L’expérience du peu

Des années après je ne trouve que la gratitude. Encore elle, toujours elle. Pourtant à l'époque dont je vais te parler j'étais à des années lumières d'imaginer que je pourrais un jour être en mesure de remercier quoi que ce soit. Et surtout pas moi-même.

Mon problème majeur était cette forme d'intelligence qui ne passe pas par la réflexion, par la pensée mais par la sensation, l'émotion, le cœur. Lorsque je me comparais à d'autres mon sentiment d'infériorité en matière de logique, de rationalité me sautait aux yeux presque immédiatement et je me sentais pauvre, tellement pauvre que je finissais irrémédiablement dans une sensation de misère.

Plutôt que de faire sagement l'inventaire de ce que je possédais, je ne cessais de souffrir du manque de ce qu'imaginais me manquer. Il me manquait alors quasiment tout et je sombrais régulièrement dans la sensiblerie autant que dans le misérabilisme.

Tu sais ce que c'est le misérabilisme ? C'est une sublimation à l'envers. Au lieu de t'élever par le sublime vers le haut, celui-ci t'invite à visiter les égouts, toute la tuyauterie de la désespérance.

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