Désordre

Lorsque sa fille demande à Grégory Bateson  » Papa c’est quoi l’ordre ? » Celui ci la regarde un instant attendri et tente de lui expliquer que chacun peut bien avoir le sien, cela ne change pas grand chose au fait qu’il y a plus de chances que les choses en général se mettent en désordre qu’en ordre.

Cela me rappelle les journées vastes et vides que j’adorais passer au jardin du Luxembourg à Paris. Je tirais un fauteuil de fer pour l’approcher du petit bassin central et là, soit bercé par les cris d’enfants soit par la musique des essieux de poucettes, soit encore par le son permanent du jet d’eau , soit par l’ensemble de tout ce que je n’ai pu citer, je m’assoupissais doucement mais fermement. Alors une musique générale apparaissait invisible durant la veille.

Sur l’eau du bassin, flottaient des résidus de bâtons de glace, des brindilles, des morceaux de papier de bonbon.. et j’admirais la façon de se rejoindre par groupes de plus ou moins semblables catégories tous ces déchets d’une jolie journée d’été.

Je devais chercher inconsciemment quelque chose qui pourrait être un « ordre des choses », mais plus modestement désormais au final, le mien.

C’est ma façon de sélectionner les éléments et de les ranger en catégories qui soudain semble les réaliser. J’ai toujours eut des intuitions de départ qui provoquaient des réalités à venir.

Ainsi je ne sais s’il faut parler ici de prescience , j’ai longtemps étudier le désordre, me laissant envahir, submerger par lui. Afin que ce désordre m’expose, me risque et m’oblige à l’assumer en quelque sorte et partant de là, au milieu de ce désordre, je me transformais en statue de sel ou en moine bouddhiste.. je ne sais plus vraiment.

C’est que vivre dans le désordre demande bien plus d’habileté que dans l’ordre. Il faut se méfier de tout, enjamber des piles de principes et des flots de « il faut » épuise tout autant qu’enjamber les objets hétéroclites de la pièce. Se prendre soudain pour un démiurge téléguidé par l’éducation et le savoir vivre et se mettre à ranger frénétiquement ne m’a jamais apporté que de la confusion, mais véritable alors celle-ci.

Pourtant crée un ordre n’est rien, on peut le faire avec une facilité déconcertante. Par exemple ces derniers mois j’ai décidé de ranger mon atelier. J’y reçois des élèves et pour ne pas paraître trop « cochon », j’ai rangé classé, nettoyé, ordre et propreté invitant apparemment à la confiance et à l’augmentation de la clientèle.

Crée une habitude prend 30 jours en moyenne. Mais cela demande de l’opiniâtreté comme de la régularité. Et celle ci acquise on ne peut plus s’en passer.

Cependant voilà il y a toujours plus de chances que les choses se mettent en désordre qu’en ordre .. comme la poussière ou la végétation les choses reprennent leur droit de s’amonceler de se désordonner aussitôt que nous avons tourné la tête…

Et si comme les physiciens modernes le disent à mi voix ce serait nous et nous seuls qui inventerions tout. « ordre et désordre » alors ne seraient que deux complices dont nous aurions besoin pour continuer à croire à une réalité.

Quand j’étais salaud

le bar tabac de la rue des martyrs Patrick blanchon 2007

purée comme j’étais bien

je volais les cons,

trichais comme un cochon

c’est con comme expression

rien de plus honnête qu’un cochon

comme bouffer comme un salaud

tout ça sans queue ni tête.

Et purée que c’était bien

bander comme un salaud

baiser comme un hamster

roulé boulé dans sa petite roue

au chaud

dans sa petite cage

son magot

je volais vraiment tu sais

ton cœur en chocolat et tes lèvres purpurines

m’ont refilé la nausée

alors j’ai dit non mais stop allo assez,

pour raison de santé vais tâter l’honnêteté

c’est con

j’aimais bien quand j’étais juste un salaud.

Rater

Comment rater ton visage Huile sur toile Patrick Blanchon 2019

Aujourd’hui je vais contourner une grande difficulté dans ma vie, celle de vouloir réussir quoi que ce soit.

Je vais m’installer devant ma toile et je vais fermer les yeux à chaque fois que je vais déposer une touche de peinture. Et ainsi de suite jusqu’à ce que tout le tableau soit recouvert de taches de peinture.

voilà j’ai terminé je peux ouvrir les yeux et j’ai devant moi un tableau qui n’est pas réussi, un tableau que je serais tenté de classer dans la catégorie des œuvres ratées.

Et maintenant je suis devant le contraire de ce que j’ai toujours estimé être la réussite.

Mais qu’est ce qui ferait que ce tableau puisse être réussi ?

Pourquoi est ce que j’imagine qu’il est raté ?

D’où me viennent cette idée de réussite et d’échec ? Et cela me ramène automatiquement à l’immense confusion de mon enfance évidemment.

Réussir sa vie pour mes parents c’était avoir un bon job, puis progresser dans la même boite pendant des années et ainsi gravir peu à peu les échelons. Ils avaient confiance dans cette idée de réussite professionnelle puisque leurs parents leur avait transmise et les parents de leurs parents .. globalement, l’idée de la réussite professionnelle n’avait pas changé depuis des générations.

Lorsqu’en 1974 mon père reçut sa lettre de licenciement il travaillait déjà depuis plus de 15 ans dans la même entreprise, il avait démarré comme simple représentant et s’était peu à peu hissé comme responsable des ventes, puis directeur commercial. Il avait travaillé dur pour y arriver , le travail payait .Pour se former il n’avait pas hésité à s’inscrire au Conservatoire des Arts et métiers où il passait ses soirées et souvent des weekend entiers.

En revanche sa vie de famille était pour lui comme pour nous un échec, nous le voyions rarement, souvent stressé, parfois colérique, et tout ce qu’il devait entreprendre dans la maison, il semblait s’y attaquer à contre cœur. On peut supposer qu’il avait à ce moment là une sensation coupable de délaisser ses études, de négliger un investissement qu’il estimait plus important que de changer une ampoule, réparer une prise défectueuse, ou simplement aller changer une carte grise pour l’achat d’un nouveau véhicule.

Il passa presque une année à ruminer après son licenciement, et ce fut vraiment une année terrible pour notre famille, il s’enfermait dans un mutisme qui pouvait durer parfois des semaines entières, ou alors il entrait dans des colères homériques. Ce n’était plus pour nous, les enfants un modèle de sécurité et de réussite comme celui qu’il avait voulu nous imposer avant la catastrophe de sa mise à pied.

Du coup tous les conseils antérieurs en relation avec la réussite semblèrent devenir lettre morte, mes résultats scolaires ainsi que ceux de mon frère qui n’étaient déjà pas fameux dégringolèrent de manière vertigineuse.

Nous aurions dit d’une certaine façon que nous l’accompagnions résolument dans la découverte et l’exploration de ce nouveau territoire que représentait désormais l’échec.

Evidemment nous eûmes droit à des insultes et des humiliations carabinées de la part de nos parents qui ne comprenaient pas pourquoi nous ajoutions encore à la difficulté paternelle par nos mauvais résultats.

Mon frère fut orienté vers une voie de garage quant à moi je terminais laborieusement ma dernière année de pensionnat et devais réintégrer l’école publique et laïque ce qui n’était pas pour me déplaire au final.

Je n’établirai pas ici la longue cohorte de tentatives et d’échecs qui s’amoncela par la suite dans tous les domaines de ma vie. Non pas que je veuille en rendre qui que ce soit responsable ce n’est pas du tout cela, bien au contraire, j’ai endossé la responsabilité d’échouer tout simplement puisque la réussite ne semblait pas être une valeur stable.

Evidemment, je n’en fus pas conscient tout de suite, à chaque échec mon estime de moi en pâtissait comme j’avais vu mon père en pâtir, face à lui , l’échec j’étais copie conforme, cependant que je persévérais à accumuler d’autres échecs et ratages, et comme mon esprit est analogique en grande partie, j’établis assez vite des ponts entre les domaines professionnels, sentimentaux, etc , en fait j’ai continuer à vouloir à tout prix réussir mais en suivant la voie de l’échec .. J’étais inconscient de ma compétence de raté.

Le jour ou j’ai enfin compris que je ne cherchais pas la réussite mais l’échec en toutes choses, ma vie se modifia, désormais je me suis bâti une philosophie de l’échec le tenant pour une chose évidente, habituelle, normal e, inéluctable. Il y a plus de chance qu’une tentative quelconque échoue qu’elle réussisse.

En réalisant cela , en changeant mon fusil d’épaule, je me suis mis à regarder ce que les autres nommaient leur réussite et combien celles ci dans mon esprit étaient fragiles. Je voyais un ami dans un super job et je n’étais pas envieux, je savais que tôt ou tard il risquerait de le perdre, j’en voyais un autre avec une femme magnifique à son bras, je ne l’enviais pas plus sachant que celle ci pouvait au mieux le tromper au pire divorcer, et peut-être même disparaître tout simplement. Toute réussite n’était qu’éphémère.

Alors que l’échec m’offrait une stabilité épatante quant à sa régularité.

La phase suivante advint lorsque je commençais à me rendre compte de ce fonctionnement, je n’étais plus inconscient de celui ci , et je l’exploitais.

Je travaillais comme photographe à l’époque, et les hasards des rencontres m’amenèrent à développer des photos pour certains artistes connus. C’est à ce moment là que je prenais les négatifs souvent en noir et blanc et que je les travaillais sous l’agrandisseur pour en sortir des jolies épreuves positives.

Négatif, positif.. Je rencontrais une artiste photographe qui me prit sous son aile et m’embaucha spécialement pour la partie laborantine.

Comme j’étais encore léger d’argent et quasiment sans logis, elle m’offrit de m’installer dans un magnifique atelier de Clignancourt. L’espace était vaste, lumineux, aux murs une collection de masques africains rares constitué par le maître des lieux, peintre célèbre qui prêtait l’atelier à ma bienfaitrice en échange de séance de poses, car elle était modèle également et plus encore son égérie.

C’est dans la cuisine de l’atelier que l’agrandisseur et les bacs se tenaient et j’aimais ce petit lieu clos rassurant contre l’immensité de l’espace attenant qui m’angoissait par sa propreté et son agencement qui ne m’appartenait en rien.

Le soir je me réfugiais dans une alcôve ou j’avais dressé un lit de fortune, je rédigeais mes impressions sur mes petits carnets habituels, cela aurait pu être considéré comme une manière de succès, presque de réussite inespérée.

J’étais plutôt habile dans l’exercice du laboratoire, j’avais étudié avec des maîtres incontestés suite à de longues heures solitaires et un travail acharné. J’avais été capable d’investir quantité de nuits blanches dans cet apprentissage du labo car je travaillais dans la journée.

Et bien les problèmes commencèrent assez rapidement entre ma patronne et moi sur la façon d’interpréter son travail.

Ce n »était pas tout à fait ceci , mais pas encore cela … je déchirais les épreuves et je refaisais.. et représentais encore à nouveau mais ce n’était toujours pas assez ceci et pas encore cela .. De temps en temps, avais je du bol, je sortais un tirage magnifique et j’avais droit à une ou deux louanges mais réflexion faite, cela aurait peut pu être ceci à moins que ce ne soit encore mieux comme ça.

Cette promiscuité de ressenti nous amena à avoir une liaison évidemment, il fallait que nous allions au plus profond de nos divergences ou de nos points communs.

Cette relation dura une dizaine d’année, nous alternâmes ruptures et retrouvailles et je lui appris les rudiments du laboratoire pour qu’elle puisse tirer partie de ses négatifs toute seule.. J’appris par la suite qu’elle cessa toute activité photographique pour se réfugier dans un ermitage en Provence.

La réussite donc c’est un peu aussi comme le bonheur, les gens en général recherchent intensément ces deux choses, ils focalisent toute leur attention la dessus mais sans jamais se demander vraiment ce que serait vraiment la réussite pour eux ou le bonheur véritable

Ils épousent des concepts, des oui dire, des poncifs … et heureusement que les catastrophes existent sinon ils en resteraient là en passant à coté de leur vraie vie.

La tolérance et la conviction

Il ne peut y avoir de tolérance sans conviction, du moins c’est ce que l’on pourrait imaginer puisqu’on fait preuve d’une pour découvrir l’autre peu à peu. Mais quand on part dans la vie sans aucune conviction quel curseur utiliser pour ajuster la tolérance ?

Alors je vous propose de modifier le mot conviction par intention et les choses s’éclaireront peut-être d’une lumière inédite.

Pour les chamanes la notion d’intention est majeure, comme les notions d’énergie. Peu de choses dans le monde chamanique se produisent sur le plan mental, mais sur un plan énergétique. Pour parvenir au plus haut degré de connaissance, ou de pouvoir, peu importe les mots que l’on pourrait coller sur le sommet, deux qualités sont nécessaires voire indispensables:

Accepter de souffrir pour comprendre la quantité de tolérance dont on peut faire preuve au travers d’une forme d’endurance à la bêtise, la sienne et celle des autres si l’on veut. Quand je dis bêtise il n’y a vraiment rien de péjoratif, je parle bien de notre nature animale.

La seconde chose est l’impeccabilité que j’appelle plus modestement la justesse. Cette justesse qui, si l’on apprend à repérer la fuite d’énergie en soi ou l’appétit qui commence à sucer la notre chez autrui, réagit de plus en plus rapidement et souplement à tout débordement, de façon à rester dans l’axe.

Nous ne savons pas grand chose des échanges gazeux et encore moins des échanges énergétiques qui s’opèrent entre les individus. J’ai connu des maîtresses fabuleuses qui une fois que nous nous fussions séparés m’avaient dérobé une très grande part d’énergie et je ne parle pas ici de rapports sexuels uniquement. c’est que l’idée de vampire n’est pas venue du fond des temps par hasard , nous passons notre temps à nous gorger de l’énergie des autres et eux de la notre.

Je ne me souviens plus mais je ne serais pas étonné que ce soit l’écrivain Paul Claudel qui refusait même de se masturber de peur de dilapider imprudemment sa précieuse énergie.. et ainsi de perdre son inspiration, sa créativité. A mon avis, il aura rater bien des moments de plaisir mais le postulat n’était pas mauvais en soi.

Les ermites aussi savent que s’éloigner de la masse les préserve de dépenses inutiles, mais sans risque alors comment tester la tolérance, comment construire une véritable conviction ? Et comment détruire celle ci une fois construite … ?

C’est que peut-être tous les chemins mènent à des « Rome » très personnelles, nous arrivons avec une petite idée en tête dans le monde de la confusion et c’est toute cette confusion, ce chaos, qu’il nous faudra traverser avec ce que j’appelle « intention »

Cette intention ne provient pas de notre réflexion, le mental n’est pas sa source, ni d’ailleurs le cœur. On pourrait peut être imaginer un intervalle entre deux fréquences, plus qu’une fréquence vraiment, un tout petit vide entre deux voilà ce serait cela l’intention capable à la fois de soulever des montagnes, de faire preuve peu à peu d’une tolérance infinie, et d’écarter ainsi un peu plus à chaque cran la moindre de nos convictions.

Découvrir qu’une intention existe au fond de soi est un jour de fête. Lui faire confiance et la suivre aveuglément nécessite de traverser bien des déserts cependant que parvenu à l’oasis, nous sommes capables de tout oublier ou presque, heureux enfin d’étancher notre soif tout simplement.

La confusion en peinture et dans le reste

Photos troubles Patrick blanchon

J’ai longtemps été confus dans tous les domaines de ma vie a croire parfois que je mettais un point d’honneur à ne pas être clair, si toutefois la clarté est le contraire véritable de la confusion.

Quelque chose en moi projetait comme la sèche, la pieuvre, le calamar,un nuage d’encre afin de me dissimuler certainement en cas de danger. Pour tromper l’adversaire, à l’extérieur ou à l’intérieur de moi. Et cet adversaire maintenant que j’y réfléchis pourrait être à la fois l’évidence comme la certitude et le sommeil que provoquent toujours chez moi ces deux mots.

Car « moi je » voulais aller plus loin, je voulais être le meilleur en quelque chose sans savoir vraiment bien quoi. Il le fallait cela m’était consubstantiel pensais-je. Du moins c’était là le mot d’ordre servant d’excuse à une certaine forme d’arrogance, de mépris envers le reste de l’humanité qui n’était pas sur la même fréquence: lanterne éteintes et lanterne allumées.

Dés les bancs de l’école je m’étais aperçu que seuls deux ou trois de mes camarades revêtaient une importance pour moi , seule forme de réalité tandis que la grande partie des autres, disparaissait dans un amas de contours incertains. Ceux que je ne choisissais pas de regarder n’avaient alors pas accès à l’existence.

Il y en allait ainsi de tout, du choix que j’opérais quand au degré d’importance que j’attribuais.

j’ai ainsi donné de l’importance à certains arbres particulièrement les cerisiers et j’ai un peu aimé les hêtres, les bouleaux, et les chênes. Éventuellement le sureau qui me donnait de quoi fumer. tout le reste de l’immense forêt m’est parfaitement inconnu. Et souvent je me suis juré qu’un jour j’achèterais un manuel pour combler mes lacunes, cependant ce serment n’a jamais été tenu.

Dans cette notion d’importance donnée aux choses, aux êtres, le moteur, la motivation qui me poussait était souvent la curiosité. alors que je n’étais en fait curieux que d’une seule chose : explorer une version de moi-même encore inédite et ce peu importe que ce fusse en amitié, en amour, la traversée du miroir m’était inconnue.

Pourtant je le savais, intellectuellement, je maîtrisais cette notion d’ego, de projection, de transfert, de rejet également, et voilà ce qui sans doute m’a retardé le plus longtemps. Cette impression, cette fabrication mentale s’appuyant à la fois sur l’instinct, l’analogie et le livre mais assez peu sur le corps, sur le ressenti ni sur le cœur.

D’ailleurs très longtemps j’ai pensé être dépourvu de cet organe. Ne me le disait on pas à longueur de temps, « tu n’as pas de cœur, mets y du cœur », je n’avais pas de cœur à avoir du cœur et voilà tout.

Moi c’était plutôt la tête en premier et assez rapidement les jambes que je prenais à mon cou quand on me crachait en pleine figure les vertus cardiaques

C’est que du fin fond de ma confusion je comprenais bien toutes les mailles, la toile entière parfois que tissait ce prétendu « cœur à l’ouvrage » et qui me paraissait m’empêtrer dans plus de confusion encore à chaque tentative de m’en échapper.

Il doit en être de tous les mots ainsi je le crains. Nous les utilisons comme des ombres s’emparant d’armes tranchantes, argentées et luisantes dans la nuit de notre ignorance. Nous croyons savoir ce que veut dire aimer, nous croyons savoir ce que veut dire haïr, nous nous formons des images mentales associées à ces mots et bornées par celles ci nous traçons des voies labyrinthiques que nous appelons alors , simplicité, évidence, clarté.

En peinture je n’ai jamais cessé de savoir ces bornes et j’ai souvent compris qu’il fallait commencer par la confusion comme dans la vie. Laisser aller sa pente naturelle à désordonner le monde ou la toile ce n’est pas quand même tout à fait semblable.

Les harmonies, les lumières équilibrées d’avec les ombres que je n’ai pu trouver en peinture, j’ai pu les recouvrir et reprendre par dessus de nouvelles toiles, cependant que les défaites, les guerres, les prétendues victoires obtenues au travers les ombres et les lumières de ma vie passée je les ai laissées disparaître à jamais dans la nuit de mon oubli.

« A jamais dans la nuit de mon oubli » vous voyez on y croirait !

Bien sur que non, rien n’est oublié vraiment elles me hantent souvent la nuit et même en pleine lumière désormais.