L’abandon

Le sentiment d'abandon s'adresse directement à qui l'on croît être tant que nous ne le savons pas. Ce sentiment n'est ni bon ni mauvais, il est le résultat d'un événement. On peut appeler cet événement un traumatisme, un accident, peu importe les mots auxquels on l'associe la plupart du temps, c'est un fait que nous n'en gardons qu'un souvenir douloureux et nous hésitons à revisiter la source étant donnée la brûlure encore vive que l'on pense y retrouver. Il n'y a pas de volonté de nuire de la part de celle ou celui qui abandonne envers l'abandonné(e) . Il y a plutôt un constat d'impuissance qui oblige à l'abandon. Sans doute les mères d'enfants prématurés éprouvent t'elles de grandes difficultés à laisser leurs enfants en couveuse pendant quelques jours, quelques semaines, parfois un mois entier. C'est de cet abandon à la naissance, de cette déchirure mutuelle que j'ai envie de partir aujourd'hui dans ce texte. Naître prématurément c'est ce qui m'est arrivé il y a de cela plus de 60 ans désormais et sans doute la sensation de solitude permanente qui m'accompagne depuis toujours prend sa source dans cette séparation temporaire avec la mère. Comme une sensation permanente aussi d'inachèvement. Quelque chose qui déraille de façon aussi régulière que fatale et ce dans à peu près tous les domaines de la vie. Un impossibilité chronique durant longtemps à construire véritablement quoique ce soit. Un positionnement de victime du sort qui m'aura fait subir bien des déboires jusqu'à ce que j'inverse la vapeur. Jusqu'à ce que je commence aussi à abandonner peu à peu tout ce qui m'apparaissait cher, tout ce qui me semblait important à certain moment de ma vie. Ainsi d'abandonné je suis devenu peu à peu celui qui abandonne des choses et des êtres à mon tour. Peut-être poussé par la nécessité de savoir ce que l'on ressent au moment où on le fait. C'est à dire encore de la souffrance, encore plus de solitude.

L’impuissance

Il y a dans l'impuissance une sorte de soulagement à laisser tomber tout effort qui ne servirait qu'à nous illusionner encore un peu. Dans une certaine mesure accepter notre impuissance serait la clef qui ouvrirait la porte non plus à la survie mais à la vie réelle et ce quoiqu'on puisse placer sur ce mot.

abandons

D'aussi loin l'abandon éprouvé serra le cœur si fort que pour survivre je l’ôtais de ma poitrine. un long temps de statue de marbre et un jour ou une nuit l'abandon fut reflux dans une grande foire à l'encan j'abandonnais encore jusqu'à mes dents mes reins mes nerfs j'allais cul nu par les chemins les... Lire la Suite →

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