Les rêves gris

Parfois les rêves sont gris et au réveil laissent au cœur et à l’esprit une sale petite impression de message mal fagoté. Ils ne présagent guère une bonne journée à venir, car comme si l’on continuait dans le même état d’esprit le jour , on s’empêtre dans tout, on est maussade, et mou.

Ce sont pourtant des rêves habituels, comme une sève diurne distillée par tous les petits tracas, les frustrations en tout genre, les espoirs déçus, les rendez vous ratés.

L’étonnant alors vient de la couleur parfois qui dans un rêve rare surgit brutalement, comme si les divinités du sommeil voulaient que nous sachions que le gris n’est pas fatal, qu’il peut exister autre chose… et puis au réveil ce sentiment de perte irrémédiable, ce désir de s’endormir à nouveau, en vain, on ne peut pas forcer les rêves mais seulement les suivre tels qu’ils apparaissent, gris ou lumineux et comprendre par leurs rythmes une sorte de musicalité étrange à laquelle nos humeurs semblent liées.

Sans doute en saurons nous un jour un peu plus sur la mécanique des humeurs comme des fluides et des gaz, et apprendrons nous la relation intime que celles ci entretiennent avec les rêves.