Dessiner

Autoportraits dessins et colorisation numérique Patrick Blanchon

Je ne sais pas si cela t’es déjà arrivé d’avoir tellement envie de faire quelque chose que tu mets tout en travers de ton chemin pour ne pas le faire justement.

En ce qui me concerne je fonctionne ainsi pour le dessin. Sans bien savoir ce qui m’a prit j’ai arrêté de dessiner un jour à partir d’un modèle et puis, peu à peu je n’ai plus dessiné du tout. Enfin, ce n’est pas tout à fait exact j’ai arrêté de passer trop de temps à dessiner, je dessine en général très vite et sans reprendre mes dessins.

Comment pourrais je expliquer cela ? En fait je ne me suis jamais vraiment posé cette question. Un jour je me suis dit que j’étais peintre et j’ai arrêté de vouloir « bien » dessiner voilà tout.

Cela semble complètement absurde évidemment mais je fais une distinction entre peindre et dessiner. Ce ne sont pas les mêmes motivations que je place en amont de chacune de ces disciplines.

Le dessin ne m’a jamais servi à autre chose qu’à chercher un motif, une composition, jamais je n’ai considéré qu’il pouvait être une « oeuvre » en soi.

Donc un jour en m’engageant dans la peinture dite abstraite, j’ai tout bonnement abandonné le dessin d’observation, le dessin soigné, le « beau dessin ».

Possible que je ne me sois trouvé aucun talent de dessinateur vraiment et puis à la vitesse à laquelle j’aime exécuter les choses, possible aussi que ce moyen d’expression me soit donc apparu bien trop lent pour parvenir à mes fins. Ce sont en gros avec la paresse, une ou deux excuses faciles à me donner.

Plus loin encore je pourrais dire que je ne suis pas assez patient, et qu’ainsi pressé je n’ai pas assez travaillé.. mais en fait toujours des excuses, l’art de trouver de bonnes raisons à ne pas faire quelque chose..

Mais voilà, en réalisant toute une série de croquis pour la préparation d’une commande d’affiche j’ai bien dû me mettre face à cette évidence : les choses n’arrivent pas spontanément dans ce genre de travail. Il est nécessaire de proposer plusieurs idées, plusieurs versions de cette idée, et cela nécessite des heures de travail.

Cela apprend la modestie si toutefois on ne sait pas déjà son importance et aussi à remettre son ouvrage sur le métier aussi longtemps que le client lui ne perd pas patience…

Acceptation des rôles

J’aurais mis extrêmement longtemps à accepter deux choses dans la vie, la première est que je suis un peintre véritable et la seconde que je suis aussi un chaman véritable.

Je ne voulais pas paraître orgueilleux ou prétentieux en fait. Et puis cela me paraissait tellement extraordinaire de voir mes deux rêves se réaliser que je n’acceptais pas vraiment d’y croire.

Il y a seulement quelques mois que je me suis mis à ouvrir les bras, deux années tout au plus.

Et encore aujourd’hui je fais à peu près tout pour banaliser ce constat pour ne pas revenir en 1988 ou l’orgueil m’a fait monter si haut que la chute qui s’en est suivi a duré tant d’années.

Ma conclusion temporaire est que l’on ne peut pas se vanter de ses dons ni en tirer profit de façon personnelle. C’est là dessus que je m’appuie en même temps que je bute.

En fait il faudrait encore aller plus loin et se moquer de ce petit moi qui croit tirer les ficelles et me mettre dans la file d’attente pour faire de la pub pour le chocolat.

J’adore le chocolat Milka aller.. et je me fais pousser les moustaches en pointe.