Épuiser, juguler

De la toile, du pinceau , de la peinture, du peintre,parmi ces quatre éléments lequel pourrait évoquer au plus prés  l’idée   du cheval sauvage  qu’il s’agit de dresser afin de pouvoir le monter et le diriger ? 

Faut il l’épuiser ou au contraire le juguler? 

Evidemment il s’agit d’une métaphore de la pulsion. Ces pulsions qui se situent  dans le niveau basique de tout à chacun et que la famille, l’école,la religion,  puis plus tard l’entreprise et enfin le gouvernement tentent en vain sinon de contrôler au moins de juguler pour que le « savoir vivre » n’en pâtisse pas, entendez par là qu’on ne se trucide pas à tous les coins de rue et surtout pour que la  fédération des diverses entités concernées, c’est à dire nous tous puissions  perpétuer l’espèce, le modèle économique, politique choisis  ou bien  le tout simultanément.

Or l’histoire montre bien que ça ne fonctionne pas. Toute société rangeant soigneusement sur le bas côté tous les phénomènes périphériques embarrassants dans un premier temps. 

C’est ainsi que les forgerons sont  renvoyés dans les banlieues des villages  accusés de tripoter dangereusement les métaux, rejetons forcément maléfiques  de la Terre sacrée.

C’est ainsi que l’on se met à pendre, brûler, écarteler aussi les druides, les sorcières, conspuer les protestants, cracher sur les catholiques,les juifs, et j’en passe, ou encore, rassembler par quartier certaines catégories de populations afin de mieux savoir où elles sont, les rassembler, les classer, comme les fous dans les hôpitaux, les gay dans le marais parisien avec les juifs tiens pourquoi pas ?les ouvriers dans les banlieues, et les immigrés avec, histoire de faire en outre quelques économies. 

Le premier niveau donc de l’évolution d’une personne comme d’une société est celui ou l’on s’occupe de satisfaire ses pulsions ou bien de les faire taire. afin de maintenir l’équilibre écologique de l’ensemble.

Ainsi l’aspect dualiste « épuiser, juguler » prend ici tout son sens. En utilisant la magie des vases communicants on crée des zones commerciales immenses comme on plante une ou deux mosquées, une synagogue, quelques temples protestants, deux ou trois bibliothèques, et bien sur quelques bordels en croisant les doigts pour que tout se passe au mieux et que l’on puisse continuer à marcher tranquillement dans les rues.

Tant que personne ne s’en aperçoit cela peut fonctionner. Cependant il arrive toujours que quelqu’un s’interroge sur le bien fondé d’un tel montage et, soit on lui permet de s’exprimer dans une tribune soit on se dépêche de le mettre à l’écart soit par le ridicule, le scandale, soit carrément en l’enfermant.

La récupération des phénomènes border line fait partie du jeu. Mais quand le « border line »devient la majorité cela signifie que la famille ne fonctionne plus, l’école non plus , la religion non plus, l’entreprise non plus , et le gouvernement non plus.

C’est ainsi que revient ainsi cycliquement la fin d’un monde. 

Pour revenir à la métaphore de la pulsion et du cheval dont je parlais en haut de cet article jusqu’à présent le conditionnement est le moyen de régler la réaction anarchique de la pulsion. anarchique car incontrôlable, improductive voire stérile suivant les point de vue.

Dans le domaine équestre ce conditionnement que l’on appelle aussi « processus d’apprentissage » peut être appréhendé de deux façons, la positive et on parle alors de renforcement positif  ou la négative qui devient le renforcement négatif 

On aura comprit que ces deux méthodes dépendent plus du point de vue du dresseur que du cheval évidemment qui lui de toutes façons traduit cela en confort et inconfort et en réactions attendues de sa part dans les deux cas.

Cependant il ne faut quand même pas prendre les chevaux pour des cons. Il arrive que ceux ci de façon inattendue sache lire le langage corporel du dresseur et de ce fait lui donne le résultat attendu avant même que la longère ou la voix lui indique ce qu’il doit faire. 

Ici c’est un cheval sympa dont je vous parle. Mais imaginons un peuple entier qui regarde la télévision lors d’une allocution présidentielle et qui ressent plus qu’il ne comprend que le langage corporel de celui ci est complètement en contradiction avec ce qu’il dit … 

Quand le peuple ne sait plus comment réagir à un conditionnement c’est que le conditionnement ne fonctionne plus. Et cela ne sert à rien de tricher.

En peinture c’est un peu la même chose pour revenir quand même à la thématique de mon blog. Quand on a terminé de traverser tous les conditionnements proposés par l’apprentissage académique, quand on a proposé ses toiles à la vente et qu’on a compris qu’elles ne se vendait pas bien voir pas du tout on a le choix :

Soit continuer à faire ce que l’on croit soit faire ce que les gens veulent 

Dans le premier cas le peintre fabrique lui même son conditionnement par l’entremise de rituels  ou pas , dans l’autre cas il subit le conditionnement des galeries ou du public. 

Cependant il est possible à un moment que cette fameuse pulsion créative lui propose un nouveau chemin: comme par exemple  juste de s’asseoir un instant et de prendre le temps d’écouter en lui  comme un chant profond de la terre et du ciel réunis sur sa toile.