L’enthousiasme et la durée

Tu as sans doute connu ça. Je veux parler de ces journées où tu te lèves du bon pied en allant pisser joyeux et léger. Sans raison particulière tu te sens enthousiaste et aucune montagne ne semble susceptible de te résister. Aussi tu te jettes dans le travail à corps perdu avec la sensation d'avoir des ailes.

Et puis arrive le lendemain. Et là tout à changé. Tes articulations te font souffrir, tu remarques la vétusté du plafond qu'il faudrait bien rénover un de ces jours. Et par la fenêtre entr'ouverte tu entends la pluie qui tambourine sur les toitures. Tu irais bien te remettre sous la couette mais il y a tout ce fatras de petites choses sans intérêt à régler.

L'atelier en bas est en désordre, il faudrait remettre un peu de clarté car les élèves ne vont pas tarder à arriver. Il faudrait le faire et justement tu ne le fais pas. Tu te contentes d'allumer une clope et de faire semblant en rangeant ça et là quelques pinceaux, quelques tubes de couleurs. Tu fais du sur place dans un mauvais rêve. L'enthousiasme de la veille s'est envolé.

L'une des caractéristiques de l'enthousiasme c'est sa brièveté. Tu peux en profiter tout ton saoul durant quelques heures et ensuite c'est comme si quelque chose s'était vidé. Plus rien qu'une sorte de marasme dont la durée finit par gommer peu à peu toutes les promesses de la veille.

Comment faire pour retrouver cet enthousiasme ?

Stratégies

Toutes les stratégies sont fatigantes lorsqu'elles sont cousues de fil blanc. C'est à dire lorsque le but à atteindre est évident. Tu fais ça parce que tu attends tel ou tel résultat dans le cadre d'un plan dans une durée donnée.

Avec le virus, il n'y a plus guère de stratégie qui tienne en ce qui me concerne. Que ce soit celles des auteurs de mails quotidiens qui s'empilent dans ma messagerie électronique, que les miennes lorsque j'examine avec un peu de recul ce qui me convient ou pas sur les réseaux sociaux.

Tout ce qui ne me convient pas, m'exaspère, me fatigue, me dégoute, ne provient évidemment que de ces parties de moi-même archi connues que je ne cesse de repérer par ricochet sur les publications d'autrui.

Ce martèlement d'idées, de mots d'ordre, d'information en un mot de conneries qui semblent encore appartenir à un paradigme qui n'a plus sa place ici. Cétacé échoué sur le sable. Extinction de masse.

Avoir une stratégie dans quelque domaine que ce soit me semble voué à l'échec d'emblée car le mot stratégie lui-même n'appartient plus à cette fréquence dans laquelle la planète tout entière est en train de vibrer en nous emportant vers l'inconnu.

La première impression

Tu entres dans une pièce où se trouvent des personnes et là tu reçois un paquet de messages en vrac dont tu ne sais pas toujours quoi faire. En général tu n'en tiens pas compte parce que tu te dis que tu ne connais personne, ou bien que tu n'est peut-être pas très en forme, ou encore que ton objectif est de faire connaissance pour une raison lambda et que tu ne vas pas t'embarrasser d'une première impression, celle ci étant sujette à se modifier avec le temps et source de malentendus.

Pourtant la première impression comme le dit l'adage populaire est souvent la bonne. Mais comme il est dit qu'il ne faut pas se fier aux apparences, cette seconde assertion court circuite la première et au bout du compte tu navigues à l'estime entre l'intuition et la raison.

Qu'est ce qui fait que l'on rejette cette fameuse "première impression" la plupart du temps ? Sans doute un manque de confiance en soi. Peut-être qu' un certain nombre d'échecs l'aura rendue peu fiable, voire caduque.

La question qui me vient tout de suite dans ce cas c'est : est ce que c'est cette première impression qui est saugrenue ou bien ta façon d'en faire quoi que ce soit.

La loi de l’attraction en peinture

Toute cette histoire commencerait ainsi, sur une base évangélique. Dans le genre "frappez et on vous ouvrira"... où encore "demandez et vous recevrez..." Tu vois le principe," il suffit de " avec une condition implicite. Cependant de cette condition, il n'est jamais vraiment fait cas. Toute la confusion et l'embrouille ne provient sans doute que de ce malentendu. Ce n'est pas l'action de frapper à une porte ni de demander ce que l'on désire le problème, c'est pourquoi tu effectuerais ces actions.

A la mode aujourd'hui tu trouveras des piles de bouquins sur la fameuse "loi de l'attraction". J'en ai lu un paquet par curiosité et dans des domaines éclectiques pour comprendre le point commun qui pouvait réunir le bisenesse, l'argent, la gloire, l'amour et Dieu, en gros les seuls sujets dignes d'intérêt pour un être humain normalement constitué.

Le point commun est une insatisfaction chronique d'une situation dans laquelle on s'imagine se trouver et le désir d'en finir en croyant à un temps linéaire et donc à un futur qui se situerait entre tout à l'heure et un certain nombre de jours, de mois, d'années, voir de vies.

Ce qui est effarant c'est la condition. Si je fais ceci j'obtiendrai cela. Un flic de plus dans ta tête qui ne cesse de surveiller tes pensées et tes dires ... Pensée positive et j'en passe.

Je considère que tout cela ne vaut pas un pet de lapin. La carotte et le bâton n'ont jamais eu d'autre effet sur moi que de provoquer une agitation vaine de mes cellules épithéliales.

L’heur de la boucler.

Bonheur, malheur...tout est interprétation de l'heur, c'est à dire en un mot de la chance ou des augures puisque telle est l'origine du mot.

Savoir lire dans l'hygrométrie, l'odeur de terre humide, la décomposition des sols la fragrance du cep et de la chanterelle conduisant par d'étranges chemin vers la fraise des bois et la noisette.

L’un et le tout

Imaginez que vous tombiez soudain sur un livre, une personne, une simple phrase qui remette totalement en question le fondement de qui vous croyez être. On se croit flamme on n'est que mèche_ disait dans une de ses chansons Jacques Brel par exemple. Imaginez que d'un seul coup votre monde s'effondre totalement, que vous perdiez vos repères, que vous ne sachiez même plus où se trouve le Nord.

Oh il faut bien que cela vous arrive au moins une fois ou deux dans votre vie n'est ce pas. Se sentir perdu. Se sentir seul à en crever d'abord de chagrin. Passer par le chagrin pour parvenir à une étrange paix. Pas encore la joie.

Imaginez alors à quoi vous seriez tenté de vous raccrocher pour ne pas couler à pic trop vite. A l'alcool ? Aux femmes ? A la religion ? A la spiritualité ? Aux jeux de hasard ? Les possibilités de freinage ne manquent jamais.

Et pourtant vous parviendrez au fond ne serait ce que par curiosité vous savez. Y a t'il un fond ? C'est l'éternelle question que l'on ne cesse de se poser. Y a t'il un sens ? Y a t'il une issue ? Y a t'il un fond ?

La différence

On se cherchait des points communs et le pire c'est qu'on en trouvait. A la pelle. Parce qu'on avait appris sans doute que l'amour c'était ça, avoir des choses en commun. Une sorte de disparition mutuelle et totale de l'un pour un deux magistral, digne de la lanterne rouge d'un claque dans la nuit. Rouge et clignotant. Une fusion.

Il en ressortirait cet alliage que rien ne serait jamais susceptible de rayer, et qui resterait intact pour toujours. Un couple idéal.

Et puis la vie quotidienne s'est pointée avec son planning, remplaçant l'ennuyeux emploi du temps scolaire puis universitaire.

Elle continuait à rêver. Médecin du monde, l'étranger, la compassion enfin active en touchant les plaies, les humeurs, les peaux et les os. Elle acquerrait ainsi au bout de temps d'années d'efforts le Saint Graal c'était évident.

Rien n'est évident et je ne rêvais plus depuis belle lurette. Je faisais semblant de rêver avec elle et je me découvrais soudain terrifiant de froideur et de lucidité. Et seul aussi même en couple. Surtout en couple.

Alors je me mis en quête de différence. Je répudiais le point commun. Je l'asticotais sans relâche pour éprouver ses croyances. Et quand enfin je fus certain qu'elle tenait dur comme fer à cet avenir qu'elle s'était promis, je la quittais sans bruit et je me perdis dans une folle errance au travers des rues de la Capitale qui sans doute était l'incarnation d'une peine, d'un chagrin que je porte en moi depuis toujours.

Les dévoreurs d’émotion

En tombant sur un texte de Rudolph Steiner comme on bute sur un caillou, tout le contenu m'en revient soudain immédiat comme une nouveauté. Alignement de planètes, conjonction étonnante toujours en phase avec l'état d'esprit de l'instant Dans ce texte Steiner parlait déjà d'être surnaturels se nourrissant de nos émotions.

Que savons nous vraiment de l'invisible ? Qui vit au delà de nos 5 sens et de l'infrarouge ? Pour les plus doués d'entre nous le visible ne constitue que 2 ou 3% de ce qui gît là dans la lumière et l'ombre. Il n'est pas inepte d'imaginer des univers ou des dimensions parallèles proches de l'univers de Lovecraft ou de Blavatsky avec des degrés, une échelle s'élevant du pire vers le meilleur. Ce que nous considèrerions comme pire et meilleur à l'aulne de notre aveuglement permanent.

Pourtant comment ne pas observer ce glissement qui s'opère depuis la naissance des médias de toutes sortes et dont la matière principale a pour but de déclencher l'émotion des foules.

Viol, meurtres, scandales, trahison, épidémies, catastrophes sont les chevaux de bataille de cette presse apocalyptique.

La peur, la tristesse, l'angoisse emportées ainsi vers des paroxysmes dans quel but ?

Peut-on imaginer que derrière le masque d'une normalité artificielle, nos dirigeants et tous ceux qui leur lèchent les bottes ne sont rien d'autre que des sous fifres à la solde d'entités terrifiantes toujours affamées qui ne loupent aucune occasion pour se jeter sur nos émois.

Cela fait quelques jours que mes pensées s'entrechoquent ainsi à la frontière d'une réalité double.

Celle que j'ai toujours connue et qui, malgré sa dureté possédait encore encore des liens avec le bons sens et puis une autre bien plus trouble appartenant au domaine de la science fiction qui, comme on peut le penser n'est rien d'autre qu'un laboratoire de réalités en gestation.

Sensibilité

Les hommes aussi, bien sur ont leur soucis ma Simone. Un corset parfois plus rigide que ceux des femmes de jadis. On n'a pas inventé de soutien couilles autre que le slip, le boxer ou le string. Rien pour supporter la sensibilité lorsqu'on en a. Au contraire rentrez moi cette cochonnerie rapidement mon petit mossieur. Montrer sa sensibilité chez les gamins de ma génération c'était parfois pire que de montrer son cul.

Je viens tout droit du Moyen Age. J'ai traversé bien des progrès pour y revenir en fin de parcours. La bêtise ne semble pas avoir d'âge. La bêtise est éternelle. Ouvrir le moindre fil d'actualité vous saute au visage.

La sensibilité aussi a effectué des progrès. Vers le pire. La sensiblerie alliée à l'hypocrisie des faux culs de tout acabit.

Comment faire jeune Padawan pour ne pas te faire couper la sensibilité comme les couilles dans ce monde déliquescent ?

Tais toi le plus souvent possible et invente ton monde à toi. Exerce un art quelconque. La peinture, le vol, le mensonge ou la littérature. Et là laisse aller ta sensibilité en toute liberté, ici personne ne te fera jamais suer.

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