous ramène soudain à nous-mêmes comme pour avoir le temps de dire adieu au monde ou à soi-même? Et peut-être qu’écrire est une tentative renouvelée chaque jour de vivre ce moment là précisément, ce fameux moment.

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