L’art et le sexe

Credit image humour Quebec

Il arrive un moment ou l’art et le sexe finissent par se rejoindre dans le naufrage des mythologies de ce monde en mutation perpétuelle. Cette hébétude devant un tableau ,une femme, un homme nus n’est qu’un écho résiduel de toute un héritage culturel devenu obsolète.

Grace à Ikea et à Youporn l’hébétude s’est transmutée en acte de consommation. Puisque de toutes manières la seule réaction que l’on attend d’un consommateur est bien celui de consommer.

Donc il faudrait sans doute se diriger vers un art nouveau, que l’on distribuerait en pharmacie juste à coté des préservatifs. Pour un prix modique une jolie boite d’images qu’on avalerait pour se requinquer l’émotion disjointe, se remettre le désir et l’envie d’acheter au garde à vous , en un mot un art consommable, bon marché, et thérapeutique.

Las des musées dans lesquels on ne trouve plus que des vieilleries incompréhensibles pour les foules, las des salons et autres galeries et manifestations artistiques égotiques, dans lesquels chaque artiste, endosse le rôle suicidaire du spermatozoïde qui n’atteindra jamais l’ovule. L’important du temps de Pierre de Coubertin était la participation, désormais il se pourrait que ce soit juste la consommation.

Temps béni des nouveaux laboratoires de tout acabit qui vont bientôt nous pondre le vaccin miraculeux, celui qui nous immunise enfin contre cette affreuse version romantique et romanesque de l’art et de ses artistes.

Ce faisant nous serons alors plus libres pour cracher sur les œuvres qui ne répondent pas à nos critères de consommateurs plutôt qu’à demeurer merdeux et timides en se tordant les doigts de gène, paralysés par une soi disant ignorance face aux œuvres contemporaines. A quand l’audimat des artistes sur les plateformes de vente en ligne … oups ça existe déjà , ça s’appelle coup de cœur, et favoris.

Comme Youporn, les plateformes de vente en ligne sont là désormais et c’est le même principe qui nous fait scroller durant de longues heures à chercher la peinture ou la sculpture qui nous fait vraiment bander et pour laquelle on entrera son numéro de carte bleue.

Il restera cependant comme une amertume chez les plus sensibles, car l’éjaculation ne règle pas plus que l’acte d’achat les méandres obscurs de nos désirs insatiables.