Moine zen ou clown

J’hésite encore vaguement pour ne pas perdre la main. Hésiter c’est tellement bon quand on sait pourquoi on hésite. L’embarras du choix n’est ce pas… ce luxe ! Une sorte d’érotisme directement lié au luxe de pouvoir encore choisir.

Un beau sujet de thèse qui réunirait sur un nombre de pages conséquent masturbation, luxe, érotisme et choix. Cadeau !

Tout serait limpide ensuite – France Culture notamment.

Mais au bout du compte il n’y a pas de où. Plutôt un « et ». Moine zen et clown ça me va tout à fait.

Sauf que je ne m’assois plus en lotus, trop mal aux genoux et que ma balle de ping-pong peinte en rouge est placée sur un nez invisible.

Le cœur du monde.

Etienne-Jules Marey « Décomposition du mouvement ».

Il y a un homme quelque part au fond de moi que je ne parviens pas à mettre au monde. Je l’aperçois de temps à autre et, dès que je m’approche un peu de lui, il s’évanouit. Alors je me dit que j’ai rêvé tout simplement, que j’ai pris mes désirs pour des réalités. Cet homme là n’est que pur fantasme, il n’existe pas, n’a jamais existé, et n’existera jamais.

Cependant ça ne me lâche pas si facilement que ça. Ça revient à la charge régulièrement.

Comme un bouchon, un flotteur quand le poisson mord. Il coule brusquement, puis il remonte cependant que je n’arrive plus à ferrer si facilement qu’autrefois.

Je n’arrive pas à pécher cet homme aussi bien que je parvenais à pécher les petits poissons de mon enfance, avec cette insouciance de l’enfance, avec cette prétendue innocence ou naïveté comme on dit.

Parfois je vois très bien la séparation qui s’effectue à chaque choix, toutes ces routes que propose chaque choix et leurs conséquences, et sur ces routes j’aperçois l’homme qui marche plus ou moins droit.

Il y a cet homme intelligent, posé, pondéré qui ne fait presque aucune erreur, et qui continue sans encombre son chemin comme si nos vies, chacune de nos vies se déployaient dans des dimensions parallèles et bifurquaient ainsi à chaque circonstance, à chaque fois que nous interprétons ces circonstances, ces événements chacun de nous à notre manière.

Et bien sur j’ai longtemps crû qu’il pouvait exister une bonne et une mauvaise manière d’interpréter comme de réagir aux circonstances et aux événements. J’ai longtemps crû qu’il pouvait y avoir de bons et de mauvais choix.

Ainsi il y aurait un homme né de mes choix qui les aurait interprétés à sa façon, la meilleure possible, et qui ainsi, dans une strate du multivers jouirait enfin du bénéfice que toutes mes pertes, mes renoncements, aurait occasionné. Car nul doute que tout soit interdépendant, que le bonheur des uns se construise sur le malheur des autres, je veux dire ce que l’on interprète comme tel bien sur à tort ou à raison puisqu’en fait tout n’est qu’affaire de pesée , d’équilibre, d’harmonie.

Dans ce cas suis je si mal loti que je l’imagine ?

Peut-être existe t’il aussi le pire des hommes, celui qui s’est encore bien plus avili que moi dans une quelconque strate d’une basse fréquence noire et glaciale. Peut-être que lui n’a choisit d’interpréter que la mauvaise part des choses et les conséquences de ses choix auront été la colère, la haine, le meurtre et la trahison.

Ai je été l’homme que je considère bien meilleur que je ne le suis en ce moment ? le serais je jamais ? Ou alors serais je un jour cet homme qui a chuté si bas qu’il a perdu toute dignité et toute foi ? Ai je vraiment le pouvoir de choisir la route que j’emprunte par la seule acuité de mon regard de mon discernement posé sur chaque choix ?

Ou bien tout cela n’est-t’il qu’un jeu de hasard, une sorte de gigantesque casino duquel on sort riche ou fauché peu importe ?

Cette vision pessimiste aussi, je l’ai traversée bien des fois et cela ne m’a toujours mené qu’à une impasse, une sorte de « mur du son », une constance de Planck.

Et puis tout à coup je repense à ce texte que j’ai écrit récemment et qui fait référence à une tapisserie, à la dame à la licorne.

Cette image raconte en fait notre attachement aux 5 sens et notre isolement, la solitude de chacun de nous sur l’île, enchaîné par notre habitude de considérer la réalité.

Comment se libérer alors de cet enfermement qui semble tellement dérisoire sur cette tapisserie réalisée sur 6 panneaux je crois me souvenir.

Le 6 ème panneau, le dernier acte en fait, c’est l’invention d’un 6 ème sens symbolisé par le cœur

Le cœur alors serait l’axe du monde, et aussi l’origine et la fin de toute chose. Le comprendre serait la clef de l’énigme.

Dans ce cas tous les hommes que je suis « en même temps » peuvent bien perdre ou gagner selon l’interprétation de leur 5 sens, cela n’importe pas vraiment dans le fond, puisque tout finira par nourrir la profondeur infinie, apparemment inhumaine, incompréhensible du multi-vers ou de l’uni-vers

le cœur du monde.

Priorité

Vitres embuées Photographie Patrick Blanchon

En mathématiques, la priorité des opérations ou ordre des opérations précise l’ordre dans lequel les calculs doivent être effectués dans une expression complexe.

C’était la seule définition qu’il retenait après avoir consulté son moteur de recherche habituel et qui l’avait emporté comme à chaque fois sur Wikipédia.

C’était une vraie question, une énigme à résoudre soudainement après qu’elle lui avait balancé le matin même  » Tu n’as absolument pas le sens des priorités ». Et cette petite phrase depuis ne cessait de le tarauder.

C’est assez juste qu’il ne cessait d’inscrire des parenthèses à des opérations multiples qu’il aurait du réaliser dans un certain ordre logique, il le constatait.

Cependant que le but de tous ces calculs compliqués disparaissait peu à peu.

A la fin il se retrouvait avec une montagne de petites choses mises entre parenthèses et quand il les examinait dans leur globalité cela finissait par être du chinois.

En même temps cela lui était nécessaire pensa t’il, il ne faisait surement pas les choses « pour rien » comme elle semblait le dire.

Il avait étudié pendant des semaines les divers articles qu’il avait glanés sur l’ordre et le désordre, et aussi des embryons de théories sur les lois du chaos parce que ce problème finissait par devenir un leitmotiv de dispute entre eux deux.

Elle avait cette formidable capacité à ranger, à ordonner, à classer à la fois les objets, les actions et ses sentiments que lui ne semblait pas posséder. Ce n’était pas tant le désir de s’accaparer son étonnant pouvoir qui l’avait amené à s’interroger qu’un besoin de paix dans leur couple.

Elle l’avait déjà sorti du pétrin dans lequel il se trouvait lorsqu’ils s’étaient rencontrés et si l’issue de son marasme pouvait porter une définition acceptable celle-ci pouvait certainement se résumer au mot « projet » .

Elle lui avait confié son désir de voyager par exemple et il avait pu observer comment elle mettait tout en place à chaque fois et ce plusieurs mois à l’avance. Si on s’y prend bien dans les temps, les billets de train ou d’avions sont bien moins chers avait elle dit en bombant légèrement le torse quand elle avait fait une « bonne affaire ».

Il n’avait jamais vraiment pensé à ces petites choses et cela l’amusait au début.

Puis l’amusement se transforma en secousses sismiques de plus en plus fortes sur l’échelle de leur relation. Elle finit par se plaindre que c’était elle qui menait tout à bout de bras et qu’elle aurait bien préféré avoir « un homme » à la maison et non pas un « un gamin irresponsable ».

Il avait accusé le coup en serrant les dents. Avait même ragé intérieurement contre lui-même de se trouver tellement démuni face à cette nouvelle organisation du monde qu’il découvrait, mais, après tout ça, il avait constaté qu’il fallait seulement donner un coup de collier dans ce sens. Tenter de trouver une organisation, et pour cela comprendre qu’elles étaient ses priorités.

Objectivement sa vie semblait se diviser en plusieurs parties d’un seul coup alors que jusque là elle lui avait seulement semblé monolithique. Il fallait déterminer à quelle partie de lui même ou de leur couple appartenaient les choses, les actions à effectuer suivant un ordre logique.

En général il suivait des routines qui s’étaient imposées à lui plus qu’il ne les avait vraiment décidées.

Boire un café et fumer une clope et réfléchir puissamment à ce qu’il allait bien pouvoir peindre était déjà une habitude tellement bien ancrée qu’il se demanda s’il était possible de l’écarter.

Il imagina un instant sa vie sans cette habitude puis il décida de mettre tout ça entre parenthèse et descendit dans son atelier. Il alluma sa tablette et chercha un instant une musique propice à cette nouvelle journée qui commençait un peu de travers.

Puis il retourna à la cuisine, le café était encore chaud, il remplit à nouveau sa tasse et alluma une nouvelle cigarette.

Quand elle revint le soir et qu’elle récita la longue liste des petites choses qu’il aurait du faire, il la regarda avec une admiration sans borne, puis il prétexta qu’il n’avait pas terminé « un truc » et il la planta là pour retourner écouter de la musique dans l’atelier.

Que pouvait bien signifier pour lui le mot « priorité » ?

Résistance

Magritte, « la trahison des images »

L’étymologie du mot révèle qu’il s’agit de s’arrêter, de ne pas faire un pas de plus afin de se tenir face à quelque chose, et de lui tenir tête.

Comme tous les mots, comme la langue toute entière le mot résistance ne fait pas cas d’une chose réelle. Il permet simplement d’aller chercher dans notre mémoire quelque chose de connu qui rassurerait celui ou celle qui l’utilise.

La résistance ainsi permettrait comme beaucoup d’autres mots sinon tous de résister à l’inconnu.

Ne pouvant jamais sortir de la pensée, des mots, du langage, nous traversons ainsi l’existence enveloppés dans ce véhicule que ne cesse d’inscrire la mémoire face à la vie.

Chaque événement n’étant interprété que par la résistance à le considérer vraiment neuf, inédit, cette résistance nous incite donc à nous arrêter, à ne surtout pas franchir la frontière de l’impensable, de l’inconnaissable, tout autant que l’animalité que nous attribuons à cette absence -imaginaire- de pensée et de connaissance.

Quand Magritte inscrit sur son tableau  » ceci n’est pas une pipe ». Il utilise le langage qu’il confronte à une image paradoxale pour tenter de nous sensibiliser à cette lutte que nous ne cessons jamais d’entretenir entre le connu et l’inconnu.

On voit sur la surface plane de la toile des lignes et des couleurs arrangés de telle façon qu’on puisse aussitôt comprendre qu’il s’agit d’une pipe. Puis on tombe sur la phrase qui contredit ce que nous avions pensé. Cela crée une sensation qui varie pour chacun de l’humour à l’effroi.

Est ce que Magritte en peignant ce tableau effectue un acte de  » résistance » ? Son but est-t’il de faire rire ou de faire réfléchir le spectateur et sur quoi ?

Est ce sur la peinture ? Est-ce sur le langage en général ? Est-ce sur nous même finalement confrontés à cette surface plane animée par des couleurs et des lignes que nous avons l’habitude d’appeler « réalité » révélant ainsi l’ambiguïté de toute interprétation ?

Nous connaissons tous ce tableau et son titre habituel, « ceci n’est pas une pipe ». Mais il porte un autre nom avant d’être devenu célèbre « connu ». Son titre original est « La trahison des images ».

Nous gardons en mémoire une époque qui se situe entre le XIII et le IX ème siècle et durant laquelle la notion d’image notamment religieuse, fut poussée à un paroxysme de la résistance. Quand l’iconoclaste incite à la destruction des images quel est sont but profond sinon s’arrêter et tenir tête face à une forme de vénération qui ne s’attache plus qu’à l’emballage du divin plutôt qu’au divin lui-même.

Si l’on change le terme de « divin » par le mot « réalité » nous comprenons que rien n’a véritablement changé en ce qui concerne nos résistances à ne surtout pas pénétrer ni dans l’un ni dans l’autre. La seule chose que nous ne cessons de pénétrer c’est le connu, le trivial, le vulgaire par peur de ne plus nous reconnaître en abandonnant nos résistances.

Depuis toujours pourtant c’est toujours de la même lutte dont il s’agit qu’elle se présente sous la forme d’une guerre des images, d’une guerre des mots ce que l’on retiendra c’est que la guerre, le conflit ne cesse jamais en nous comme à l’extérieur de nous.

Il se pourrait également d’un nouveau type de résistant advienne désormais, une sorte de résistant magnifique et dont l’ambition serait de ne plus opposer de résistance du tout à toutes les anciennes résistances.

Ce ne serait pas malgré tout une nouveauté. Il existe toute une littérature sur ces sages, ces ermites, ces saints qui auront poussé la résistance à sa limite ultime, contre toute résistance.

Car en fin de compte qu’est ce qui pousserait qui que ce soit à résister à la résistance sinon une intention d’imaginer une autre réalité, de se fondre en celle ci sans l’entremise de la pensée ce qui est voué à l’échec depuis ce postulat même.

On ne peut traverser la frontière dans le but de revenir pour en parler, pour écrire sur cette expérience. Une fois que toute résistance est tombée, s’est évanouie, nul ne sait ce qui advient.

Dans le fond entre le connu et l’inconnu, entre la mémoire et la nouveauté, entre la vie et la mort que nous ne cessons d’opposer l’un l’autre ( comme pour jouir où nous lamenter de notre propension au choix) , ne nous est révélé qu’un fonctionnement binaire dans lequel nous tentons de nuancer plus ou moins adroitement notre impuissance, la somme de toutes nos résistances à le dépasser.

Trahison

Visage à l’acrylique, peinture d’Andrée une élève.

Comment ne pas parler de l’abandon pour parvenir à évoquer la trahison ? Cela ne me semble pas possible autrement. Car chez moi la trahison, la douleur ou le soulagement qu’elle procure sont indissociables d’une idée de perte.

En abandonnant une ligne de conduite, combien de fois n’ai je eu le sentiment de me trahir et ce faisant peu à peu de perdre l’estime de moi-même.

C’est presque du domaine du surnaturel, on pourrait aller jusqu’à évoquer la possession ou en tous les cas quelque chose de « plus fort que moi » qui se joue de moi en flanquant par terre à chaque fois un personnage que je crois être et que je dois abandonner, trahir par ce que ce n’est pas moi, ce ne peut être moi.

Cette « chose » pensante lovée comme un fœtus, un serpent, semble avoir abandonné à tout jamais l’idée de confiance comme de foi et erre. Et tandis que celle ci erre une seconde que je ne connais pas plus que ça, pénètre dans la mélancolie, le chagrin, la colère, voire la rage comme si cette dernière jouait le rôle d’un vase d’expansion dans une installation de chauffage. D’ailleurs tout cela ne se joue t’il pas en « circuit fermé » ?

Il m’est donc d’autant plus facile d’être généreux, de tout donner à l’encan et ce autant que je le peux dans les périodes d’accalmie sachant très bien que de toutes façons, rien de tout cela ne m’appartient, qu’au moindre changement climatique le sentiment d’abandon et la trahison reviendront et qu’elles détruiront tout sur leur passage.

Alors je redeviendrai mollusque, coquillage, conque ou simple moule, hermétique pendant un temps au bruit du monde.

Ressassant mes pertes comme pour en mieux jouir, me fustigeant de « je n’aurais pas du » ou de « il aurait fallu » pour terminer ma station dans les profondeurs par un « c’était écrit » et « c’est plus fort que moi » comme d’habitude.

J’ignore quelle formidable naïveté est toujours parvenue à temps pour m’extraire de l’inéluctable.

L’enfant en moi est revenu mille fois pour sauver l’homme.

L’enfant mille fois a dû déployer aussi une foi inouïe dans l’homme

L’enfant mille fois s’est déguisé en vieillard pour rendre plus jeune et plein d’espoir l’homme à nouveau.

Au bout du compte je regarde cet enfant et je ne peux plus m’empêcher de constater qu’il est à la source même de tous ces abandons, de toutes les trahisons commises.

Je suis comme un père que les gendarmes viennent soudain trouver pour lui apprendre que son gamin est un voyou de triste zone.

Quel choix alors ? les gendarmes ou l’enfant ?

Qui croire ?

Souvent confronté à ce choix l’homme que j’ai été a préféré fuir plutôt que de trancher.

souvent confronté à ce choix l’homme que j’ai été n’a pas pu tuer vraiment.

Il n’a pas pu tuer la société ni l’enfant sauvage.

Il s’est tué lui-même, à petit feu, de renoncement en renoncement, d’abandon en abandon, de trahison en trahison.

Désormais que j’arrive à la soixantaine je regarde tout cela et je me dis qu’il ne me reste peut-être pas beaucoup de temps à vivre et que c’est bien dommage de parvenir à élucider toutes ces choses peu à peu sans pouvoir en faire grand chose d’autre que les raconter.

Au bout de tous ces abandons, de toutes ces trahisons je cherchais sans doute aussi la liberté sans bien savoir le prix que cela devrait me coûter.

Me revoici malgré tout l’entourage que j’ai pu créer et dans lequel je ne me soucie plus guère d’avoir confiance ou pas , comme dans une sorte de purgatoire que j’ai aussi voulu sans doute et qui n’intéresse personne d’autre que moi.

Mais qui suis je donc vraiment que je ne cesse sans relâche de vouloir trahir qu’à seule fin d’obtenir le pardon et l’amour en lesquels je n’ai jamais cru.

La préférence

Le canal était noir, la surface de l’eau était noire, ce matin là je n’apercevais pas les beaux éclats argentés des perches arc en ciel qui troublaient en profondeur mon âme de gamin pêcheur.

Le temps était maussade, sans aucun vent et l’écho des trains arrivant en gare au dessus me revenaient en grinçant méchamment murmurant des mots métalliques et froids.

Pourtant je m’installais, j’avais décidé que la matinée serait toute entière consacrée à mon envie.

Au lieu d’étudier sagement j’avais saisi les cannes, les lignes et l épuisette puis j’étais parti sans bruit, sans prévenir, pour rejoindre les talus du canal du Berry.

Une sensation de vide affreux m’envahissait depuis tôt le matin et j’avais effectué mon choix comme un soldat charge son fusil en vue de tuer, j’avais préféré.

Et, sans le savoir, cette préférence était déjà l’augure d’une pêche médiocre.

Une facilité de fatigue, surgit du vide que je cherchais désespérément à tuer.

Cependant je décidai par bravade que c’était bon de s’asseoir là et de tendre la ligne , regarder flotter le bouchon,

en espérant tout en sachant profondément que rien n’y changerait rien

Dans le fond.

Déjà à l’époque j’avais installé des rochers, des remparts, des occupations pour lutter contre la présence insistante de l’absence.

Même si je savais qu’il fallait attendre un peu avant que le poisson ne soit ferré adroitement, irrémédiablement, ce matin là j’avais tout oublié peut-être parce que justement j’avais choisi de perdre mon temps, j’avais établi une idée de moi, une préférence.