« This is the end my old friend »

Les annales akashiques, également appelées archives akashiques, chroniques akashiques ou encore mémoire akashique sont un concept ésotérique créé en Occident par des théosophes à la fin du xixe siècle, à partir d'éléments de la philosophie indienne, popularisé par des ouvrages de Lobsang Rampa, et également dans les pays francophones par ceux de Daniel Meurois et Anne Givaudan1. Ce serait une sorte de mémoire cosmique, de nature éthérique, qui, telle une pellicule sensible, enregistrerait les événements du monde2. En dehors de témoignages individuels anecdotiques, il n'existe aucune preuve de l'existence des annales akashiques ou de la faculté de projeter son corps astral dans d'autres plans de conscience
Annales akashiques détail huile sur toile Patrick Blanchon 2018

Ce qui serait fou c’est de penser que nos pensées comme nos actes ne soient pas enregistrés à tout jamais dans l’infini. J’ai beau tourner cette idée dans tous les sens, j’en reviens toujours à la même chose : au pourquoi il y a t’il quelque chose plutôt que rien ?

Et ces archives intemporelles seraient le lieu sans aucun doute où nous irions puiser nos souvenirs et non pas dans notre petit cerveau d’humain. Ce qui nous freine c’est cette séparation que nous établissons entre les choses. Le visible et l’invisible, le vrai et le faux, la pensée et les actes. le présent le passé et le futur.

L’idée n’est pas nouvelle, on la trouve dans les upanishads ce recueil de textes philosophiques très anciens qui forment la base théorique de la religion hindoue et qui ont inspiré plusieurs figures de l’intelligentsia occidental des le 19eme siècle pour ne citer que Victor Hugo, Schopenhauer, Erwin Shrödinger le physicien, Max Weber entre autres.

On découvre aujourd’hui des liens ténus entre la physique quantique et ces anciens Védas. N’est il pas sage aussi d’imaginer que nous n’inventons jamais rien vraiment et que nous ne faisons que de nous souvenir et de puiser dans ce stock inépuisable que sont les annales akashiques ?

C’est sans doute pour cela que nous avons beaucoup espéré dans les années 70 dans un renouveau majeur, un peu partout en Europe et outre atlantique . Rappelons nous la naissance des ordinateurs et très vite les images de fractales qui je m’en souviens ont impressionné notre société.

Dans la mélopée envoutante de « this is the end » de Jim Morrison c’était effectivement une rupture qui à nouveau s’opérait entre le rigide et le souple, l’établi et l’évasif, tout dans cette époque indique comme des « retrouvailles ». et le symbole qui m’en est resté après toutes ces années sont des images de fractales. Que la plus petite partie soit structurellement comme la plus grande a modifié encore un fois le paradigme dans lequel nous ne cessons de nous débattre.

Sans doute est ce pour cela que voyant venir une sorte d’age d’or à nouveau, les lobbys de tout poil se sont hâtés de trouver de nouveaux pièges, de nouvelles geôles physiques et mentales à cette humanité que la liberté soudaine risquait d’enivrer un peu trop. Avec un peu de recul comment les sociétés peuvent elles fonctionner en ne vivant que d’amour et d’eau fraîche …?

Aujourd’hui je me demande si ce n’est pas la seul voie vraiment vitale pour nous tous que d’abandonner toute nourriture physique.Non pas seulement la viande, mais aussi les légumes, en fait ne plus rien ingérer de solide du tout. Se nourrir uniquement d’eau, d’air et d’amour ne serait-il pas la meilleur solution pour ficher par terre ce vieux système barbare et caduque, hydre de Lerne dont les tètes coupées ne cessent de repousser toujours plus hideuses brandissant à chaque fois leur « isme ».

Entre les Yogis hindous et Marthe Robin de Chateauneuf de Galaure, dans la Drôme française il existe forcément un lien invisible pour nos yeux d’aveugles. Il serait urgent de le trouver en d’en tirer toute la substantifique moelle dont parle mon bon ami François Rabelais.

Les archives akashiques

Archives akaschiques - Dessin,  40x40x2 cm ©2018 par Patrick Blanchon -

Chacun de nous peut se rendre là bas, ou plutôt ici. Car c’est bien ici et maintenant que tout existe et nulle part ailleurs.

Les dernières découvertes vraiment majeures  des scientifiques mettent l’accent sur la réalité de la matière et l’intervention de l’observateur agissant sur cette réalité. Il n’y a que lorsque on regarde une chose qu’elle existe …Mais avant ou après, il n’est aucune certitude que cette chose possède une existence en dehors de l’observateur.

Nous avons tous fait l’expérience de revenir sur les lieux de notre enfance et selon notre état d’esprit, la vitesse du vent, et notre position de compte en banque nous n’avons pas retrouvé la sensation originale.

Qu’est ce qui a changé dans ce cas ? est ce le lieu ou est ce nous ?

Lorsqu’on peint un tableau la manière de regarder ce tableau varie aussi.

Est ce le tableau qui change ou le peintre ?

Ainsi une interaction s’opère t’elle entre esprit, conscience et matière, réalité.

« Au début les montagnes sont les montagnes, ensuite les montagnes ne sont pas les montagnes et encore ensuite les montagnes sont les montagnes ».

Aujourd’hui, ici et maintenant est le  lieu de tous les potentiels.C’est dans l’ici et maintenant que nous prenons des décisions, que nous effectuons des choix et des renoncements qui impactent nos vies, nos tableaux, notre conscience. C’est dans l’ici que les montagnes et les tableaux peuvent exister.

Chaque choix, chaque acte comme un caillou qui tombe à  la surface de l’eau propage des ondes qui atteignent les rivages de notre réalité en en  accroissant ou diminuant les possibles.

Mon activité de peintre me sert à élaborer des portes, des fenêtres vers cet » ici et maintenant. »

Parfois suivant mon alignement j’obtiens juste des trous de souris, parfois des portails de cathédrale, cela n’a pas beaucoup d’importance. Toute porte, tout fenêtre indique une séparation et un passage  entre deux pièces, deux plans, deux états.On pourrait résumer entre ici et ailleurs, ici et au delà … l’important n’est pas la taille de l’ouverture, mais de persévérer…

Si l’étymologie du mot évoque la fermeté dans la durée la constance dans un sentiment, une manière d’agir ou une résolution , persister à considérer la matière inerte et étrangère à notre esprit, à notre conscience est sans doute le petit caillou lancé par inadvertance qui nous fait vivre une réalité étroite dans une confortable ignorance.

J’aime bien la définition de Patrick Bureinstenas qui poursuit une quête personnelle dans le domaine de l’alchimie.Quand il nous apprend que « persévérer » dans  la magnifique langue des oiseaux  peut aussi signifier  » percez et vous verrez »…