L’enthousiasme

négatif sépia. Patrick Blanchon

L’enthousiasme a ses limites, et force est de constater que celles ci peuvent devenir rapidement celles de la dépression. C’est que tout corps trop longtemps monté en température à besoin pour se stabiliser à nouveau de retrouver un semblant de fraîcheur, voir de froid, jusqu’à la glaciation parfois même. Tout dépend de l’élévation atteinte.

Avant de corriger l’assiette, il est souvent possible d’avoir une impression de montagnes russes, accompagné d’un coq à l’âne. Mais ce n’est pas si grave, il s’agit de patienter un brin pour atteindre aux Iles flottantes, dont la douceur sucrée, évoque pour moi des sucreries molles et laiteuses souvenirs de tétées entêtantes, et d’enfouissements baudelairiens.

L’enthousiasme peut s’avérer très nocif lorsqu’il n’est plus contrôlé. Et, hélas, il est très difficile une fois amorcé de le brider.

C’est ce qu’ont très bien compris ceux qui animent les mouvements fanatiques de tout acabit. Le frein serait alors une douche froide rapide et brutale.

c’est sans doute pour cela que l’on constate la résurgence des canons à eau, dans les manifestations urbaines. Pour les gardiens de la paix, de l’ordre, et ceux qui les manipulent on peut constater leur connaissance profonde de l’enthousiasme, ses risques et la gestion de ceux-ci.

Par contre j’ai beau chercher mais je ne vois aucune trace de la façon dont on va gérer l’inéluctable dépression à venir. Et j’avoue que cela m’inquiète un peu. Pas vous ?

Le découragement

Il peut t’arriver parfois d’être découragé par le résultat de ton travail. Sache que c’est plutôt une bonne chose que ce découragement car il te permet de te remettre en question et pour un artiste c’est une sorte de respiration.

La certitude est nocive dans le sens ou elle te prive de prendre de nouveaux risques.

Le doute est un moteur qui parsème ton parcours d’artiste d’obstacles, de soucis, d’émotions négatives et positives. De la même façon qu’une oeuvre se construit.

Et en fait l’oeuvre comme la vie ne veulent qu’une seule chose : l’équilibre.

Le découragement est souvent  le pendant d’un excès d’enthousiasme. Du coup on ajuste petit à petit l’organisation du tableau , son contraste, sa tonalité, le lourd et le léger, le doux et le rugueux.

Plus que la beauté ( qu’est ce que la beauté ?) c’est cette impression d’équilibre qui réconforte, qui déclenche l’émotion chez le spectateur.

Et l’équilibre cela n’a rien à voir avec la symétrie. Ce n’est pas autant de lourd que de léger, autant de joies que de peines, autant de jours de vaches maigres  que de jours sans soucis financiers.

Quand on marche on risque à chaque instant de se casser la figure. On finit par l’oublier mais c’est le déséquilibre qui provoque l’équilibre.