La nature

Le mot « dénaturé » correspond assez bien à ce que j’éprouve ce matin en me promenant sur l’île. Depuis le 19 ème siècle cette guerre contre la nature et cette quête perpétuelle de profits a dénaturé non seulement la planète mais aussi ce que nous sommes.

Nous ne sommes pas étrangers à la nature. Nous faisons partie intégrante de celle-ci. A ce titre elle peut nous expulser aussi facilement qu’une larme, ou n’importe quelle autre humeur. Nous ne gagnerons pas contre elle, ce combat né de je ne sais quelle peur est inutile.

La terre n’a pas besoin de notre espèce, nous sommes ses invités et elle peut à tout moment nous demander de prendre congés.

Ce n’est pas une nostalgie du « bon sauvage » qui m’inspire, non, plutôt celle d’un futur que nous avons décidé de mépriser par esprit de domination, de pouvoir, et, mettant tout en action vers ces buts, hypnotisés par ceux-ci nous passons à côté du bourgeon, de l’asphodèle et du lilas.

Il y a tant de joie à entendre et sentir le cœur battre à l’unisson de tout ce qui vit. La méchanceté comme l’ignorance vont de paire, sorte de bouchon de cérumen que l’indolence laisse s’épaissir.