Le revers

Il y aurait un endroit où le revers serait annoncé par un ensemble de fifres,de hautbois et de couverts dominicaux.

Le vin coulerait à flots dans des coupes adamantines, en l’honneur du Hérault,des pages et des gueux qui l’accompagnent.

Car le revers a tant de choses à dire qu’il se présente non glorieux mais un tantinet buté de prime abord.

C’est bien la l’unique raison de le fêter comme on cognerait sur une viande pour l’attendrir.

Ainsi, enivré par la louange et la douceur,se mettrait il à table.

Confiant de par l’attention que lui prêteraient les convives, il sortirait de sa poche le butin de sa quête. C’est bien connu que chaque revers se doit de nous montrer à son retour ce qu’il n’a pas atteint.

Tout le monde ouvrirait alors de grands yeux et évidemment le rien deviendrait pour chacun un quelque chose à sa mesure.

C’est là le génie de tout revers de nous apprendre le plan de table de l’Hôte qui nous convie à écrire ou lire ces quelques lignes.

Le découragement

Il peut t’arriver parfois d’être découragé par le résultat de ton travail. Sache que c’est plutôt une bonne chose que ce découragement car il te permet de te remettre en question et pour un artiste c’est une sorte de respiration.

La certitude est nocive dans le sens ou elle te prive de prendre de nouveaux risques.

Le doute est un moteur qui parsème ton parcours d’artiste d’obstacles, de soucis, d’émotions négatives et positives. De la même façon qu’une oeuvre se construit.

Et en fait l’oeuvre comme la vie ne veulent qu’une seule chose : l’équilibre.

Le découragement est souvent  le pendant d’un excès d’enthousiasme. Du coup on ajuste petit à petit l’organisation du tableau , son contraste, sa tonalité, le lourd et le léger, le doux et le rugueux.

Plus que la beauté ( qu’est ce que la beauté ?) c’est cette impression d’équilibre qui réconforte, qui déclenche l’émotion chez le spectateur.

Et l’équilibre cela n’a rien à voir avec la symétrie. Ce n’est pas autant de lourd que de léger, autant de joies que de peines, autant de jours de vaches maigres  que de jours sans soucis financiers.

Quand on marche on risque à chaque instant de se casser la figure. On finit par l’oublier mais c’est le déséquilibre qui provoque l’équilibre.

La danse du pinceau.

Tu penses trop, tu n’es pas là , tu te dis que tu n’y arrives pas et tu n’y arrives pas car tu programmes ton cerveau à trouver toutes les solutions pour ne pas y arriver.

Alors laisse tomber, installe toi devant ta toile blanche, prend le plus gros de tous tes pinceaux et tend le bras.

Inspire profondément et ressent l’air pénétrer par tes narines doucement, dans tes poumons, dans tout ton corps.

Expire doucement et laisse aller la main qui tient le pinceau. Imagine une danse, c’est peut être la danse d’un animal, d’un insecte, la danse d’une herbe balayée par la brise, la danse du vent qui court sur la plaine, la danse des flammes dans une cheminée, la danse de l’eau qui dévalent les pentes d’une colline, d’une montagne, la danse des pierres qui a commencé depuis la nuit des temps…

Expire doucement et tu commences à sentir ton épaule, ton bras, ton poignet et enfin ta  main danser comme tous les éléments. Ferme les yeux et écoute le bruit du pinceau sec sur la surface de la toile.

Ne mets rien sur le pinceau que l’intention de le faire danser sur la toile.

Recommence l’exercice avec un pinceau moyen, puis avec le plus léger de tous tes pinceaux.

Toujours pas de couleur, pas d’eau.. laisse danser les pinceaux et respire.