L’invention des guerres et l’origine du héros

Depuis que j’ai rencontré Rimbaud trafiquant de flingues,Gainsbarre exhibant puis regrettant Jane, et bon nombre d’écrivains américains notamment John Fante, Bukowski et Henri Miller que j’ai dévorés, j’ai arrêté de subir l’attraction des vertus héroïques. Au contraire je me suis dirigé, comme aimanté, vers la figure du loser magistral dans laquelle je me serais fondu totalement si je n’avais bénéficié du peu de discernement que la fortune m’a confié, non sans l’avoir gagné de haute lutte. Et aussi une volonté farouche de ne plus tomber que sur des infirmières. Car à la fin, devenu loser par mimétisme, j’y découvrais l’exhumation de vieilleries idéologiques , à commencer par le rôle du martyr et toute la cargaison de poncifs judéo-chrétiens qui va avec. J’ai décidé d’arrêter aussi. Dur de trouver un autre modèle une fois ces deux là dégommés. Que peut il bien y avoir entre héros et loser ? Au bout du compte il s’agissait d’un simple sevrage pour saisir que je n’avais plus rien à attendre, que rien de s’écoulerait plus des mamelles de la « culture du près à téter » dans laquelle nous ne cessons de nous vautrer juste parce qu’on veut bien être des cochons d’enfants gâtés plutôt que de vrais humains. J’ai tenté encore un peu ma chance pour passer le temps avec le taoïsme, le bouddhisme, le cynisme, enfin bref, tout ce qui pouvait apporter un peu de recul et d’éclairage vis à vis de mes comportements douteux. J’ai tenté de me priver d’ego Puis de l’exacerber en devenant artiste.