92. Notule 92

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Les tableaux qui me touchent et dont l’attrait non seulement dure mais augmente avec le temps, ce sont ceux faits sans raison, sans but, on pourrait les declarer comme issus d’un creux, d’un vide, d’un silence ou d’une absence. D’un présent qui ne se soucie ni du passé ni d’un avenir.

Et à chaque fois que je les regarde, je les regarde dans ce présent inchangé. Quelque soit mon état d’esprit avant de retrouver ces tableaux, il ne tient pas face à ce présent.

Tout en est comme désamorcé, vain, obsolète et risible, surtout la gravité, l’importance, la suffisance.

C’est ce qui me plaît aussi dans les peintures réalisées par les enfants. Quand ils ne se font pas encore une idée arrêtée sur ce qui est beau ou laid. Quand seule l’expression telle qu’elle surgit les surprend, me surprend.

Ces tableaux sont des fenêtres ouvertes sur un présent toujours immuable, et si je désirais être consolé vraiment ce serait possible.

En tous cas ils m’obligent souvent à considérer mon obstination à vouloir résider dans l’inconsolable.