Exil des dieux

40 années d’errances dans le désert pour trouver la terre promise… belle métaphore pour une vie d’artiste qui vaut tout autant que celle d’un esclave cananéen. Avec un peu de chance on croise ça et là quelques buissons ardents qui, le temps nécessaire à mettre un peu d’ordre dans les esprits, les enflammer, procureront un brin d’espoir, un peu de patience supplémentaire.

Yavhé l’imprononçable tout comme David le rabâché, ne furent probablement que de petites divinités tutélaires avant de devenir ces fantasmes collectifs. Ces causes comme ces raisons d’ensanglanter la terre afin de prouver que tous les contes et les légendes d’autrefois n’étaient rien d’autre que des contes et des légendes.

Obstination de l’innocence cachée dans les pseudo lucidités.

On pourrait vite s’affubler du bâton de marche de prophète à partir du moment où l’on considère que l’errance est salvatrice.

A répudier les dieux, à les mépriser au profit d’un mieux ou d’un meilleur, d’un seul et unique, on se répudie soi-même tout simplement.

Le polythéisme correspondait à une mentalité collective dépourvue d’égoïsme. Le narcissisme n’avait pas de raison d’être.

On baisait à couilles rabattues en laissant pénétrer tous les panthéons en nous. Ils nous laissaient pantelants, mais apaisés au final.

Le monothéisme érige le reflet sublimé d’un égo magistral dans la plupart des crânes modernes. Erige comme un préliminaire qui n’en finit jamais de préliminer. Préliminer, éliminer, s’inventer de la délicatesse comme du papier cadeau.

Plus grand chose de véritablement pénétrant au bout du compte.

On suppute qu’on pénètre et c’est bien le pire des égarements.

Si ce n’est pas Dieu, la Science, le code, l’algorithme… l’égo a toujours besoin de péter plus haut que son cul de nos jours.

Je suis nostalgique de cette enfance du monde certains matins comme ce matin.

La neige n’a pas tenu. L’espoir n’a pas tenu.

Tout s’est dissipé médiocrement pour ne laisser que des flaques de flotte, de la bouillie, de la boue.

L’humanisme est comme cette neige qui fond d’heure en heure sur le toit des dépendances que j’aperçois depuis la fenêtre du bureau où j’écris.

Exil des dieux Huile sur toile 60x80cm Patrick Blanchon 2015

Paysages traversés par des zombies reluquant leurs reflets sur l’écran de leurs smartphones. Dans les glaces des boutiques, des restaurants fermés. Dans les yeux morts de leurs vis à vis.

Le premier sauvage venu verrait aussitôt ce truisme : Il n’y a plus grand chose d’humain voilà tout. Une sorte de compromis vaseux entre le primate et le robot.

Avec du Je comme préambule, comme déclaration au moindre programme.

Je vais faire les courses.

Je vais poster une connerie sur facebook.

Je vais me masturber 5 minutes pour passer le temps.

Je vais rêver d’ être autre chose que ce je suis surtout.

Je vais t’aimer

Je vais te tuer.

Je vais et je viens sans relâche, entre tout ça, j’essaie.

40 années d’errance dans le désert de l’égo et que des feux de paille, pas de buisson ardent.

Tout juste quelques petites salopes avec le feu au cul pour me réchauffer la peau et les os. Des bouillottes et pas grand chose de plus.

A percer leur enveloppe sentimentale pour découvrir tout ce qui se cache derrière de haine de rage et d’égoïsme.

A comprendre qu’au final je ne suis guère mieux. Je suis exactement pareil.

Pour devenir prêtre pas de meilleur école que la fréquentation des bordels.

Séminariste qui regarde sa foi dans le blanc des yeux fardés et les lèvres peintes et traversées d’anneaux.

Des déesses au long cou à l’anus éclaté par tous les pauvres glands sans queue ni tête

J’ai vu

j’ai écouté

Pourquoi donc ai je perdu tout ce temps ?

Sinon pour briguer une place de vizir , de dieu moi même bienveillant et condescendant ? Un intouchable dans le fond.

Ah mais maintenant vous ne pouvez plus me toucher. ( air faussement guilleret )

Quand je dis je, je sais de quoi je parle.

Aucun commandement ne m’est tombé sur la tête, aucun principe enfoncé dans le crâne.

Pas de clou dans les paumes non plus

Quelques épines dans le cul mais ça ne se voit pas trop, j’ai fini d’exhiber.

Putain , mais où sont partis les dieux ?

Je n’ai qu’à fermer les yeux et chasser de mon esprit tout ce que je sais, tout ce que j’ai cru savoir, et même l’idée saugrenue de savoir quoique ce soit un jour.

Devenir idiot totalement

M’exiler moi-même de toute velléité d’intelligence et de sagesse .

Etre enfin le singe que j’ai toujours été.

Celui qui sait se servir de toutes ses pattes et de sa queue pour s’accrocher aux branches et rester loin du sol.

Ce ne serait pas un gorille, surement pas. trop lourd et trop proche de ce que je suis à me frapper le poitrail pour un oui ou pour un non.

Macaque ça serait bien plus cool.

Qui donc se soucie des macaques, hein ?

Devenir macaque totalement oh oui !

pour suivre la piste laissée par les dieux dans leurs exil

suivre la bave luisante de l’escargot, de la limace comme celle des chiennes et des chattes en chaleur.

Ecouter encore une fois le chant des sirènes sans broncher jusqu’à ce moment

cette heure bleue

Tout en gardant bouche close.

Ne surtout pas tirer la langue.

Succomber dans le mutisme.

Ejaculer dans l’immanence.

Et enfin ne surtout pas retenir un merci beaucoup

seule vraie parole de ce film muet.

Le spectacle était tout à fait au poil.

Un peu long peut-être vers la fin …

ça devait sans doute être un réalisateur mongol non ?

Instinct.

Elle suppose, c’est son truc. Moi j’agis. Je navigue en solitaire sur l’océan de ses suppositions. Sans autre boussole que le sel qui se dépose sur ma langue suivant le beau temps ou la bourrasque.

Je suis mon instinct et voilà tout. Je ne suis peut-être rien d’autre. Je me confonds avec lui. On ne peut pas nous dissocier. On ne le peut plus désormais.

Je pourrais faire autre chose. Devenir riche à millions, partir sur Mars, explorer le Pérou, ou m’installer sur le bord d’un canal bourbonnais à lancer ma ligne toute la journée ce serait exactement pareil.

Je le sais désormais.

Mon instinct fonctionnerait exactement de la même façon sur l’océan de toutes les suppositions.

Il y a toujours ce genre d’océan à traverser n’est ce pas ?

Surtout en soi-même.

Et pas qu’un seul.

Pour trouver la terre ferme bonjour…

Dans l’il et dans l’elle, tout essayé comme dans le nous, le vous , le ils.

Le je aussi énormément.

horizon incertain huile sur toile 2017 100x100 cm Patrick Blanchon
horizon incertain huile sur toile 2017 100×100 cm Patrick Blanchon

Et puis parfois je m’arrête au tu pour me reposer.

Le tu c’est bien.

Tu veux ou tu ne veux pas, je n’en fais pas un camembert.

Et en fait je m’en fous, je veux dire que cette part de moi qui navigue sur tous les océans s’en fout totalement.

Elle ne jure que par les arabesques que tracent les oiseaux dans le ciel

par le gout du sel

la clarté bleue de l’orage

et la saveur acide des citrons.

Cette sensation de nous

Les temps actuels sont plus aux « Je » qu’aux « Nous », sauf dans la haine , la colère et la tristesse, ces liens qui subsistent quand tous les autres ont disparu.

L’esprit prend congé en même temps que nous quand il ne reste plus que toi et moi.

Et cela te rend folle et cela me rend fou.

L’esprit c’est nous et nous ne sommes plus rien sans lui.

C’est à dire que nous ne ressentons plus cette fréquence formidable, l’énergie de la joie.

Mais de quel nous parle tu ?

De ce qui nous réunit plutôt que de ce qui nous sépare ma belle.

Tu n’y peux rien, je n’y peux rien c’est ainsi. Et toutes les constructions frelatées que nous installons en vain pour remplacer ce nous ne valent pas grand chose, ne valent rien.

L’amour ne vaut rien tel que nous avons cru qu’il pouvait être

l’amour est profond comme la nuit noire.

La solitude se renforce comme l’idée de séparation. C’est un cycle et rien de plus.

Plonger dans la solitude et dans toutes les fictions les tiennes comme les miennes c’ est un cycle, et tous les cycles ont un commencement et une fin n’est ce pas ?

Le jour s’achève pour laisser place à la nuit

La veille se repose sur le sommeil.

acrylique sur papier toilé format 30x40cm Patrick Blanchon 2021

Le vrai s’achève pour laisser la place au juste.

La nuit sert à se rapprocher du juste, à le réinventer.

Tout est dans cet ordre des choses que toi et moi ignorons désormais.

Pourquoi s’en soucier puisque qu’au bout du compte nous ne cessons de nous rejoindre dans cette nuit.

Au delà de nos consciences

Au delà de la haine, de la colère et de la tristesse.

Dans la joie profonde indéfectible et parfois brutale aussi.

Ce n’est pas parce qu’on se sépare que nous disparaissons vraiment.

C’est en se séparant d’une fausse idée de nous qu’on la perçoit surtout.

Et qu’une fois aperçue cette idée de nous s’enfuit.

Nous sommes toujours là, quelque part dans l’attente d’être acceptés, pardonnés, honorés

Et il est si bon d’ accepter aussi qu’il n’y a rien à y perdre ou rien à y gagner.

Toi et moi avons fait de nous des réussites ou des échecs selon nos pensées

Mais sommes nous seulement que nos pensées ?

Nous sommes bien plus nos pensées ?

Et il est bon de ne plus y penser parfois pour nous retrouver.

Ferme les yeux et vois la gueule édentée de la colère, de la haine et de la tristesse

Dépasse l’ennui et la peur

Caresse leurs échines pour les domestiquer

Sans empathie comme un vrai patron.

Pour devenir le juste patron de tous les nous à venir.

Vouloir

Ô vous loirs qui passez en dormant comme des loirs

repus

en longeant les rambardes précises et distinctes

de vos croyances , vos certitudes,

Ô vous loirs tristes et sages vous ne voyez pas

votre folie

qui crée se monde triste et sage cette folie.

Vous ne voyez pas plus loin que le bout de vos nez
pointus et épatés

l’agile et lubrique moineau voletant parmi les gros pigeons

patauds

et qui dérobe à l’envie toutes les miettes de pain blanc

postillonnées par l’enfant blond ce petit ange

A la vitesse de l’éclair comme elle est belle la vie !

Ô vous loirs qui voulez honteusement dérober en vain

à la vie sa beauté insensée, la placer sur des rayons

des têtes sur des piquets, des gondoles

de supermarché comme autrefois on exhibait les esclaves

afin de satisfaire l’impuissance de tous les bas instincts.

Ô vous loirs d’Europe, loirs des villes et des vergers,

rongeurs impénitents , loir gris ou vulgaires, dépourvus de contraste

sans nuance ni couleur

Le vol honteux, la volonté sont liés dans l’ encre cabalistique

de faux contrats

vous êtes le fruit d’une intervention génétique, d’une intention diabolique

qui fait de vous le symbole de cette paix sacrée gardée par

les flics.

La paix des ménages, elle déménage doucement et vous continuez

malgré tout

ce qui s’écroule tout autour de vous

à dire je veux ceci, je veux cela

en rongeant vos freins, vos durites, vos câbles et vos galeries

Ô vous loirs qui toujours êtes ravis par l’illusion d’obtenir

Je vous ai vus dans mon rêve, je vous ai vus et je n’ai rien dit.

Ô vous loirs demandez vous qui vous dirige de l’insensé à l’insensé

matin et soir ?

C’est cette volonté de pacotille, une simple rumeur, un « on dit »

un bruit qui court dans les galeries de la folie.

Les sept mondes

Mille fois je t’ai cherchée dans les sept mondes

Mon âme est vieille et fatiguée dans l’illusion

De tant et tant de recommencements.

Mille fois et une où le sort fut jeté

par une sorcière qui jouait au dés

Dans un recoin de Ménilmuche, de Tataouine

à Dieu seul sait où et à pas de chance.

Ce fut un simple rire édenté

qui arrêta ma course folle.

Dans une ruelle de Cipango de zanzibar

Au diable Vauvert.

Arrête toi là petit bonhomme

Chanta le salpêtre du mur aveugle

que je voyais depuis la fenetre

de ma taule improbable.

Les mouches et les cloportes

me livrèrent tous les secret du premier monde

encore et encore

les démultipliant sur le papier peint moucheté de pois verts

l’alcool aidant

Je restais là obsédé par l’expire

allongé sur lit de camp

à claquer des dents du matin au soir

d’être devenu soudain tellement vivant

que la seule pensée qui m’obsédait fut la mort

C’est au printemps que l’alouette se mit à batifoler

Dans l’air bleu du matin

au dessus des toits et que cahin caha

je répondis à son invite

Je retrouvais ma flute de pan depuis longtemps perdue

et entonnais un chant andin post cataleptique

une flute constituée d’os de poulets et de renards

sertie de jade et d’obsidienne

L’alouette devint un aigle forcément

et m’emporta en longues spirales exactes au dessus du périphe du Popocatépetl

et du Machupitchu

Et là j’en vis de belles, Inana dansait avec Astarté Hécate et quelques feu follets

les nymphes de barrière échangèrent leurs oripeaux contre ceux

des nymphes des forets et des ruisseaux

Quoique je su presque aussitôt que la douceur fut fragile

J’y puisais à l’envie comme un beau forcené.

On me sacrifia plusieurs fois pour ma vigueur

ce qui étrangement la renforça.

A l’autel du Cthhulu chez les effroyables titans qui n’ont qu’un seul oeil

Je commençais à trouver le temps long et leurs pratiques louches.

Je n’eus que peu d’effort à faire pour m’enfuir alors

que de cligner des deux yeux pour les ouvrir pour de bon.

Je me retrouvais au havre sur le quai sous la pluie de mars

ou à Rouen, ou ailleurs

bref on m’avait placé sur l’estrade d’un marché aux esclaves

De grosses et opulentes bourgeoises me tâtèrent le mollet le lobe et les bourses

reluquèrent mes dents et pincèrent mes muscles abdominaux

Il a l’air d’en avoir dans le ventre murmuraient elles en rigolant

j’allais partir enchainé à l’une d’elles fouétté mollement

par un croquemort anglais chevauchant un baudet

et qui fermait la marche

lorsque le parfum des pralines que l’on faisait griller

près d’un bordel, excita les narines et les pupilles de mon ex future maitresse.

J’en profitais pour implorer un peu de mou dans l’étreinte des liens trop sérrés

et me carapatait sitôt que l’occasion se présenta

Ou donc en étais je ? j’étais un peu perdu

C’est un polichinelle sortit tout droit du placard qui me répondit

Ici

Et je n’eus pas même le temps d’apercevoir ce nouveau piège

que j’étais à nouveau pied et poings liés pour des années  

Sur l’ile Saint Louis dans un joli appartement avec poutres apparentes

cuisine équipée et vue sur un joli jardinet.

Je tins quelques temps car la geôlière était de la même famille que la reine de Sabbat

avec un petit je ne sais quoi de Shérazade.

Chaque nuit pour pas que je m’évade elle se donnait toute entière

avec mille et une façons enjôleuses inédites

Par la fenêtre je voyais la rue peuplée de chiens de lions et d’ânes

je m’appuyais à la rembarde du balcon en fumant des havanes

j’étais de cette race nouvelle d’esclave croisée avec celle d’Artaban.

Il y eut des hauts et il y eut des bas

comme si j’ajustais mon nouvel élan.

Et enfin hop un jour à 4h30 du matin j’y parvins

je sautais au bon moment pile poil sur un tapis volant qui m’emporta vers de nouveaux horizons.

J’avais pris soin d’emporter un sandwich aux cornichons heureusement

car le voyage cette fois fut encore plus long.

J’arrivais en chine par des cheminements tortueux, et un grand nombre de loopings

et à la fin des fins un atterrissage en catastrophe.

C’était sur la terrasse d’un marchand de Samarkande qui préférait la chine à Samarkande

Et qui ne voulait d’ailleurs plus être marchand non plus.

Il s’était décrété sage et en même temps mendiant

Pour se divertir il  y trouvait un formidable contentement.

Son plaisir était si visible qu’il provoqua l’envie en moi de me l’accaparer aussi

Si tu t’engages à rester un an je t’enseignerai me proposa t’il

Je n’étais évidemment plus à un an près

J’opinais du chef et me voilà donc parti pour un apprentissage

de sage mendiant.

Pour être sage m’apprit mon maitre il faut d’abord devenir fou

Je passais donc les 6 premiers mois à dompter la folie

Ce qui n’est pas du tout si facile qu’on le croit.

Une fois cette formalité réglée mon maitre me demanda

Es-tu vraiment fou ?

Je lui répondis « normalement »

Ce qui nous fit exploser de rire tous les deux en même temps.

Passons à la sagesse désormais me jeta t’il sitôt qu’il reprit son souffle.

Il me tendit alors un flacon d’un breuvage fort ainsi qu’une plume d’oie

Et de l’encre

Pour être sage il faut que tu t’enivres parfaitement et que tu t’entraines en même temps à dessiner droit.

Ça me prit les 6 autres mois évidemment

Sans forcer.

 Un peu tous les jours c’était là le secret.

À la fin mon maitre me déclara que j’étais apte

J’allais avoir ma récompense

Il afficha sur mon revers une jolie médaille en chocolat

Puis il me botta le cul en m’éjectant de chez lui tout en ajoutant

Comme nul n’est prophète en son pays vaut mieux que tu ailles voir ailleurs si j’y suis.

Du coup j’étais donc devenu prophète ce fut son dernier mot

Jamais je le ne revis.

La vie de prophète est bien plus facile qu’on pourrait le penser à première vue

Il suffit d’abord d’être un peu clairvoyant puis

en grande partie de prophétiser ce que tout le monde attend

et l’on peut ainsi s’assurer quasiment chaque jour que dieu fait du gite et du couvert

Je prophétisais un tas de choses diverses et variées en me fiant au climat

Au vol des mouettes, au sens du vent, et aussi de temps en temps à l’avidité que je décelais chez mes clients.

Je ne me trompais jamais. Ce qui me valut un franc succès, une bonne réputation.

Hélas les bonnes choses n’allant jamais seules éternellement

ma bonne réputation

devint la cible des délinquants du quartiers qui comme passe-temps s’acharnèrent à la ternir.

C’était tout à fait prévisible et je mentirais si je disais que je ne l’avais pas prévu.

J’avais eu le temps de me confectionner une petite poire pour la soif

Et donc le jour où je jetais mes osselets sur la terre battue et qu’ils m’envoyèrent un message m’indiquant

Le bon moment

Je partis à califourchon sur un cochon que je dérobais chez mon plus riche et dernier client.

La route était longue je l’avais présagée également

Pour rejoindre la civilisation.

Je décidais donc, de faire un crochet vers l’Italie tout simplement parce que je ne connaissais pas l’Italie.

Mon cochon et moi nous franchîmes des monts et quelques merveilles plus tard nous arrivâmes à Brindisi

Ma connaissance des ports était bonne,  acquise de haute lutte elle aussi.

Je vendais le cochon assez facilement à un Portugais installé là-bas et dont la spécialité était le ragout.

Puis  muni d’un petit pécule je décidais de faire du stop de me rendre en Calabre et de là-bas rejoindre la Sicile

Quelques jours plus tard j’arrivais à ce petit port de pécheurs qui se nomme Sféracavallo et en me piquant correctement les doigts , la faim aidant

J’appris à éplucher ce fruit étonnant plein d’épines, la figue de barbarie.

Et j’allais aussi chaparder quelques grenades bien mures dont je savais les graines bénéfiques contre l’idiotie générale.

C’est dans un jardin au crépuscule que je fis la connaissance du petit groupe de voyageurs échoués là, se nourrissant du fruit de leurs larcins tout comme moi

Il y avait Ulysse Sinbad, Hérodote, Marco Polo et bien d’autres encore dont le point commun était l’engouement pour les graines de grenade.

Ils me reconnurent presque aussitôt à ma façon de grapiller.

Viens donc te joindre à nous et nous nous raconterons nos voyages.

Comme je n’avais pas grand-chose d’autre à faire j’opinais à nouveau du chef et je restais avec cette petite bande quelques années

Sans voir le temps passer.

Ils en connaissaient un sacré rayon en géographie mais aussi en matière de femmes, notamment les magiciennes, les sorcières et les déesses.

Sais tu qu’ici en Sicile les sorcières ont une étrange particularité ?

Elles sont belles comme le jour sitôt qu’elle jettent leur dévolu sur un homme puis une fois que celui ci sera pris dans leurs filet

Elles se métamorphosent en ogresses qui leur dévorent les testicules. Regarde autour de toi tous ces pauvres types devenus eunuques.

Tous mais pas moi interrompit soudain Don Corléone qui arrivait juste de Brooklin. Nous, ma famille on a trouvé la parade on se moque bien des sorcières. Une begne ou deux et hop elles nous lâchent.

 À côté de ça on les vénère, on leur fait des cadeaux somptueux et de beaux enfants pour qu’elles laissent nos couilles intactes.

Je me rapprochais aussitôt de Corléone car j’étais quasi ignorant en matière de femme. Quelques mois plus tard il m’offrit la main de sa fille, un cadeau de grec si j’ose dire.

De toutes les ogresses elle était sans hésitation la pire. Mais sa beauté excusait tout et d’ailleurs je n’écoutais que mon cœur à cet instant où je la vis, je tombais éperdument amoureux.

Ce fut comme dans un rêve durant quelques mois et puis sa nature d’ogresse évidemment fit surface, en tant que prophète j’aurais tout de même du le prévoir. Ce qui me fait penser que parfois il vaut mieux faire attention à ce qui est aussi trop prévisible et qu’on ne veut pas voir arriver.

Bref je faillis

y laisser mes bourses complètes et ce fut vraiment un hasard ou un coup de chance, à moins que ce ne fut mon destin de ne pas glisser du statut de prophète clairvoyant à eunuque cette année-là.

Pour finir à la nuit tombée je m’embarquais sur une chaloupe pour rejoindre l’Afrique parce que je ne la connaissais pas.

Il peut arriver que je sois tellement pris dans mon récit que j’oublie de préciser à chaque fois à quel monde parmi les sept traversés je me situe à tel ou tel instant de mon parcours.

Moi même parfois je ne le sais plus.

C’est parce que parmi ces sept il y en a un qui m’a toujours étonné ou effrayé, et aussi fasciné je ne sais plus , c’est le monde du chaos et de la confusion.

Parfois je ne me souviens plus où situer ses frontières.

Donc peut-être en Afrique, ou après moult péripéties je parvenais à Casablanca.

Ici les démons ont d’autres noms mais globalement ils proposent les mêmes tentations les mêmes pièges que partout ailleurs sur la terre.

Bref c’est à Casablanca que je tombais littéralement en arrêt dans une ruelle sur une femme qui jouait de la flute devant un panier à serpents.

Je restais de longues heures à contempler sa maitrise à la fois de la musique et son sang-froid lorsque les serpents soulevaient le mince et léger couvercle pour se dresser et se balancer au rythme des accents de la flute

J’adorerais apprendre à jouer de la flute comme toi je lui dis

J’adorerais être aussi sage clairvoyant et prophète que toi me répondit-elle

Nous passâmes 10 années à nous enseigner mutuellement nos connaissances et puis à la fin nous nous entendions si bien que nous dumes inventer une dispute pour nous écarter l’un de l’autre et reprendre nos vies.

Je pris encore des bateaux car j’avais entendu parler de sages encore plus fous que moi du coté de Téhéran, de Tabriz en Iran.

Après de longues semaines d’errances, dans un dénuement presque total je parvenais enfin à ma destination. La devanture ne paye pas de mine, leur couverture est d’être boucher m’avait on appris un soir dans le quartier Bagadgit d’Istambul d’où j’étais parti quelques jours avant.

C’était des soufis et encore une fois il fallu que je fasse mes preuves.

Voici nos couteaux me dirent ils quand tu les auras affutés de la bonne façon nous t’enseignerons notre art de la danse

Durant 10 ans

pas moins j’appris en tâtonnant à aiguiser les lames ce qui est loin d’être aussi simple qu’on pourrait de prime abord le penser.

Car il y a entre la meule et celui qui s’en sert comme prétexte pour aiguiser de nombreuses interactions invisibles à l’œil nu.

Pour parvenir à rendre vraiment tranchant une lame il faut avoir énormément tranché de choses en soi. C’est ainsi.

Le 365 -ème jour de la  9 -ème année tombait sur Em Ruz le nouvel an

On vérifia une dernière fois le tranchant des lames puis tous me prirent dans leurs bras et m’embrassèrent. Tu as compris comment bien aiguiser un couteau quelle joie formidable ! quel honneur !

Veux tu rester encore un peu pour que nous te montrions comment découper les animaux ?

Mais j’étais fatigué et à la vérité j’en avais assez de croire que que pouvais encore apprendre des choses à l’extérieur de moi-même

Je m’en ouvris sincèrement au vieux maitre boucher qui disait -on possédait la même lame depuis presque 40 ans et qui sans avoir besoin d’être aiguisée conservait le même tranchant que si elle eut été neuve.

Formidable me jeta t’il tu apprends encore plus vite qu’on peut l’imaginer

Du coup ils se levèrent tous et se mirent à danser et leur danse était si hypnotique que je me levais à mon tour et sans aucune connaissance sans rien savoir de la manière je me mis aussitôt à danser avec eux.

Nous bûmes du vin frais de grenade

Ils me donnèrent un couteau pour me récompenser de ma peine puis leur porte se referma à tout jamais, je me retrouvais à nouveau seul à te chercher

Car si je n’ai pas oublié une chose durant tout mon récit c’est toi, tu es ma quête éternelle qui me remet toujours sur le chemin

Si parfois j’ai l’impression de t’oublier, de m’égarer, d’être fatigué, sache bien qu’il me faut bien plus que mille et une fois recommencer  et bien plus que la traversée des  sept mondes pour seulement pénétrer dans le risque d’y penser.

J’ai traversé des lieux familiers

Encre Etrangeté Buste de femme format 30x40 cm Patrick Blanchon 2002

J’ai traversé des lieux familiers

Et puis je suis arrivé ici où tout est étrange.

Ce sont les mêmes lieux pourtant

Mais ce n’est plus moi qui les traverse désormais.

En chemin j’ai perdu la familiarité

Celle que j’entretenais avec moi-même

et qui tissait ce voile invisible.

la familiarité m’aveuglait comme un voile.

Lorsque l’étrangeté a surgit

je l’ai d’abord repoussée

je lui ai dit je ne sais pas qui tu es

Mais il était trop tard

je ne voyais plus qu’elle

Elle était si belle.

Encre Etrangeté Buste de femme format 30x40 cm Patrick Blanchon 2002
Encre Etrangeté Buste de femme format 30×40 cm Patrick Blanchon 2002

J’ai tenté de l’amadouer

de la rendre familière

Elle m’a rit au nez.

Alors pour la rejoindre

je me suis dévêtu de tous mes vêtements

De toutes mes peaux mes muscles et mes os

et je lui ai dit regarde

Plus rien de familier désormais entre nous

Elle m’a regardé enfin

Et sans un mot

Dans un profond silence

L’étrangeté m’a emporté.

A mon retour je me souviens encore de bien des choses

et parfois je peux retrouver les lieux autrefois familiers

Quel joie de voir que rien n’a changé

Si toi m’a dit le vieux cerisier

Alors j’ai planté mes pieds en terre

et j’ai levé la tête au ciel

et je suis resté ainsi un long moment

Une éternité.

La langue des oiseaux

Soudain une saine colère s’est emparée de moi en repensant à tous ces tritureurs dégoutants qui veulent se mêler de traduire la belle langue des oiseaux. Alchimistes de pacotille, honte à eux, qui ne veulent que paraitre et qui bousillent ainsi l’ars. Ils se reconnaitront sans peine s’il leur reste un peu de ce soi disant or philosophal.

Ne touchez plus ainsi à la langue des oiseaux.

Taisez vous donc.

Ecoutez et savourez seulement.

C’est une source vive, qui part solitaire pour se jeter dans le ru le ruisseaux et dévale la pente jusqu’à la mer en emportant dans son sillage le végétal, le minéral de toute la terre.

C’est un chant léger qui parfois gronde pour éprouver son écho sur les falaises de granit ou de calcaire. C’est l’essence de nos forets qui rencontre la plaine et la colline et leur raconte les monts et les sommets.

Il suffit de se taire et d’écouter pour sentir profondément tout cela sans mot dire.

L’or est là dans cet écoulement et il s’écoule en nous silencieux pour nous ramener à ce moment.

Comme de grandes portes alors s’entrouvrent pour que nous y perdions notre latin, absolument.

Et c’est ainsi que de l’écoulement et de l’instant ce chant d’oiseau nous parle profondément.

Qu’importe de le comprendre ? qui veut se mêler d’expliquer la musique ? Qui veut trahir et traduire ?

La langue des oiseaux est silence chantant le silence à tue tête. L’absurdité du temps et des pensées voilà ses scories.

C’est le tempo du cœur en paix qu’elle nous rappelle.

La langue des oiseaux se fiche bien de tous les maux de tous les toi et moi.

Et pour illustrer mon propos, la dame à la licorne qui en silence dit à peu près la même chose avec bien plus de talent évidemment.

Ecrire comme un pied

Au temps des troquets enfumés et joyeux, à la sortie de la rue Quincampoix, quelque part par là.. « la petite pinte » ou rue des Lombards, j’ai la mémoire qui flanche comme toi ma jolie Jeanne, il y avait de jeunes cons. J’en faisais partie, je le revendiquais. Crier haut et fort aux vieux cons qu’on sait tout mieux qu’eux, nous autres les poètes, habiles en métaphores.

L’un d’entre nous m’a dit « tu écris comme un pied »… je me suis caressé la barbichette quelques instants pour me demander si je voulais avoir l’air vexé, blessé, ou en colère.

Mais je me suis déchaussé et empruntant son stylo l’ai coincé entre deux orteils.

Merci pour ton avis ai je dit, par toi la providence s’exprime et je la remercie !

Et c’est comme ça que je me suis mis à écrire comme un pied, pas plus compliqué que ça.

Et d’ailleurs je ne suis pas le seul à m’exprimer ainsi

De nombreuses dames prenant les choses comme je le fais souvent, par dessus la jambe, n’hésitent pas quand l’ennui vient, d’user du pied comme d’une plume, pour ébaucher des p’tites histoires, sous les grandes nappes blanches ou vichy de ma mélancolie.

Pourquoi te soucier

Pourquoi te soucier de ton dernier souffle ?

Te rappelles tu du premier ?

Pourquoi voudrais tu qu’il soit gratitude

Colère et même amour ?

C’est encore une image que ton souci fabrique

pourquoi te soucier de ton dernier souffle ?

Sais tu vraiment qui tu as été, et qui tu es ?

Voudrais tu espérer ou te regretter ?

C’est en toute absence de souci

qu’il convient d’expirer

ou d’aspirer

de respirer.

En toute absence

Pourquoi te soucier

D’autre chose que de la fleur ?

Daemons et intrication quantique.

Plongée dans Hésiode en ce moment. Comme une apnée pour ne pas respirer l’air ambiant. Ne pas respirer l’odeur nauséabonde qui monte de ce cloaque audiovisuel permanent. Les travaux et les jours que je suis parvenu à me procurer gratuitement sur l’application Youbox fournit par mon opérateur internet. Je ne suis plus à une contradiction près.

Et puis cette série de podcasts passionnante racontée par Vinciane Pirenne-Delforge directrice de recherche au fond de la recherche scientifique belge ( FNRS) une sommité dans l’histoire des religions, dont tu pourras trouver le lien ici

Une évasion du savoir par le savoir, juste en fabricant de la différence.

Ce que je retiens, qui m’intéresse beaucoup en ce moment concernant la peinture et l’écriture, c’est l’origine de l’intention.

Ce que les anciens grecs pensaient de cette intention c’est qu’elle nous était insufflée par des voies invisibles, par ces fameux daimons ou daemons. Leur panthéon est colossal, il semble y avoir ainsi une quantité incroyable de moyens employés par les dieux, parfois identifiés, nommés par les hommes, susceptibles de produire en eux une intention. C’est à dire en fait une série de pensées , de rêves, d’actions qui arriverait dans nos caboches et qui seraient issues d’une volonté divine.

D’où la notion de destin très puissante chez les anciens.

Notion que la raison des sociétés modernes réfute évidemment.

La raison est une adolescente attardée. Je n’arrive pas à me défaire de cette image en ce moment. Une emmerdeuse qui sait tout. Qui a un avis tranché sur tout. Et l’important n’est pas vraiment l’avis mais surtout qu’il soit tranché. Nous sommes dans l’ère du saucissonnage.

Cela me rappelle ma découverte des philosophes présocratiques autrefois. Cette pensée d’avant Socrate. Cette pensée issue de la nuit et s’y reconnaissant, lui restant fidèle car sans doute encore soutenue par la puissance des mythes.

La raison fuit les mythes car elle les considère comme enfantins ce qui est je crois la fondation même de son égarement.

Je ne crois pas du tout que l’homme moderne et son esprit soit beaucoup plus avancé que l’homme des temps présocratiques. Les mythes sont toujours là mais on pourrait plus parler de mensonges désormais que de belles histoires fécondant l’imaginaire et nourrissant les pensées comme les intentions.

Ce que la raison a produit c’est uniquement de la raison en débarrassant les mythes de leur potentiel créatif. Ce que la raison a produit c’est du mensonge. C’est à dire cette chose insignifiante et bornée dans les limites d’une morale qui n’a absolument plus rien à voir avec l’éthique.

D’ailleurs la raison contre laquelle je m’élève n’est plus qu’un ersatz de raison. La raison des modernes serait probablement risible et facilement friable pour le pire des disciples de Socrate ou de Platon.

On a raison mais on ne sait plus rien. On a raison pour ne pas montrer toute notre ignorance. On veut surtout avoir raison.

Franchement je préfère rêver, et douter, m’égarer mille fois plutôt que de penser avoir raison.

J’adore cette idée de daimon par exemple qui me semble d’une pertinence folle si je la pose à coté de tout ce que je crois avoir compris de la mécanique quantique.

L’idée que les dieux sont impuissants à agir directement par eux mêmes car ils sont dans une autre dimension de l’espace temps, dans ce fameux « Age d’or » cette idée là est fascinante.

Hésiode raconte qu’il y a 5 âges. L’Age d’or, l’Age d’argent, de bronze, l’Age des héros et enfin l’Age de fer.

Ma première interprétation était que ces âges soient dans une suite, dans une continuité temporelle linéaire Comme l’illustration d’un phénomène d’usure, d’entropie. Du meilleur vers le pire.

Cependant dans cette suite il y a une anomalie. On peut remarquer qu’ils sont nommés par un métal, tous sauf un, l’Age des héros.

Cette anomalie n’a pas cessé d’accaparer mon esprit ces derniers jours. Pourquoi cette interruption soudaine, cet élément étranger dans la suite ?

Comment pourrais-je interpréter ça autrement qu’en y voyant un code, une sorte de message laissé par les anciens.

L’Age des héros qu’a t’il de particulier ? Et bien c’est le seul qui permet vraiment de rejoindre l’Age d’or. Le héros par ses actes héroïques gagne aussitôt le retour aux champs Elyséens.

Et qu’est ce qu’un héros aujourd’hui ? Dans ce que j’imagine être cet Age de fer prédit par le poète.

Il faut s’extraire de la notion raisonnable, de la notion moderne qui croit savoir comme je crois savoir de ce que peut être un héros.

Sortir d’Hollywood, et de toute une littérature aussi.

Revenir aux bases, à l’Illiade et l’Odyssée, à Achille, Hector et Ulysse. A Homère.

Je me suis souvenu de ma fascination enfantine pour L’odyssée. Que d’émotions cette lecture m’aura fait traverser… J’ai ressenti la colère, la rage, l’espoir, la déception, la perte des compagnons, le désir trouble pour Circé, l’amour sage et résigné pour Pénélope au retour à Ithaque… déjà enfant par la seule lecture d’Homère l’essentiel était entré dans mon cœur par le chant du poète et la création de cette merveilleuse histoire dans laquelle les dieux et les hommes sont toujours en relation. Dans laquelle la vie toute entière n’est que cette histoire de relation entre le visible et l’invisible, une histoire qui tient debout, une histoire qui dépasse l’entendement et nous évoque quelque chose d’éternel directement dans le cœur.

Souvent j’ai repensé à cette histoire surtout dans des périodes où comme Ulysse j’étais naufragé et que je devais lutter contre des vents contraires. Elle a été pour moi un modèle pour ne pas sombrer dans le désespoir total définitif. Toutes les ruses D’Ulysse pour parvenir à se tirer d’affaire, à résister et à contrer avec l’aide de divers alliés le grand Zeus m’a donné le schéma de tout ce que peut imaginer la raison, l’intelligence en acceptant justement une alliance avec les daemons et les divinités mineures.

Athéna aide souvent Ulysse, elle ne cesse d’intercéder auprès des autres dieux et même auprès de Zeus pour avoir pitié d’Ulysse. Je l’ai parfois associée à une figure maternelle aimante. Mais elle n’est au bout du compte que cette justesse dont je ne cesse de parler ces derniers temps. Justesse et justice, celle dont nous manquons cruellement aujourd’hui.

Tout est symbole et même ma propre mère confondue soit avec Athéna, ou la justesse par l’insistance suspecte de ses mensonges laissés comme un message codé eux aussi.

Sortir d’Hollywood, sortir de la littérature comme on sort à nouveau du ventre de la société pour respirer à l’air libre en criant un Euréka, un Noel, un Hourra, qu’importe pourvu qu’on puisse expirer tout cet air vicié.

En cherchant la définition du terme d’intrication quantique je suis arrivé sur cette page de wikipédia que je copie colle ici en laissant en place tous les liens.

En mécanique quantique, l’intrication quantique, ou enchevêtrement quantique, est un phénomène dans lequel deux particules (ou groupes de particules) forment un système lié, et présentent des états quantiques dépendant l’un de l’autre quelle que soit la distance qui les sépare. Un tel état est dit « intriqué » ou « enchevêtré », parce qu’il existe des corrélations entre les propriétés physiques observées de ces particules distinctes : cet état semble contredire le principe de localité. Ainsi, deux objets intriqués O1 et O2 ne sont pas indépendants même séparés par une grande distance, et il faut considérer {O1+O2} comme un système unique.

Cette observation est au cœur des discussions philosophiques sur l’interprétation de la mécanique quantique. Elle est, en effet, contraire au principe de réalisme local défini par Albert Einstein.

L’intrication quantique a des applications potentielles dans les domaines de l’information quantique, tels que la cryptographie quantique, la téléportation quantique ou l’ordinateur quantique.

Ce que j’en comprends c’est que tout est liée par un réseau invisible dans l’espace et le temps. Que la moindre influence sur la moindre partie de ce réseau est enregistrée dans l’ensemble de ce réseau au même moment et partout en même temps.

Peut-être suis je un peu fou mais je vois dans cet énoncé une mythologie moderne tout aussi valable que la mythologie grecque. elle est simplement repeinte si je peux dire avec des concepts à la mode.

Cependant qu’on parle bien toujours de la même chose n’est ce pas… on parle toujours de cette interaction entre le visible et l’invisible, on parle de simultanéité, de synchronicité… comme autrefois on nommait les daemons ni plus ni moins. Les mots ainsi peuvent changer mais pas vraiment les idées.