Nos proches.

Ils viennent de faire un exercice difficile, ce sont des saltimbanques, ils sont sortis du cirque.. se posent , c'est l'entracte
Ils viennent de faire un exercice difficile, ce sont des saltimbanques, ils sont sortis du cirque.. se posent , c’est « l‘Entracte » Huile sur toile 100×100 cm Patrick blanchon 2017

Ce qui m’a toujours frappé, d’abord enfant puis cela n’eut de cesse de se vérifier au fur et à mesure du temps, c’est combien nos proches sont parfois les personnes les plus lointaines et je crois que l’habitude, la proximité et sans doute la pudeur y sont pour beaucoup.

Nous mettons en place des repères que nous n’aimons pas voir dérangés. Ainsi il serait mal venu d’imaginer un père ou une mère infidèles, un frère qui ment comme un arracheur de dents, une épouse qui soudain délaisse la cuisine pour se lancer dans la peinture, ou l’aide humanitaire. J’en passe et des bien pires.

Nous aimons bien plus nos habitudes que nos proches finalement, et c’est pour cela qu’aussitôt qu’ils nous en privent, nous répudions parfois avec énergie et sans aménité non pas l’habitude, mais l’être sur lequel nous la posons.

C’est un manque de confort que de sentir une habitude trahie. Et il y a de quoi vaciller voire s’étaler de tout son long lorsqu’on se trouve confronté à cette discontinuité. On s’insurge, on se met en colère, on ne cesse de récapituler pour trouver des indices qu’on aurait oubliés de remarquer. Mais rien n’y fait, le mal est fait, l’habitude a déraillé et la confiance s’est envolée.

La confiance c’est bien ce mot qui revient toujours. « Je te fais ou non confiance », on ne parle pas d’amour cependant. L’amour est au delà semble t’il. On s’aperçoit alors avec stupéfaction qu’on aime encore quelque chose en l’autre. Mais alors la question est : aimons nous vraiment intrinsèquement l’être ou bien cet amour n’est il rien d’autre que la nostalgie que nous éprouvons d’une habitude disparue?