Inutile colère

Je n'aime pas me mettre dans cet état qui me place immédiatement hors de moi. Je n'aime pas me mettre en colère. Avec le temps, avec l'habitude, j'en ai fait le tour. Se mettre en colère s'est s'auto enfiler ni plus ni moins ou enfiler un costume qui ne me convient pas voilà tout. Mais quelles raisons, s'il y en a qui font que j'ai pu ainsi sortir de mes gonds ? Me dévergonder à un tel point. Quel est donc ce point de rupture avec soi qui m'entraine vers le dehors, juché sur mes grands chevaux ? Peut-être n'est il rien d'autre qu'un point de fuite. Un point imaginaire sur une ligne non moins imaginaire. La ligne bleue des Vosges, la ligne Maginot ou une autre peu importe... une ligne de séparation d'avec un ennemi, réel ou imaginaire finalement aussi. J'en ai été capable, tu peux te douter. Je me suis mis énormément en colère dans ma vie. Je ne compte plus les fois. Mais au bout du compte lorsque je reviens de cet état de colère je suis bredouille. ça ne rapporte rien de bon. Une pure perte d'énergie. Et puis la cohorte des prétextes a bon dos. L'injustice a bon dos l'incompétence a bon dos la trahison a bon dos le mensonge a bon dos La liste n'est jamais exhaustive dans ces cas là. Tu peux prendre une feuille et un crayon et écrire toi aussi la longue liste de tous les prétextes de toutes les excuses à deux balles pour lesquels tu te flanques hors de toi. La colère c'est un peu le TGV qui mène au divin pour les imbéciles. C'est à dire qu'ils voient la gare mais ils ne peuvent pas sortir du train. Tu vois le truc. La colère s'auréole de puissance et de gloire mais en fait c'est du plaqué, du toc. Alors pour la valider, pour planquer sous le tapis tout ce qu'on y a découvert comme saleté on peut tout autant couper des têtes que tuer des nouveaux nés, violer des femmes, massacrer encore et encore et les autres et soi-même. Me mettre en colère désormais que je suis vieux serait comme une sorte de réflexe pavlovien. Je verrais un truc qui ne tourne pas rond et je serais tellement démuni de force et de souplesse que ce serait mon seul recours. D'ailleurs si tu vas faire un tour dans le premier EHPAD venu tu verras que je dis vrai. La plupart des communications dans ce genre d'établissement tourne autour du cul et de la colère. C'est surement pas parce qu'on est devenu vieux qu'on devient sage. La sagesse n'est pas un upcell de la vieillesse.

Du bon usage de la colère.

D'ailleurs il serait intéressant de retracer l'histoire de la salubrité publique comme rempart au choléra, nous en apprendrions surement beaucoup sur le comment et le pourquoi les gouvernements se proposent d'affronter la saleté et le désordre afin d'instaurer la tranquillité des foules et ainsi repousser la colère au delà des villes, au delà des frontières.

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