Sans titre

Travail d’élève sur la matière.

De quoi a-t’on peur vraiment sinon de perdre quelque chose que l’on considère important. Et si on se demande soudain ce qui est important vraiment, à part vivre, pas grand chose ne se place sur le même plan. Les gens qui disent: « je ne pourrais pas vivre sans une telle un tel, sans ceci ou cela » — ne l’ont pas expérimenté sinon ils ne seraient plus là pour en parler. Ils ne perdraient pas de temps à parler pour ne rien dire. Toujours s’ attendre à ce que tout disparaisse. Le conserver dans un coin de la tête et, en attendant, faire comme on peut pour sourire comme un idiot à toutes les promesses entendues. Rester ainsi « sociable » Ce que l’on possède ou ne possède pas. Mais a-t’on jamais possédé quoique ce soit ou qui que soit. C’est dans les rêves du matin que je peux le mieux voir toute l’illusion d’une vie. Quelques lueurs passent dans la pénombre, vaguement identifiables comme personnes, mais le plus souvent ce sont plus des caractères que des âmes. Et ces caractères ne sont constitués que de leurs non-dits en tant que personnes approchées. La durée de la vie si illusoire aussi dans ces moments étranges où il est possible enfin de percevoir tout ce qui se dissimule sous l’agitation. Chercher la sécurité autant que la détester. Paradoxe qui se résoudra aussi contre toute attente dans ces rêves du matin quand on saisit que l’on n’a pas besoin de ce mot. Une grande douceur, tendresse ? Et qui nous enlace du seul fait de la comprendre. Une sensation de douceur et de tendresse qui vaut tous les discours. Je prononce le mot mort avec un o fermé alors que j’entends certains qui insistent sur cette voyelle, la dramatise. Il y a mort et mort selon l’imagination qu’il nous conviendra d’en broder. S’écouter parler. Air connu. Mais plus encore s’écouter parler de la mort. Des fenêtres s’ouvrent, le froid et l’air frais qui s’engouffrent dans la pièce presque vide. Pas de Maitre pas d’élèves juste des êtres qui dorment plus ou moins profondément.

blockchain

Esprit végétal huile sur toile format 40x40 Année de réalisation 2018
Esprit végétal Huile sur toile format 40x40cm Patrick Blanchon

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Ce qui est remis en question dans la création des diverses blockchain c’est le paradigme de  l’autorité de contrôle qui décide ou pas de valider une information. C’est un pouvoir centralisé qui se dissémine, se distribue à tous les utilisateurs de la blockchain, chacun se posant comme garant de la validité d’une information, la certifiant et donc créant de la confiance dans le cadre de cette chaîne. Appliquez ça à la finance si vous voulez, et vous comprendrez mieux ce qu’est le bitcoin par exemple, cette monnaie internet qui n’est gérée par aucune autorité centralisatrice mais par tous les « propriétaires de porte monnaies virtuels « en même temps pour résumer. L’idée que je retiendrais de cela ce n’est pas celle d’ une catastrophe financière possible, elle est déjà certaine. Mais la naissance d’un nouveau paradigme qui peut soit améliorer notablement nos sociétés humaines soit le détruire complètement. Entendez par détruire, la propension maladive que l’humain possède en lui de vouloir toujours plus avec moins d’effort. Cette propension a pourtant du bon car elle permet à certains plus malins que d’autres de trouver des solutions pour accélérer cette dérive congénitale. De façons tout à fait inconsciente comme les scientifiques qui ont inventé la bombe H les petits génies du code informatique ne savent pas ce qu’ils font et c’est ma foi tant mieux, ceci entre dans l’ordre des choses. Cet ordre des choses c’est celui de la nature.  Depuis mon enfance je me pose la question de savoir si une mobylette crée par l’homme est un objet aussi naturel qu’une boulette d’excréments produite par un bousier, qu’une maçonnerie complexe produite par un groupe de  termites, et bien d’autres artefacts communément appelés « naturels ». Cet arrogance extraordinaire ou pathétique- mais naturelle- que possède l’homme à considérer qu’il est le seul créateur sur la planète après m’avoir longtemps agacé me devient désormais indifférente ou provoque les meilleurs jours, un mince sourire sur mes lèvres gercées. Mais revenons à l’idée de chaîne, d’informations distribuées par l’ensemble d’un groupe qui les valide sans autorité centrale et regardons la nature.. elle ne produit que cela. Peu à peu on découvre des interactions entre les choses qu’on n’avait plus pensé depuis des centaines d’années peut-être même des centaines de milliers d’années. La forêt récemment nous livre de plus en plus de secrets sur les interactions de tous ses membres dans une simultanéité d’intentions- qui rappelle la magie de notre enfance, celle en laquelle nous étions prêts à croire sans argument, sans démonstration, d’une façon spontanée. Concernant les propriétés cryptographiques elle est évidente dans le sens ou chaque espèce, chaque essence, est sur une fréquence particulière. Et que nous autres humains ne sommes pas en mesure de comprendre dans une totalité. A la fois de dépendance comme de conséquences Comme une clef à multiples caractères nous nous retrouvons bras ballants à considérer le code de la nature et nous tentons encore de le balbutier comme des enfants. Chaque itération  valide la confiance de tous par la mise à jour régulière de registres, chaque nouvelle opération impacte un effet sur la base de données simultanément accessible à tous. Une confiance qui se duplique ainsi à l’infini et pourrait agir sur l’écologie entière d’un système. Cette chaîne de blocs je la retrouve dans n’importe quel objet sur lequel mon attention se porterait. Car dans le fond pourquoi une forme reste t’elle stable, pourquoi ne se dissout elle pas au gré de sa volonté .. si tant est qu’on puisse lui accorder une volonté. Pourquoi les atomes restent-ils groupés de façon fidèle autour d’un même projet, d’un même consensus ?  Alors que nous savons désormais que tout est constitué de 99,999 de vide entre les atomes ? Et si on regarde, de la même manière, tout ce vide qui ne manque pas de se trouver entre toutes les opérations d’une base de données, c’est à dire le temps que met chaque information à se propager d’un utilisateur l’autre , cette somme globale de temps « perdu », ce vide qui tient désormais à un cheveu, celui de la nano seconde et tend vers une apparente l’immédiateté. Fantasme aussi que cette immédiateté. Car c’est aussi un avantage ou un désavantage que de voir  la centralisation du contrôle abolir peu à peu le temps. Magie blanche ou noire ?  Ce qui est à interroger encore une fois, c’est la nature du temps, sa raison d’être .. il y a notamment une raison pour que toute action produite, si elle peut donner un résultat immédiat, ne présente pas toutes les conséquences que peut entraîner ce résultat. C’est que l’avenir est déjà là et entretient avec notre présence les mêmes relations que les membres d’une blockchain, copiant-collant les informations quelles qu’elles soient et les dupliquant à l’infini. Le problème d’une blockchain vue au travers du regard humain, c’est quelle ne véhicule qu’un seul type de données. en faisant ainsi le choix d’un certain type d’informations, elle renonce à toutes les autres. Fonctionnement qui n’est pas celui de la nature qui elle tient compte de la totalité des données existantes à un instant T, le présent mais probablement aussi depuis l’avenir en réemployant les informations pertinentes, dans le passé. Cette singularité agit sur le moment, en déclenchant des synchronicités, c’est à dire une duplication intense de données dans le présent qui agissent sur la construction du futur. ( des données de même type ) Cela me porte à conclure que tout ce que nous vivons ( ce que nous nommons bon ou mauvais d’une façon binaire) ne serait qu’une expérience de l’éternité. Une volonté d’agrandir sa conscience d’être. Ainsi l’éternité, le non temps produit-elle son contraire, son double.

Le terme dont j’ai parlé le moins dans mon propos est celui de la confiance, paramètre apparemment incontournable de la chaine de blocks. c’est la distribution et la validation   par tous les membres distincts du système qui la fait naître puis l’entretient. Ce qui implique immédiatement que si la confiance disparaît pour une raison ou une autre c’est toute la chaîne qui s’effondre. Cela ne se produit jamais dans la nature. La notion de confiance lui est étrangère car elle ignore cette peur. Ou plutôt la nature semble utiliser la confiance et la peur comme deux manières de biper d’une information , un code binaire dont elle tient compte durant ses duplications, en créant de l’asymétrie ou de la symétrie pour corriger la tendance. On peut alors s’interroger sur le phénomène de l’entropie, du vieillissement comme un phénomène qui ne serait pas forcément inéluctable. Qu’est ce qui crée de l’entropie? quel est le facteur ou les différents paramètres entraînant la dégradation progressive d’un système. Peut-être est ce  juste l’écologie naturelle qui ne produit aucun déchet. Ce que nous nommons « déchet » serait utilisé comme engrais-nouveau type d’information- dont elle extrait la meilleure substance  pour s’élancer vers l’avenir. S’il n’y a pas de temps dans l’absolu, quels seraient alors les marqueurs qui infléchissent le phénomène et l’entraîne vers sa dissolution ?

The trooper

The Trooper est un morceau du groupe de heavy metal britannique Iron Maiden, extrait de leur album Piece of Mind, paru en 1983. Il est paru en 45 tours le 20 juin 1983 et a atteint la douzième place des classements britanniques.

Le morceau est inspiré du poème de Lord Alfred Tennyson, La Charge de la brigade légère, lui-même inspiré d’un fait historique, à savoir une désastreuse charge de la cavalerie britannique pendant la bataille de Balaklava, en 1854, lors de la guerre de Crimée. Les paroles retranscrivent le point de vue d’un soldat mort au combat et les guitares de l’introduction évoquent le galop des chevaux.

Le chanteur Bruce Dickinson introduit souvent le morceau, l’un des favoris du groupe en concert, par cette citation de Tennyson : « Into the valley of death rode the six hundred. Cannon to right of them, cannon to left of them, volleyed and thundered, ‘The Trooper.”

Dans la vallée de la mort chevauchèrent les six cents. Le canon à droite d'eux, le canon à gauche d'eux, ont volé et tonné, “Le soldat”.

La face B du 45 tours est occupée par une reprise de Cross-Eyed Mary, un titre du groupe Jethro Tull composé par Ian Anderson et paru sur l’album Aqualung en 1971.

Cette chanson est une reprise, interprétée à l’origine par Jethro Tull sur l’album Aqualung de 1971. C’était la chanson en face B du single de The Trooper. 

Cross-Eyed Mary est une chanson sur une autre forme de fatalité, mais plus humoristique. Il s’agit d’une écolière prostituée mais pas en termes aussi grossiers. Elle va avec des vieux salauds parce qu’elle leur rend service, donnant aux gens ce qu’ils veulent parce que cela les rend heureux. C’est une chanson amusante.

-Ian Anderson

Entre ces deux titres j’ai lu la préface de Mademoiselle de Maupin, de Théophile Gauthier, manifeste Parnassien, refus de la morale comme du lyrisme. Drôle d’histoire que celle de la beauté et de tous ces déguisements des personnages. Drôle de modernité aussi concernant les genres. Drôle d’actualité aussi quant aux propos tenus sur un journalisme de bon ton prônant la vertu, la morale, mais connaissant par cœur ou plutôt sur le bout des doigts tous les textes licencieux. Se rendre mi -19 ème ou ailleurs, montre bien que si tout à l’air de changer, rien ne change vraiment. Le plus vieux métier du monde et l’art me semblent aujourd’huiétroitement liés de tous temps.

Repartir du réel

Vieux rafiot soutenu par des étais douteux

Il y a cela deux ou trois ans, qu’importe, j’avais crée un podcast dont l’intitulé, l’intention était de repartir à zéro concernant peindre. J’y englobais tout un tas de sujets périphériques, trop. Et en fait même peindre était probablement périphérique tout autant que le reste. C’est l’emploi des mots, si on ne choisi pas le bon. On s’égare, élucubrations, et on tourne en rond. Peut-être que la formulation juste eut été repartir du réel. Mais pour cela il fallait que s’estompe une confusion entre le réel et ce que je nomme le zéro, le nada, le rien. Je n’ai jamais pris la peine de réécouter tous ces podcasts d’ailleurs comme si je repoussais l’instant de retomber sur une idée de ma propre médiocrité. Et puis quelle importance ce que moi j’en pense. C’est du réel à l’état brut. Une réelle confusion. Voilà tout. Repartir du réel ce serait relire réécouter comme si tout m’était étranger. Comme si c’était un autre. Comme on écoute une conversation de bistrot au même titre que l’entrechoquement des verres, des couverts et des assiettes. Se décrire à soi-même les choses comme des faits divers. Un travail à rebours de toute l’imagination déployée en vain. Dans cette austérité, ce que j’imagine être austérité, guetter encore ce qui advient.

Éblouissement de la mort

Ombre au tableau

Certainement un désir encore, que la mort soit l’ultime éblouissement, et que l’on puisse tenir sur le seuil aussi longtemps que possible. Et tout de suite vient l’éblouissement d’une pseudo connaissance qu’on y gagnerait. Une sorte de revanche d’avoir raté la vie en misant sur l’ouverture procurée tout à coup par son achèvement. Avec comme postulat probable que l’achèvement expliquerait tout. Un éblouissement qui en dissimule un autre. Dans le fond un désir de s’évader renouvelé, la jouissance triste des satisfactions passables de ce désir. Passable, vieux mot que je retrouve en marge de vieux carnets scolaires, écrit à l’encre rouge. Plus satisfaisant sont les termes médiocre, mauvais, abruti total. Au moins on est désigné clairement. Mais passable… aucun éblouissement n’en surgit. Peut-être était-ce une mise en garde prophétique, pour mon bien de la part de ces vieilles institutrices, la plupart veuves ou célibataires.

Femme de ménage, ménagère

Sophia Lauren dans mariage à l’italienne de Vittorio De Sica 1964

Un port hautain, un regard sombre, une chevelure ébouriffée mais pas trop. Un peignoir, une robe de chambre, une blouse en nylon. Peut-être en observant encore plus attentivement, le frémissement des narines, l’arc formé par la lèvre supérieure, la suggestion d’une boucle d’oreille, le pendentif, peut-être une image de sainte ou de saint au dessus du satin blanc d’une nuisette de satin-blanc- La posture de défi, paumes appuyées sur les hanches, le bassin, un bracelet de type oriental, qui ressemble à un bracelet de force au poignet d’un lutteur. Quant au décor, la probabilité d’un pan de mur en papier peint, un angle, le personnage acculé dans cet angle, mais qui, résigné, semble résister dans une attente. Résignation et fierté qui, normalement, devrait stopper l’attrait du protagoniste, du regardeur, mais qui semble provoquer tout le contraire. Qui semble faire appel à une vérité du spectateur, ou de l’acteur masculin, notamment la valeur donnée à son courage, son audace, sa virilité tout autant qu’à une raison, une politesse bien au delà d’une politesse de convenance. Dans ce film, Filomena Marturano est avant tout une prostituée que rencontre Domenico Soriano ( Marcello Mastroianni) et à qui il propose de vivre avec lui, surtout dans le but de s’occuper de sa mère souffrante et de la maison durant ses absences. Fantasme assez banal finalement. Remplacer la mère, une énigme contre une autre. Ensuite, 22 ans de mariage, Filomena tombe malade, à l’article de la mort. Un prêtre propose à Domenico de l’épouser, mais aussitôt fait la belle se relève dévoilant ainsi son stratagème et apprend à son mari qu’elle a eut trois fils dont un seul est le sien sans lui donner plus de précision. Soriano annule le mariage, Filomena quite la maison. Ce n’est que lorsque elle le quitte que Domenico découvre qu’il aime Filomena, il l’a retrouve et l’épouse à nouveau, et il découvre qu’il est le père des trois enfants. Dans ce portrait de l’actrice Sophia Lauren tout est dit. L’ambiguïté entre la femme libre et la ménagère. Une représentation de l’objet du désir masculin qui renvoie à une interrogation sur la nature profonde de celui-ci ci, la possession, l’amour, la fierté. Et aussi ce que la femme, l’être, doit déployer de résistance comme de ruse afin d’exister. Est-ce que cette histoire finit bien, est-ce que le mariage et la paternité sont suffisants pour absorber le choc… rien n’est moins sûr. N’est-ce pas plus de l’ordre de la résignation, le film ne le dit pas et semble s’achever en happy-end alors qu’au bout du compte tout concourt à faire songer à la mort des deux protagonistes. Il y a aussi présence de la mort dans cette photographie, au-delà des apparences, du désir et de la répulsion qu’elle inspire, une fatalité se tient là comme une araignée sur sa toile. Une cerise sur le gâteau.

Assomption

Couronnement de la Vierge, le Greco

Une feuille blanche et les touches d’un clavier virtuel. Sommes nous si loin de Marie et Gabriel. Cela pourrait ressembler à une boutade, mais il n’en est rien. Une feuille vierge, un peu de caractères et quelques lignes qui sortent d’on ne sait où. Reste à savoir si le fruit durera, on ne lui en demande pas tant évidemment.

Idiosyncrasie

Ne pas confondre ce qui soudain donne vie à la mort avec un rabe de satisfaction facile. Une poignée de frites, un verre de vin gratis en sus. Ne pas oublier la vocation première du partage. Pourtant la tentation est toujours présente de vouloir s’évader ainsi. De jouir égoïstement de ce qu’on va vite à considérer comme un truc, une martingale. D’autant plus que dans l’apparence ceux-ci fonctionnent. L’idiosyncrasie si séduisante soit-elle, ne vaut pas plus que la préciosité qui la façonne. Remonter à la source de cette préciosité, comprendre qu’elle n’est qu’une faille offerte par la facilité. Une béance confortable dans laquelle s’engouffrer quand la peur de ne pas exister gît, en compagnie du désir de reconnaissance, de l’ignorance. Retrouver confiance dans le partage, s’y encourager.