Les femmes et l’inspiration

Je peux bien te l'avouer désormais, je n'ai rien compris au film. J'étais mal placé dans la salle, je suis arrivé à l'avance pourtant et j'ai crû que les meilleurs places étaient au premier rang. Et là j'en ai pris plein les yeux, j'ai eut un de ces mal de crâne à me cogner la tête contre les murs. J'ai failli partir plusieurs fois. Mais j'ai choisi de me lever et de me rendre au fond de la grande salle de cinéma, là il y avait moins de monde, mon voisin dormait et deux amoureux se bécotaient. Je me suis senti mieux je voyais tout l'écran et les spectateurs disséminés, leurs silhouettes se découpant dans la pénombre. Je me suis assoupi moi aussi plusieurs fois. J'ai loupé pas mal de truc. Un jour il faudra que je revienne pour boucher les trous, comprendre un peu mieux cette histoire. Ne pas rester sur cet échec.

Pourtant la vraie raison pour laquelle je n'ai pas pu suivre le film dans son entièreté c'est que mon attention s'est attaché à la silhouette de cette femme qui comme moi était au premier rang et qui m'a rejoint un peu plus tard au dernier rang.

Je me souviens encore du choc que j'ai éprouvé en devinant sa beauté alors que je l'ai vue se lever et emprunter le couloir latéral. Des formes parfaites, une élégance à tomber, et puis la lumière de l'écran qui révélait juste ce qu'il fallait pour que je puisse la fantasmer à ma guise, tout cela était terriblement excitant.

Quand elle est venue s'asseoir à coté de moi j'ai senti son parfum discret et sous ce parfum l'odeur suave de sa peau. J''étais troublé mais je ne peux pas me départir de veiller au danger qui comme tu le sais peut toujours surgir de n'importe où.

J'ai tout de suite pensé que c'était une prostituée du quartier qui venait là faisant preuve d'originalité. C'était l'hiver et il caillait dehors. Dans ces cas là, je veux dire avec le désir comme la peur on trouve toujours des raisons à l'étonnant. Des raisons raisonnables évidemment.

Lassitude

Ce qui est con si j'y pense c'est cette lassitude régulière qui m'évacue à distance et qui somme toute est tellement semblable à ce que tout à chacun produit : cette distance face à un événement depuis laquelle on se permet, on s'octroie, je ne sais quel droit.

Comme si cette lassitude encore tentait de retrouver une force en agrippant la comparaison, le jugement, la critique, comme béquille.

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