Déclarer, confirmer, affirmer.

Aujourd'hui j'aimerais porter mon attention sur ces trois mots que sont "déclarer, confirmer, affirmer." La façon de comprendre les mots, de revenir à leur source et ainsi d'explorer les malentendus ou l'indifférence que nous cultivons envers chacun d'eux permet souvent de mesurer une distance. Cette distance pourrait être une sorte de no man's land entre le sens commun et le sens individuel. Arpenter cette distance confère à la langue une charge d'émotion infinie. Arpenter cette distance permet de renouer à travers la langue avec le bon sens et je n'ai pas peur de le dire avec l'univers tout entier.

Tout d'abord le mot déclarer dans le contexte actuel est un terme souvent employé dans les citations de journalistes.

Untel déclare... On déclare les guerres, on déclare un bien, on déclare des travaux.

A l'origine ce mot signifie que l'on a peser ce que l'on veut dire, en indiquant avec clarté, sans ambiguïté la manifestation d'un fait, d'une chose, d'un événement. C'est d'une certaine manière indiquer la singularité d'une manifestation à un instant précis, datée dans le temps ou dans un contexte.

Cela fait réfléchir à la teneur de cette manifestation et partant nous permet de saisir qu'il y a des manifestations sur lesquelles il est important de prêter une attention dans le flux général et totalement inconscient de l'ensemble des manifestations.

"Pourquoi y a t'il quelque chose plutôt que rien" est une façon de déclarer un point important, une évidence tellement évidente que nous ne la regardons plus.

Dans notre époque ou la surveillance et le contrôle ont progressivement déshumaniser les êtres et les mots, la langue toute entière, la déclaration n'est plus qu'une formulation administrative.

On pourrait résumer ce principe à une déclaration de revenu ou à une déclaration présidentielle. Déclarer est devenu d'une banalité formidable comme les mis en cause du procès de Nuremberg paraissent d'une terrible banalité.

Cette banalité est la forme moderne qu'emprunte le mal pour continuer à faire ses ravages en passant la plupart du temps incognito.

Mais comme si cela ne suffisait pas son opposé, l'extraordinaire ces dernières 50 années lui aussi à subit une sorte de déflation proportionnelle si je puis dire à la banalité générale.

Ainsi une sorte de confusion s'établit aujourd'hui et nous ne savons plus vraiment où se situe la frontière entre banal, ordinaire et extraordinaire. Le spectaculaire n'est pas l'extraordinaire mais on nous le fait croire et nous finissons, abrutis, fatigués, sans plus d'espoir par le croire trop souvent.

L'extraordinaire advient lorsque nous portons notre attention sur la banalité et que nous l'épluchons patiemment pour découvrir son mystère.

La banalité ainsi dévêtue peut alors montrer son vrai visage, celui de l'horreur ou de la grâce, et le fait même qu'on puisse extraire l'une ou l'autre signifie à quel point le mot banal contient de confusion.

Il est devenu banal de déclarer.

Il est devenu confusion de déclarer à peu près tout et n'importe quoi.

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