L’entrepreneur et l’artiste.

Certains parviennent à monter leur entreprise sans difficulté, comme d'autres à peindre des tableaux avec une aisance et une facilité qui décourageraient les plus persévérants, les plus besogneux.

Le fait que le succès attire le succès n'est plus à remettre en question. Comme l'échec attire l'échec non plus.

Pour celle ou celui qui réussit les frontières du possible s'ouvrent sur l'horizon alors qu'elles se referment peu à peu sur celle ou celui qui rate tout invariablement.

La confiance en soi et le doute permanent finissent par définir à gros traits l'identité des entrepreneurs et des artistes ainsi classés sommairement.

Voilà l'énoncé, l'hypothèse la plus souvent donnée, la réussite est liée à la réussite et l'échec à l'échec par la dose de confiance que l'entrepreneur ou l'artiste s'accorde à lui-même avant tout.

Mais que signifie avoir confiance en soi véritablement en tant qu'entrepreneur ou artiste.

De l'extérieur on ne voit que la photographie d'un moment du parcours, celle qui s'affiche en première page des magazines, des journaux, à l'affiche. Cette image semble être le but, la finalité et pourrait être traduite par les mots notoriété, reconnaissance, succès à l'emporte pièce.

Cette photographie n'est cependant que ce qu'elle est : un instantané.

Honnêtement on ne bâti pas une entreprise ou une carrière d'artiste pour se satisfaire si réussie soient elles, d'un cliché pris au 60 -ème de seconde, objectivement.

C'est dans la partie invisible qu'il faudrait aller pour comprendre à quel point la vie, les motivations profondes d'un entrepreneur peuvent ressembler à celle d'un artiste.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, je ne pense pas que ce soit l'argent la motivation principale d'un entrepreneur authentique.

Importance des impasses.

Tandis que la plupart des aoûtiens s’apprêtent à affronter des kilomètres de bouchons dans un sens, alors que dans l'autre les juillettistes rentrent au bercail, je me pose la question encore une fois de l'importance des chemins de traverse, des bonnes et mauvaises pistes et comme toujours quand il y a trop de choix je vois se dresser une jolie impasse.

Qu'à cela ne tienne, voyons voir ce que l'impasse aurait à m'apprendre encore que je ne sache pas déjà. Il est possible qu'il faille me rabâcher de nombreuses fois les choses et que je me les rabâches moi aussi avant de tomber sur cette minuscule anomalie, cette singularité qui, tout à coup transforme les citrouilles en carrosse, les paillassons en tapis volant.

A nouveau je reprends la masse d'informations que j'ai recueillies ces derniers jours sur mon ami Thierry Lambert et sur sa modification de trajectoire. Celle ci m’intéresse car il me semble qu'elle ressemble à ce que vivent bon nombre d'artistes et pas des moindre. Je ne peux m’empêcher de penser à Picasso qui s'écarte de la peinture dite classique pour s'engouffrer dans le cubisme ( grâce en bonne partie à Georges Braque soyons juste) .

Enfermé dans la tête.

Ce confinement que nous traversons tous et ce de manière mondiale désormais est une métaphore prodigieuse.Si ce petit virus de rien du tout provient effectivement d'une chauve-souris qui, la plupart du temps est aveugle et se déplace au radar, si l'on veut bien aussi se souvenir de l'allégorie de la caverne de Platon, on peut toujours trouver des liens entre toutes ces choses.Nous sommes essentiellement constitués de cette nécessité d'établir des liens entre les choses, notre intelligence s'est construite au cours des milliers d'années de cette façons, nous n'y pouvons pas grand chose, disons que c'est le destin, la fatalité ou ce que tu voudras finalement car cela n'a pas vraiment d'importance.

La ligne claire

Entre la ligne confuse, la ligne qui apparaît comme par mégarde, la ligne épaisse qui cerne tel un plomb la couleur, la ligne protéiforme presque invisible et qui s'accentue pour indiquer une ombre puis s'évanouit à nouveau aux abords de la lumière, il y a entre toutes ces lignes plus ou moins poilues, comme retranchées dans la peinture, la découverte, ou plutôt la redécouverte de la "ligne claire". C'est une expression que j'emprunte à l'un de mes amis Facebook, Michel Cadière, formidable artiste dont je vous invite à explorer les travaux.

Le dessin et la peur.

Je regarde la main qui transmet au crayon son hésitation, son trouble, sa peur et sur la feuille blanche le dessin qui surgit.

Comment décrire ce que je ressens à la vue de tous les tremblements de la ligne, de son aspect "poilu", et pourquoi devrais je annoncer soudain une défaite alors que ce je constate est une victoire ?

Rester là.

Rester devant la feuille à dessiner, fermer les écoutilles, ignorer le bruit du monde tout autour, exilé du brouhaha des réseaux sociaux, des foules allant par les rues les routes les chemins vers leurs emplois du temps respectifs dans une commune perte de temps aussi il se pourrait.

Paradoxe

Hier j'ai voulu tenter cette expérience de partir ainsi au hasard des traits, des lignes, avec mon crayon comme objet de concentration. Sans justement vouloir établir de processus compliqué, en partant juste de la contrainte du trait de la hachure plus ou moins épais, plus ou moins resserrée ou écartée.

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