Laisser la place à la créativité

Elle est là, silencieuse assise sur un banc dans le grand hall de cette gare, la nuit. Depuis l'extérieur une odeur d'égout provenant de la rivière Uruméa pénètre dans la salle. Il fait chaud et humide et je me sens seul en manque de tout. J'attends le train qui m'emportera vers cet ailleurs que je me suis inventé quelques jours auparavant. Le Portugal.

Un ailleurs qui m'extraira de l'ici. De l'insupportable ici désormais où je vis misérablement parce que je me suis inventé cette histoire de devenir écrivain. En attendant j'ai quelques heures à tuer encore et cette femme assise là sur le banc d'en face attire mon regard autant que j'essaie d'attirer le sien.

Mais elle lit. Un livre dont je ne peux voir le titre. Courbée sur elle même enfermée dans la lecture. Nous ne sommes que tous les deux dans la salle d'attente. Les volets des guichets sont clos. Un chien errant entre en courant et s'arrête net au milieu du vaste volume. Un animal à l'arrêt qui hume je ne sais quoi pour repartir aussitôt ventre à terre.

Quelle âge peut elle avoir ? Elle semble avoir dépassé largement la quarantaine. Vêtue de couleurs sombres les cheveux tirés en arrière laisse deviner quelques nuances grises et claires à moins que ce ne soit la lumière trompeuse du plafonnier. Immobile et fermée comme une urne une amphore qui ne peut qu'attirer le voleur que je suis.

Quel trésors recèle t'elle ? trésors sensuels, trésors de générosité, d'amour, trésors de silence et de regards ? trésors d'odeurs subtiles et troubles et sa peau sans doute salée par la mer Cantabrique toute proche est elle dure ou souple moelleuse ou amère ?

Je voudrais déjà m'emparer de toutes ces richesses que je fantasme ainsi dans ma solitude devant cette inconnue qui ne relève pas la tête de son livre. Quelle niveau de bassesse ai je atteint désormais pour cristalliser tous mes manques perpétuellement et à la moindre occasion !

Nous ne sommes que deux et le temps passe ainsi... des minutes longues et malodorantes dans la moiteur de la nuit basque.

Le petit sentier #7

On ne va pas se mentir, l'une des raisons sinon La raison principale pour laquelle certains d'entre nous ne parviennent pas à peindre une oeuvre nouvelle, originale, qui ressemblerait vraiment à ce que nous sommes à l'intérieur, c'est que nous ne savons pas visualiser ce qu'elle pourrait être.

Les héros de mon enfance.

Chez les grecs anciens qui n'étaient pas que des idiots l'art de la tragédie, du théâtre, mettait en scène des héros contradictoires afin de traverser la vaste panoplie des passions humaines de façon publique et surtout citoyenne. Rien n'a changé vraiment depuis, nous n'avons guère fait mieux en matière de théâtre comme de cinéma ou... Lire la Suite →

La source de la peinture

Détail en noir et blanc Plus qu'une source, une soif. Rien ne s'écoule que l'envie de "Lui" donner parole par la couleur, la ligne,la forme. Il a fallu que ça disparaisse pour que ma peinture timidement d'abord commence à sourdre. L'insatisfaction, le manque, l’excès, c'est "Son" mutisme qui me murmurait et si faible encore perdurait-il... Lire la Suite →

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :