Copier, interpréter, créer

peinture d’enfant dans un atelier

Aucun jugement de valeur sur ces trois mots. Ils sont tous nécessaires dans le cheminement de la peinture. Ils peuvent se placer dans une chronologie ou pas.

Dans mon parcours de peintre je ne cesse d’osciller entre ces trois mots car ils forment une alliance, une synergie.

La copie me sert à nettoyer l’illusion de savoir

L’interprétation me sert à trouver la justesse du ton

Créer me sert à lâcher prise.

Dans mon enseignement je n’ai pas de programme particulier qui serait établi à l’avance. l’adaptation est le principal mot clef qu’il est bon de retenir.

Certains viennent pour apprendre la peinture comme on vient apprendre l’italien ou l’anglais afin d’obtenir des notions qui leur permettront de voyager et d’échanger avec les autres, d’autres encore viennent poussés par un questionnement provenant de l’intérieur qu’ils cherchent à interpréter dans la peinture, d’autres , imaginerait on , mais en fait tous viennent pour comprendre ce que signifie l’acte de création en peinture.

Ces trois voies sont carrossables pour approcher le mystère.

En fait ces trois approches finissent par se confondre tant elles s’interpénètrent mutuellement.

C’est aussi pourquoi je commence mon cours annuel par des exercices de pure création tout de suite en demandant la définition d’un désordre personnel pour chacun afin d’aider ensuite à en extraire un ordre.

Il y a dans le gribouillis un plaisir enfantin qui fait revenir à l’origine et que le jugement peu à peu enfoui ou oubli.

Il y a dans la tache un accident qu’on ne sait plus accueillir tant nous sommes assaillis par une idée de propreté et d’ordre qui ne nous regarde pas vraiment.

Car ce qui nous regarde est bien au delà des notions de désordre et d’ordre, de propreté ou de saleté, de juste et faux.

Ce qui nous regarde est un silence magistral qui est bien loin d’être un mutisme.

Ce silence sans lequel aucune musique, aucun tableau ne pourrait advenir.