Une idée de génie

Judith déjeune encore seule et ça l'agace. Egmond ne descend plus. Il reste vissé sur son fauteuil là haut à l'étage. Depuis quelques semaines, des mois peut-être il s'est mis en tête de devenir écrivain. Il se lève aux aurores et tape comme un forcené sur le clavier de son ordinateur. Judith au début l'appelait pour qu'ils passent ce petit moment privilégié ensemble, en vain. Elle l’appelle encore plusieurs fois mais désormais c'est une sorte d'habitude entre eux qui s'est installée, Egmond tarde à descendre. Elle a du mal à en prendre son parti, car boire son café du matin seule la rend triste

Présentez-vous

Ces deux mots je les ai toujours redoutés. Non pas que je ne sache parler de moi cela je sais très bien le faire, mais cette forme d'injonction associée à l'instant présent, dans l'instant présent, m'a toujours profondément ébranlée. C'est qu'on vous demande en deux mots de bien d'être là, de l'être vraiment , devant... Lire la Suite →

Le mensonge de Macha


Macha Linderstrom s'était mariée deux fois et s’était promise de ne plus jamais recommencer comme lorsque on se brule la main en saisissant sans réfléchir la queue d’une poêle trop chaude, elle prenait désormais un nombre minimum de précautions avec les hommes qu’elle rencontrait. Tout à fait comme on prend un gant pour sortir un plat du four.
Cramée de l’intérieur s’était ce qu’elle avait l’habitude de penser lorsqu’elle se rappelait la petite fille qu’elle avait été. Et si elle songeait à cette petite fille c’est que le cadavre allongé devant elle correspondait assez bien pensait elle à ce qui lui était arrivé.
En professionnelle qu’elle était elle se concentrait sur les différentes plaies qui ponctuait le corps de l’enfant comme on examine des fissures dans un mur pour comprendre leur origine.
L’assassin semblait avoir agit en deux phases , une très méthodique en découpant la chair à l’aide d’un outil excrément tranchant et précis tel un scalpel puis s’était littéralement défoulé en zébrant les chairs de coups, elle l’espérait, post mortel.

Elle entra toutes les informations au fur et à mesure dans un enregistreur MP3 puis une fois son ouvrage achevé elle alla se laver les mains et se rendit à son bureau où elle se dévêtit de sa blouse blanche, la plaça dans un panier prévu à cet effet et enfin elle sortit un petit miroir de son sac à main pour s’arranger un peu.

D’origine juive et suédoise son visage lui renvoyait dans le refet ses origines pensa t’elle par la pétulance de son regard sombre et la blondeur encore vivace de sa chevelure. A 55 ans elle était fière de n’avoir encore que de très rares cheveux blancs.
Elle leva le bras pour que le reflet lui renvoie une vision plus complète d’elle meme et nonobstant la déformation probablement due à la perspective plongeante elle se dit qu'elle était encore du bon coté de cette frontière qui sépare la maturité épanouie de la vieille peau qui veut encore se la jouer.
Puis elle ne fut pas surprise de repenser à l’inspecteur Blanchard et particulièrement à ses tempes grisonnantes et à la lèvre supérieure de celui ci qui lorsqu’il parlait provoquait à la fois une légère répulsion comme une attirance physque qu’elle n’avait pas oubliée. Elle pensait à Elvis Presley et leurs deux bouches semblaient se confondre puis s’ajuster parfaitement comme dans le viseur de son vieux LEiCA M42. MAcha était passionnée de photographie noir et blanc et lorsqu’elle avait un peu de temps elle s’enfermait encore des heures la nuit dans sa chambre noire qu’elle s’était installée dans la nouvelle maison qu’elle venait d’acquérir À Chazemais. Pour le moment elle rentrait le soir dans son appartement de Clermont et ne profitait de la campagne que les week end à condition que l’on ne l’appelle pas pour un nouveau meurtre.
Cela valait le coup pensait elle de faire autant de kilomètres pour passer un week end en dehors de tout ça, comme une nouvelle vie qui commençait pour elle.
A un moment elle éprouva une nostalgie qui la surpris , celle d’une époque ou Blanchard et elle étaient amants.
Elle aurait aimé se rendre à la maison de Chazemais avec lui et elle en était là lorsque soudain elle se reprit, éteignit la lumière du bureau et rejoignit la sortie du bâtiment de l’IML.
Quelques minutes après elle avait remplacé ses pensées bucoliques dans lesquelles Blanchard détonnait par l’évaluation du contenu de son réfrigérateur et se senti soulagé de se rappeler qu’elle l’avait rempli la veille.
En se garant dans un créneau parfait une image surgit soudain qui lui fit monter les larmes aux yeux.
Celle d’une petite fille qui demandait de ses yeux vides silencieusement « pourquoi ? »

Le cercle restreint des préoccupations.(suite)

Elise Johnson consulta une fois de plus ses mails, c’était au moins la dixième fois en un quart d’heure, lorsqu’enfin la notification qu’elle attendait lui parvint. Elle expira lentement avec soulagement la fumée de son vapoteur ce qui créa- nota t’elle -un joli petit nuage de fumée bleutée à l’odeur de cerise. Elle avait enfin obtenu l’aval de son rédacteur en chef pour se lancer dans cet article qu’elle lui avait proposé la veille au alentours de 23h avec la notification URGENT IMPORTANT dans le sujet du mail. Elle n’avait que très peu dormi la nuit sursautant à chaque bip de son smartphone et pour finir s’était même relevée pour le recharger loin d’elle, à une des prises de la kitchenette rutilante qu’elle venait tout juste de faire rénover. Après une nuit agitée elle s’était aussitôt rendue en face de la Harald Loyd Research, la HLR où un loufiat peu sympathique était en train d’arroser les sapins miteux cernant une terrasse déserte. Elle commanda un jus d’orange pressée, un double expresso et quelques viennoiseries pour accompagner le tout. Il y avait longtemps qu’elle avait tiré un trait sur son fantasme de taille de guêpe.

Comment trouver son chemin dans le labyrinthe, sans s’arracher les cheveux, et devenir pote avec le minotaure.

Tout ce temps passé à fixer l'écran bleuté de nos écrans dans des quêtes à géométrie variable me fait évidemment penser au célèbre mythe du labyrinthe.

Dans quel but ?

Il se pourrait que l'intention première se dissolve assez rapidement, soumise à l'irrémédiable corrosion qu'apporte la distraction.

L’ambition pour un artiste ? d’accord, mais pourquoi ?

Dans ce monde d'argent et d'apparences l'ambition est souvent considérée comme un signe de dangerosité. Si tu es ambitieux, tu es prêt à marcher sur tout le monde pour parvenir à tes buts qui seront de t'enrichir encore plus, obtenir encore plus de pouvoir, ou plus de reconnaissance, tout ce qui te permettra de te démarquer de la plèbe surtout si tu en es issu car cela t’octroiera une magnifique revanche sur la vie. En cela l'ambition est le moteur qui te fera passer d'un état donné à un autre plus satisfaisant, du moins c'est ce que tout le monde ou à peu près croit. La façon dont on juge les ambitieux est fondée la plupart du temps sur un mélange d'admiration et de répugnance. Admiration parce que tu ne te perçois pas capable d'affronter tes peurs comme l'ambitieux semble pouvoir aisément les surmonter et répugnance parce que tu imagines que l'ambitieux est sans scrupule, et qu'il est prêt à tout pour parvenir à ses fins. C'est vrai que ce genre de personnes existe, j'en ai d'ailleurs rencontré plusieurs dans ma vie, mais dans le fond ils ne m'ont jamais inspiré véritablement autre chose que de la compassion car à mon avis leur ambition n'était basée que sur un problème d'estime de soi, sur leur petite personne, ils n'avaient pas d'ambition noble pour la collectivité.

Masturbation et peinture

Admettons que la peinture ne soit qu'une nouvelle façon de pratiquer la masturbation. Alors j'aurais de surcroît sombré dans l'exhibitionnisme et d'une certaine façon dépassé la honte originelle. Cela ne m'emmenera certainement pas au musée, c'est entendu. Cependant j'estime que le gain supplémentaire de liberté vaut bien tous les renoncements.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :