S’émerveiller

S’émerveiller de la peinture de Sarah mon élève de 11 ans 

Dans notre prison matérielle ici-bas nous possédons une clef magique qui pourrait ouvrir de nombreuses portes et que nous enfouissons trop souvent dans la routine quotidienne. Cette clef c’est la capacité d’émerveillement.

A fréquenter les enfants des  ateliers d’arts plastiques et de peinture cette capacité à  m’émerveiller de leurs œuvres m’est devenue peu à peu comme une respiration nécessaire. Que serais je seul dans mon atelier tournant en rond autour de mes rectangles et carrés si je n’avais en provision d’âme et de cœur ces courts instants hebdomadaires ?

Quelle chance de percevoir l’esprit libre, spontané, frondeur et candide de ces gamins qui me bouleverse tant !

et me laisse suspendu entre rire et larme 

Je songeais à cela en rentrant hier soir. ces quelques braises d’émerveillement encore chaudes me réconfortant du froid de novembre.

 Le tronçon de la nationale 7 que j’emprunte   traverse de lugubres villages dortoirs. et même encore tôt dans la soirée, ici,  plus que de  rares fenêtres encore allumées. Vous verrez encore  la carotte rougeâtre d’un bar tabac, un ou deux panneaux lumineux vantant une promotion sur le bricolage et c’est à peu près tout.

Je cheminais comme ça tout à cette pensée sur le merveilleux et me rappelais  comment j’adorais enfant les contes, les légendes et combien j’en dévorais le soir sous ma couette. Merveilleux et effroi  souvent mêlés car c’est par magie que je  pouvais m’extraire du pire et le pire alors m’était familier.

D’une sensibilité extrême alliée à une timidité maladive ma relation au monde en général et à mes proches en particulier se transformait assez souvent en calvaire et je n’avais guère d’autre issue que d’inventer un monde parallèle bien plus beau que celui qui m’entourait si horrifiquement  vrai.

En fait ce monde que j’envisageais  dangereux ne l’était guère que dans mes pensées, mon interprétation enfantine j’avais  besoin de ce pire comme d’un père  pour m’aider à construire mon merveilleux.

Tout à coup me revient en mémoire une des réponses concernant l’existence de Dieu que fit Maître Eckhart  à ses pairs dubitatifs concernant sa légitimité sacerdotale.

« J’étais avec Dieu dès son origine … » Ce qui revient à penser qu’il était bel et bien là avant la séparation de la lumière d’avec les ténèbres et qu’il poussa lui aussi un Wouah d’émerveillement balayant  toute thèse possible sur le narcissisme divin. Quand on lit que Dieu dit c’est vachement bien ce que j’ai fait là comprenez « Wouah » ça vous fera traverser une bonne épaisseur de mauvaises traductions.

Je me dis aujourd’hui qu’enfant j’exagérais ce que je considérais terrible. Le doute alors me fait vaciller de chagrin : peut-être ai je mal compris les terribles trempes que je recevais , les coups de poings, les coups de pied, les heures passées enfermé dans la cave, les brimades et l’humiliation, les « tu as le diable dans la peau » et les « tu n’es qu’un bon à rien « .

Dans le fond en fait non je n’ai rien exagéré de ce que j’ai vécu. S’il est possible que j’ai eu à visiter des enfers c’est bien au fond de ceux-ci que j’ai trouvé la lumière et cette obligation de m’émerveiller d’un rien. C’était mes cartes, ma boussole n’était pas tant  la colère que  la volonté, la nécessité  de comprendre.

Je ne suis qu’un grain de grenade parmi tant d’autres au fond de cette pomme mal traduite que le pauvre Adam croqua.

Sans doute mon travail de peintre aura-t’il été porté par cette volonté de comprendre, de « prendre avec » en considérant le chaos que je voyais s’étendre sur la toile comme une équation à résoudre. Si mon existence  et le monde ne faisait qu’un il me manquait alors un inconnu.

Jusqu’à ce que je découvre le pardon non pas pour pardonner vulgairement, mais pour donner cette part que je ne parviens pas à résoudre à l’Esprit afin qu’il m’en débarrasse qu’elle ne m’envahisse plus ni ne me terrasse.

Alors une autre sorte d’émerveillement, comme raffiné par  le renoncement, l’abandon, le dépouillement  est arrivé. Et comme des amis oubliés:  le vent, la pluie le chaud et le froid le lourd et le léger ont resurgi neufs et familiers tout en même temps. ( « Wouah! »)

Il y a un je ne sais quoi de testamentaire en ce moment dans mes écrits et je m’en rend compte au fur et à mesure que les mots et les pensées s’emboîtent les uns les autres. Chaque automne l’idée de la mort me revient de plein fouet comme un coup de martinet et me rappelle ma finitude à venir. Peut-être aussi la mort n’est t’elle qu’un passage, une transformation, et que nous la vivons sans nous en rendre bien compte tout au long des divers changements de notre vie.

Ma peinture s’en ressent qui voudrait que je m’écarte de l’anecdote, du fleuve et de tous ses affluents et confluents pour rejoindre l’immensité de l’océan. Comme un gamin qui joue  dans la gadoue et découvre dans l’écume  et les baves de la boue des lueurs intersidérales; je peins comme j’imagine que l’on meurt dans un dernier souffle, l’expiration d’un air trop longtemps contenu dans des poumons physiques comme spirituels et qui n’en finit pas de s’échapper.

Et puis ce qui est merveilleux, c’est que le lendemain jusqu’à nouvel ordre tout recommence à nouveau, une ou deux pirouettes, une grande roue, un salto et on poursuit son chemin.

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De la décoration

Si l’on demande à un anglais suffisamment âgé ce qu’est  un gentleman, il dira sans doute que c’est un homme qui sait jouer de la cornemuse mais qui ne le montre pas.

Si l’on demande à un peintre ce qu’est un « bon tableau » de nos jours un silence un peu gênant sera bon indice du gentil homme qui sommeille en lui.

Car bon nombre d’entre nous peuvent se retrouver perdus entre les Pays-Bas, l’Italie,le japon, la chine et les USA tant il y a eut d’exemples de bons peintres et de  bons tableaux qu’une confusion immédiate s’installe. 

Qu’est ce donc qu’un bon tableau ?

Certains parleront du sujet, de l’absence de sujet, de la couleur ou des couleurs  d’autres de la facture, d’autres encore du prix qu’ils l’ont payé et bien sur il y a ceux qui ont trouvé le tableau à leur gout car il collait bien avec leur intérieur, je ne parle pas de Psyché bien sur. 

L’oeuvre d’art en peinture est devenu un produit de consommation tout d’abord pour les critiques de tout poil qui se doivent d’avoir une opinion sur tout mais qui souvent n’y pigent rien, pour les journalistes aussi qui doivent noircir du papier, pour les éditeurs, pour les marchands de cartes postales, pour les fabricants de catalogues pas toujours raisonnés  et son emploi pour le reste du grand nombre de consommateurs que nous sommes  permet en outre  de combler un vide mural à défaut de nourrir l’âme.

Cette récupération par le grand ogre capitaliste de toute parcelle de lumière,  de désir et d’esprit pour en fabriquer une plus value rapide et exponentielle si possible serait digne d’un excellent ouvrage de science fiction qu’aurait pu rédiger en marge de ses carnets  de travail Léonard de Vinci s’il avait eut le temps de se pencher sur le sujet et sur l’avenir.

On la devine un peu chez Bosch déjà cette monstruosité latente dans laquelle nous voici bien installés pour ne pas dire vautrés .. enfin je parle de nous qui avons juste les moyens de remplir nos  caddies bien sur. Quand on n’a pas le temps de se rendre au Musée on va au supermarché et l’on achète on entasse, on provisionne le placard, on aligne on empile dans le frigo  et l’on coche la liste des courses pour être bien sur de n’avoir rien oublié.

Donc on décore  comme d’autres se saoule de bière bon marché pour ne plus penser.

Obtenir une décoration est donc un enjeu majeur dans cette nouvelle guerre que propose l’ennui du monde.

En attendant si bon nombre de tableaux vont dans le décor il y a des virages qu’il ne faut pas rater car des peintres qui peignent vraiment il y en a encore bien sur. Je ne veux pas dire que ceux qui produisent pour la déco ne peignent pas bien non , ce n’est pas cela… c’est l’intention du marché qui a changé, comme on n’aime plus guère philosopher ou penser qui ne sont que perte de temps on se dépêche de classer les artistes comme on classe les produits sur les rayonnages, celui au ras du sol pas cher du tout mais qualité suspecte, un peu au dessus c’est moyen mais ça peut être goutteux, et bien sur à la hauteur de l’œil de la ménagère comme du financier avisé  l’artiste en vogue que la ménagère peut être achètera  ( une reproduction impeccable ) tandis que le financier aura déjà changé de rayon il sera à la crèmerie en train de faire le joli cœur  avec la crémière.

Si l’on demande à un galeriste quel peintre il a envie d’exposer et que vous le voyez en train de ranger sa cornemuse dans son placard alors foncez car par les temps qui courent un vrai gentleman ça ne se loupe pas.

Élargissons encore ce propos sur la décoration qui contamine un peu plus chaque jour notre monde, il se peut que bon nombre de valeurs deviennent aussi décoratives pour nos politiques dont l’intention primordiale est de rester en place. Décoration aussi les revendications combattues mollement par nos syndicats dont l’intention première est de survivre et ne pas trop perdre la face. Décoration la pensée qui neuve soi disant est portée au pinacle suffisamment pour intéresser les marchands de tee shirt et les chroniqueurs bobos de la télé.Décoration toujours la religion portée en bandoulière avec les kalachnikov ou les rosaires comme jadis on portait l’épée dans une main la bible dans l’autre… 

Quand tout glisse ainsi dans le décor la nausée et le tournis finissent par arriver… l’énergie vitale reprend du poil de la bête et on dégueule un bon coup. Alors on vire tout, on fait table rase et on repart à zéro loin du vacarme loin de l’incohérence. On découvre alors dans le silence un secret et l’on sent qu’il ne faut surtout pas l’ébruiter: la vie joue de la cornemuse et soudain sans qu’on ne la voit on peut l’écouter.

Une histoire banale

C’est l’écrivain Robert Graves qui la raconte dans son magnifique travail sur la mythologie grecque lorsqu’il évoque une des multiples visions cosmogoniques  des anciens. 

La déesse Eurynome dansait sur l’eau et s’ennuyait lorsqu’elle fit la rencontre du vent Borée qui pour l’occuper la féconda.

Amoureux le couple voulant encore profiter du bon temps confièrent le fruit de leurs ébats, un « oeuf »,au serpent Ophion qui n’avait pas grand chose d’autre à faire.

Or Ophion trés fier de son nouvel emploi clama un peu partout qu’il en était l’auteur, ce qui ne plut guère à la déesse qui dans un même temps récupéra son oeuf et décocha un coup de talon dans la machoire du reptile dépité.

D’après les notes de bas de page  de Robert Graves ce coup de pied et les dents perdues du pauvre Ophion seraient à l’origine des Iles Cyclades.

Cette histoire de confiance et d’usurpation d’identité est bien banale je vous avais averti.

Cependant il y a de l’or dans toute banalité, il faut la chauffer un peu pour s’en rendre compte.

Lorsque dans les années 60 naît le pop art impulsé en Angleterre par 
Richard Hamilton et d’Eduardo Paolozzi (milieu des années 50) , et parvient outre atlantique le grand public ne retiendra que le nom d’Andy Warhol.

Mais qui connait en Allemagne Gerhard Richter ? Hormis les initiés assez peu de personnes connaissent son travail sur la banalité des photos de famille qui est considéré comme le pendant du pop art Allemand

Cette banalité pour Richter lui servit de matière pour créer une série d’œuvres  en noir et blanc d’après des photographies mal cadrées mal exposées , bref des photos qu’on dirait ratées.

Ce que le commun nomme « banal » pour l’artiste était une mine d’or de réflexions sur un paradigme qui lui est cher : l’importance de l’aléa, du hasard dans l’élaboration de son oeuvre.

En prenant appui sur ces clichés en noir et blanc et les reproduisant à la perfection en peinture ,s’opère une disparition celle de Gerhard Richter lui même. Ainsi par la reproduction tout en même temps servile et magistrale d’un cliché le peintre parvient-il à s’émanciper de la toile complètement face à un  spectateur éprouvant alors le même malaise que  devant une photographie pourrie et surtout anonyme.

Et encore  je retiens particulièrement une citation de cet artiste :

« j’ai une santé moyenne, une taille moyenne (1,72 m), je suis moyennement beau. Si j’évoque ceci, c’est parce qu’il faut avoir ces qualités pour pouvoir peindre de bons tableaux. »

Pour un artiste qui est l’un des plus côté du monde, cela fait réfléchir et je me suis dit qu’il avait peut-être lu Robert Graves et l’histoire d’Eurynome et d’Ophion. On lui avait confié un oeuf mais il ne la ramenait pas.

Épurer

Apres les couleurs vives la naissance des gris et des lumières.

Comment retirer non pas le bon grain de l’ivraie, le bon du mauvais, le trop lourd du  trop léger, le trop vif du trop  terne mais le plus harmonieux de l’harmonieux. Comment trouver l’essence ?

C’est une question majeure pour moi et j’avoue me laisser déborder encore souvent par les couples dualistes que j’évoque plus haut.

S’il est vrai qu’il faille choisir, extraire, séparer, décider je me rend compte au fur et à mesure de mon chemin que je ne suis pas seul à le faire. Si la peinture était une prière adressée à l’univers quel serait le but de cette prière sinon de constater la perfection de celui ci et lui rendre hommage.

Ainsi tout au long de ces voyages, de ces traversées de rectangles et de carrés ai je bourlingué, essuyant à peu près toutes les météos externes et internes. 

Avec le temps j’ai l’impression de me dépouiller comme un oignon de ses multiples peaux.Un rêve de germe éclate lentement et atterri sur mes toiles et les vide elles aussi de toute contingence d’anecdote, d’un superflu qui hier encore m’apparaissait essentiel.

D’ailleurs dans chaque toile désormais c’est la réalisation de mon parcours d’homme que je retrouve:

le côté  » j’m’en fouriste » de ma jeunesse sans lequel aucune toile ne  peut commencer . Cette immense liberté que l’on sent sourdre en soi à 20 ans je la retrouve dans les gestes sans hésitation sans obstacle. Tout ne serait il pas possible au début ? Puis viennent les doutes, le diable mon ami et saint Antoine mon frère.

Bien sur que oui  tout est possible mais une histoire ne se suffit pas d’un bon début, il lui faut du corps du coeur et un peu de tête aussi. Je peine encore bien sur sur la tête, et parfois aussi sur le coeur certains jour de blues.

Dans ces moments maussades je suis bien un homme comme tous les autres, un homme au travail débarrassé de toutes mes impostures et j’en tire une joie profonde qui m’aide à passer les caps. Car c’est aussi dans le maussade, le vilain temps, peut-être surtout là que se jouent les choix, comme les désirs d’épure entre harmonieux et harmonie.

La source de la peinture

Dialogue sans parole
Détail en noir et blanc

Plus qu’une source, une soif. Rien ne s’écoule que l’envie de « Lui » donner parole par la couleur, la ligne,la forme. Il a fallu que ça disparaisse pour que ma peinture timidement d’abord commence à sourdre.

L’insatisfaction, le manque, l’excès, c’est « Son » mutisme qui me murmurait et si faible encore perdurait-il que je ne pouvais prendre ni crayon ni pinceau.

Il a fallu qu' »Il » disparaisse pour que j’éprouve encore la dernière  joie mortifère des nostalgies avant de sombrer une fois pour toutes dans l’acceptation, la résignation.

Je m’aperçois combien nécessaire aura été de renoncer pour justement m’y mettre.

Je ne peins pas dans la joie je peins pour « Lui » donner la parole, ce silence épais comme cri d’oiseau à l’aube.

Je ne peins pas par le chagrin de tous  ces rendez vous manqués de petites brunes rousses ou blondes qui ne sont jamais venues.

Je peins car si je ne le faisais pas « Il » serait muet aveugle et sourd. Bien trop présent, envahissant. 

Je peins pour le faire taire afin qu »Il » soit et rien de plus. 

Vagabonder

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Exposition Office du tourisme de Chazelles sur Lyon 42

En ces temps déplacés, dans lequel notre ennui crée le désordre en nous comme à l’extérieur de nous j’aimerais vous convier à enfiler vos godillots d’enfants rêveurs et à vagabonder car étrangement c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour parvenir à la quiétude, à l’immobile.

On s’attache trop à notre cocon d’habitudes, à nos routines, à notre point de vue et à nos mots, à nos réponses plus qu’à nos questions.

Juste un moment imaginons que nous ne sommes pas qui nous croyons être mais un autre bien plus grand que nous caché tout au fond du fond de nous.

Celui là sait tout ce qui s’est déjà passé et tout se qui va encore se passer Mieux, c’est lui qui nous procure la chance ou la malchance nécessaires à voyager notre vie pour le meilleur des mondes.

Avec le temps je me souviens que j’ai choisi de venir ici même si j’ai oublié pourquoi. Avec le temps que j’ai inventé pour retarder l’interaction de mes actes plus longtemps et croire que les conséquences de ces actes s’appelaient « destinée », » « fatalité » ou « providence ».Avec le temps j’ai oublié et puis soudain je me suis rappelé.

Avec le temps, grande trouvaille j’ai imaginé être seul réinventant la séparation et j’ai pleuré, avec le temps j’ai ri aussi et les années passant comme grains de poussière dans la lumière du matin un sourire m’a surpris, m’a foudroyé, m’a grandit.

Combien de fois pour m’égarer ai je dit « je n’ai pas le temps » combien d’obstacles ai je cru franchir et éviter ? Aucun n’était innocent, tous étaient neutres et m’attendaient pour que je les transforme en plomb ou or. Pour qu’ils me mettent du plomb dans la cervelle et de l’or dans l’intention. Je ne sais plus dans quel ordre tout cela s’est déroulé.

Aujourd’hui j’ai remis mes godillots d’enfant rêveur et j’ai marché dans les rues irréelles, je suis passé devant la boutique des livres que j’adorais mais n’en ai feuilleté aucun, je suis passé devant le cinéma et ne suis pas entré et j’ai donné ma dernière cigarette à quelqu’un qui me la demandait.

Car voyez vous , je marche et en marchant les choses autour de moi se calment étrangement, j’entendais jadis un vacarme effrayant qui désormais fait place à une mélodie enfantine.

C’est vrai j’ai vieilli, j’entends moins bien ce que je désirais plus jeune tant entendre.

J’entends le vent dans les branches qui frémissent, l’oiseau qui crie et le jasmin qui chuchote au chèvrefeuille des nouvelles d’Alpha Tauri.

Et plus je m’approche pour tenter de mieux entendre, plus la mélodie s’éloigne…je me recule elle s’amplifie  légèrement  et de plus en plus dés que je m’en vais plus loin.

Donc je vagabonde, proche de l’immobile, pour mieux conserver la distance requise.

Aujourd’hui j’ai pénétré dans le feu et il ne m’a pas brûlé, j’ai pénétré l’eau et j’ai pu respirer. J’ai vu Hermes passer tout en malice : marions les !

j’avais gardé mes godillots de gamin rêveur et j’ai dit ok.