Henri Miller

« L’homme que j’étais je ne le suis plus » des années que cette phrase me poursuit comme s’il fallait atteindre à cette sensation au moins une fois dans une vie pour pouvoir s’en aller tranquillement. Évidemment tu omets le tout début, Miller déclare : Nous sommes morts. Et c’est ensuite, après avoir évoqué l’absence du moindre grain de poussière sur le sol qu’il déclare être un autre homme. En tous cas ce livre, Tropique du Cancer m’a autant fait de bien que de mal après mûre réflexion. De mal parce que je confondais encore narrateur et auteur. Tout ce qui était écrit dans ce bouquin était parole d’évangile. Le doute naquit des années plus tard comme il se doit. Mais puis-je vraiment dire que le mal était fait … non je crois que c’est un passage obligé pour qui veut écrire de tomber sur cette dissociation un jour ou l’autre. Peut-être même qu’une fois ce mauvais moment passé, on est sans doute encore le même homme, mais sûrement pas le même scribouillard. J’ai souvent commencé des textes en empruntant cette phrase de Miller, c’était comme une sorte d’incantation à déplier pour que l’évènement se produise, mais une certaine lucidité fut toujours aux aguets pour me prémunir de sombrer dans la folie. Peut-être que cette lucidité n’est au bout du compte pas une amie. Mais Miller après l’avoir adoré puis conspué quand je découvris le pot aux roses, oui je peux définitivement dire que c’est un ami. Est-t’il recommandable en revanche, c’est une autre histoire.

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