Résister

L'histoire le prouve, la résistance est l'apanage d'un petit nombre. Céder à la peur, voir à la panique est plus usuel. C'est pour cela que la panique tue bien plus que le danger lui-même. Il suffit d'une émeute, dans la rue, un cinéma pour comprendre ce phénomène. Le chacun pour soi est alors l'unique comportement que la plupart d'entre nous sont prêts à adopter immédiatement.

Il n'est évidemment pas question de juger cet état de fait par l'attribution de bons ou mauvais points. C'est une simple observation, qui entraine immédiatement cette question: En quelle occasion as tu été capable d'opposer une résistance ?

Si l'on revient à l'idée qu'une résistance dans le domaine électrique est de s'opposer à la circulation du courant et que l'on calcule l'intensité de cette résistance en "ohms" c'est assez amusant.

"Om mane padme um" une phrase tibétaine qui par l'homonymie du terme "om" rejoint à peu de chose près celui utilisé par les électriciens.

Selon le bouddhisme tibétain, le fait de réciter le mantra de Chenrezig Om Mani Padme Hum, à voix haute ou intérieurement, est une invocation à l’attention bienveillante et puissante de Chenrezig, l’expression de la compassion du Bouddha. Le fait de voir le mantra écrit peut avoir le même effet, c’est pour cela qu’on le retrouve à des endroits bien visibles, voir même gravé dans la pierre. Il peut également être invoqué à l’aide de moulins à prières sur lesquels le mantra est inscrit, parfois des milliers de fois. Il existe différents formats de moulins à prières : il y a ceux que l’on peut transporter avec soi et faire tourner d’une seule main, et il y en a d’autres qui sont si grands et si lourds qu’il faut plusieurs personnes pour les faire tourner. Selon les moines bouddhistes tibétains, le mantra Om Mani Padme Hum (Hung) réunit à lui seul l’ensemble des enseignements du Bouddha.  Nous allons maintenant voir pas à pas le pouvoir de ce mantra de façon plus « technique ».

Chaque syllabe permet de fermer une porte de la réincarnation :

  • OM : Ferme la porte du monde des Devas (dieux).
  • MA : Ferme la porte du monde des asuras (demi-dieux).
  • NI : Ferme la porte du monde des humains.
  • PAD : Ferme la porte du monde des animaux.
  • ME : Ferme la porte du monde des pretas (« esprits avides »).

( extrait d'un article du site https://tierrazen.com/fr/blog/que-signifie-om-mani-padme-hum)

Ce mantra impose la fermeture de l'esprit face au flux permanent des pensées, des envies ce qui sans doute est une traduction incomplète. Il ne s'agit pas tant d'obstruer quoique ce soit dans l'acte de résistance sinon l'énergie qui découlerait de cette opposition radicale ne tarderait pas à griller l'ensemble du mécanisme.

C'est ce qui se produit lorsqu'on n'utilise pas le bon ampérage dans un circuit. Lorsque l'on branche des radiateurs sur des fils inadaptés. Une notion de section c'est à dire une adaptation de la résistance à la source se calcule.

Résister à tout n'est pas la même chose que de résister ponctuellement. Une énergie trop importante serait perdue en vain.

Que signifie alors résister dans le monde actuel ?

La réflexion en peinture

Est-il nécessaire de réfléchir pour peindre ? C'est une question qui me préoccupe depuis longtemps et je désire faire le point sur le sujet aujourd'hui. Pour résumer il y a deux écoles actuellement. Les uns parlent d'abandonner le mental, la pensée et ainsi de pénétrer dans une peinture intuitive sans se préoccuper particulièrement d'un sujet. Les autres semblent partisans d'un processus, d'une démarche à effectuer en amont de tout geste pictural. Choisir un thème, le développer que ce soit la réalisation de visages, de natures mortes, de paysages par exemple. De mon coté en tant que professeur je ne peux privilégier aucune de ces deux écoles. Elles sont toutes deux intéressantes par ce qu'elles apporteraient aux élèves.

La première impression

Tu entres dans une pièce où se trouvent des personnes et là tu reçois un paquet de messages en vrac dont tu ne sais pas toujours quoi faire. En général tu n'en tiens pas compte parce que tu te dis que tu ne connais personne, ou bien que tu n'est peut-être pas très en forme, ou encore que ton objectif est de faire connaissance pour une raison lambda et que tu ne vas pas t'embarrasser d'une première impression, celle ci étant sujette à se modifier avec le temps et source de malentendus.

Pourtant la première impression comme le dit l'adage populaire est souvent la bonne. Mais comme il est dit qu'il ne faut pas se fier aux apparences, cette seconde assertion court circuite la première et au bout du compte tu navigues à l'estime entre l'intuition et la raison.

Qu'est ce qui fait que l'on rejette cette fameuse "première impression" la plupart du temps ? Sans doute un manque de confiance en soi. Peut-être qu' un certain nombre d'échecs l'aura rendue peu fiable, voire caduque.

La question qui me vient tout de suite dans ce cas c'est : est ce que c'est cette première impression qui est saugrenue ou bien ta façon d'en faire quoi que ce soit.

La loi de l’attraction en peinture

Toute cette histoire commencerait ainsi, sur une base évangélique. Dans le genre "frappez et on vous ouvrira"... où encore "demandez et vous recevrez..." Tu vois le principe," il suffit de " avec une condition implicite. Cependant de cette condition, il n'est jamais vraiment fait cas. Toute la confusion et l'embrouille ne provient sans doute que de ce malentendu. Ce n'est pas l'action de frapper à une porte ni de demander ce que l'on désire le problème, c'est pourquoi tu effectuerais ces actions.

A la mode aujourd'hui tu trouveras des piles de bouquins sur la fameuse "loi de l'attraction". J'en ai lu un paquet par curiosité et dans des domaines éclectiques pour comprendre le point commun qui pouvait réunir le bisenesse, l'argent, la gloire, l'amour et Dieu, en gros les seuls sujets dignes d'intérêt pour un être humain normalement constitué.

Le point commun est une insatisfaction chronique d'une situation dans laquelle on s'imagine se trouver et le désir d'en finir en croyant à un temps linéaire et donc à un futur qui se situerait entre tout à l'heure et un certain nombre de jours, de mois, d'années, voir de vies.

Ce qui est effarant c'est la condition. Si je fais ceci j'obtiendrai cela. Un flic de plus dans ta tête qui ne cesse de surveiller tes pensées et tes dires ... Pensée positive et j'en passe.

Je considère que tout cela ne vaut pas un pet de lapin. La carotte et le bâton n'ont jamais eu d'autre effet sur moi que de provoquer une agitation vaine de mes cellules épithéliales.

Admirer

Après un long parcours très tôt ce matin sur le fil d'actualité d'Instagram je me suis demandé ce qui m'entrainait à "liker" tel ou tel post. Était ce de l'admiration ? Une affinité avec ce que j'aime ? La surprise ? l'étonnement ? Aussi il m'a semblé pertinent de revenir à la définition de ce verbe. Toujours dans le même besoin de mesurer l'écart que creusent les mots communs en chacun de nous.

Je n'aime guère ce verbe en général car il me subordonne à un objet. Admirer quelque chose ou admirer quelqu'un m'est difficile car je ne peux m'y lier totalement jamais. Mon obsession de liberté et d'indépendance m'en empêche. J'apprécie, j'aime, mais ce n'est plus avec passion comme autrefois dans une relation fusionnelle qui me ferait m'évanouir dans celle-ci.

J'ai perdu ma ferveur avec le temps.

Il y a aussi la crainte plus ou moins confuse de n'apercevoir dans le sujet d'une éventuelle admiration que ce qui m'arrangerait. C'est à dire je ne serais capable de n'admirer qu'un reflet de moi-même et qui me ferait rejoindre la pulsion grégaire par ce biais.

Si je veux pousser plus loin encore le cheminement vers cette idée d'admirer il faut bien que je me pose la question: Est-ce que je m'admire ou bien est ce que j'admire certaines qualités en moi ? Le constat est négatif et je me demande si cette mise à l'écart que j'éprouve perpétuellement avec le monde et ses sujets, ses objets n'est pas directement liée à cette carence.

Le jugement et la condamnation

L'être humain, c'est une évidence ne peut se passer de juger. Il juge son prochain et se juge soi-même sans relâche. Que ce soit en bien ou en mal peu importe. Il faut donc considérer que c'est un de ses attributs au même titre que l'est sa parole, le fait de se tenir debout ainsi que sa difficulté chronique à développer une pensée personnelle.

Juger est une occupation qui occupe une bonne partie de nos pensées et de nos dires. Cependant une confusion semble s'opérer entre juger et condamner.

Il est possible de juger, de prendre conscience de ce jugement et pour autant ne pas le confondre avec un verdict, une condamnation celle ci n'étant toujours qu'une conséquence.

Nous ne pouvons échapper à l'idée de séparation comme à la dualité. C'est pourquoi tout au fond de chacun de nous les idées de bien et de mal ne cessent de se disputer la primeur de notre humeur.

Vouloir s'extraire de cette dualité est une erreur qui provoque cette confusion entre jugement et condamnation.

Plus de moins

Dans le brouillard encore persistant de ce matin de septembre, un faisceau d'une luminosité pâle, un fanal. La conjonction de vibrations autour d'une même fréquence comme si quelque chose tournait le bouton des stations d'un poste à galène. Quelque chose qui ne serait pas ce petit personnage qui se met à table tous les matins pour obéir à l'injonction des mots et des pensées. Obéir pour s'en débarrasser, pour se désencombrer, pour laisser place à ce quelque chose d'autre, de plus vaste. Un silence plus vaste.

Le silence croît sous les pensées et les mots ainsi posés.

Saint Ignace de Loyola, Georges Bataille, Maître Ekhart et Tchouang Tseu confondus dans un même silence, une sorte de "taverne de la ruine" avec juste à côté de la lanterne rouge de son fronton une enseigne qui clignote : "Plus de moins"

Rythmes

Ce matin une phrase du Poète d'Octavio Paz m'aide au réveil.

"Le rythme n'est pas une mesure, c'est une vision du monde.".

Ce qui me ramène à la notion de planning. Insupportable généralement.

Ce temps commun qui réunit les personnes à des dates particulières où bien qui nous dicte plus ou moins les échéances de notre vie, les étapes aux buts que nous nous fixons, à ceux imposés par d'autres sur lesquels nous n'avons que peu de contrôle.

C'est la version désagréable du rythme que je retrouve là depuis l'enfance. Désagréable car peu compréhensible tant chaque instant est le signe du singulier autant que de l'impossibilité autrement qu'artificielle de sa répétition.

Se répéter procure un ennui, une fatigue qui généralement me mène en droite ligne vers la dépression.

Et pourtant je n'échappe pas au rythme général. Je le subis plus que tout autre chose. Par ignorance la plupart du temps et aussi par mésestime de moi-même comme de l'autre en moi.

Mésestime et ignorance vont bien de paire. Il faut attendre parfois longtemps avant d'en prendre conscience.

Penser et peindre

Penser c’est placer une distance entre un événement et soi, créer une séparation et une sorte de trou noir qui ne cesse plus de se nourrir de sa périphérie jusqu’à devenir démesuré. Un mouvement circulaire qui s’effondre au final sur lui-même comme une défaite. Toute l’eau d’un évier disparue par la bonde dans le siphon... Lire la Suite →

Tout ça pour ça

"Tout ça pour ça" c'est comprendre instantanément que les efforts sont vains et s'y accrocher toutefois en oubliant qu'ils ne sont qu’hypothèse dans le cadre d'un but qu'en amont on se sera fixé pour atteindre un autre but dans un jeu de piste.

Ce jeu de piste en art, en peinture est souvent un jeu de l'oie où l'on croit avancer de 2 cases pour reculer de 4 ensuite. Cela énerve au début de retomber sur le doute et la mésestime de soi mais il semble que ce soit néanmoins un parcours presque obligé à proportion de l'orgueil qui pousse vers la stratosphère la capsule de l'artiste. On prend un paquet de jets dans la gueule, ça nous déforme les joues et on croit être transformé en guimauve toute ossature ayant disparue, médusé on reste ainsi en suspens.... la ligne centrale convexe avant de revenir à sa position horizontale.

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