Le désordre

presque rien 4 peinture acrylique sur papier 20x20 cm

Lorsque est évoquée la notion de désordre c’est toujours en relation avec celle d’un ordre. Notre attention se porte alors sur cette dernière mais nous ne réfléchissons pas beaucoup à la première.

Fuir le désordre est une sorte de mot d’ordre. Cela commence très tôt en général par le rangement de la chambre, du casier, des divers placards et étagères, de la maison en général puis de notre tête si possible en établissant des plans, des emplois du temps, des listes de tâches que l’on appelle désormais des « to do list » comme si l’anglicisation permettait de faire pénétrer le concept encore plus aisément dans nos cervelles.

Mais du désordre il est seulement dit qu’il n’est pas le bon ordre, celui que les gens attendent de nous.

Cependant dans la vie les choses ont plus de chance de se mettre en désordre qu’en ordre.

Lutter contre cet état de fait c’est rejeter d’emblée cette loi de l’univers sans bien chercher à examiner ce qu’elle contient de potentialités créatrices.

Dans les métalogues de Grégory Bateson la mère et la fille ne sont pas d’accord sur la notion d’ordre, à propos du rangement de la chambre de l’enfant.

Il y a une injonction à l’ordre mais il est rare que l’on explique son pourquoi.

Dans ce manque de définition l’imagination prend le relais ce qui provoque un désordre au sein même de la notion d’ordre. Chacun de nous imagine un ordre à l’intérieur de ce mot d’ordre. Ce qui annule au final les raisons pour lesquelles l’ordre est constitué à l’origine.

Si jadis une théologie fondait collectivement la raison d’un ordre aujourd’hui l’ordre cherche de nouveaux appuis.

La mécanique quantique propose déjà un nouveau paradigme que seule une poignée de personnes peut encore appréhender vaguement.

Nous sommes entre deux paradigmes celui d’un ordre platonicien, et d’un autre qu’on pourrait appeler Bergsonien qui inclut désormais les théories sur le chaos et sur le hasard à la notion de « rangement ».

Tant que le rapport de l’homme au hasard, à l’ordre et au désordre restera anthropomorphique , et comment pourrait il en être autrement ? ordre et désordre s’engendreront constamment comme c’est le cas depuis la nuit des temps.

Un ordre fondé sur l’aléatoire, en tenant compte du fait que le réel est bien plus vaste que ce que notre imagination peut rêver reste à inventer. Ce faisant plus nous en seront conscients plus notre imaginaire sortira des limites des mythes et plus le réel sera extraordinaire.