D’une résistance à l’autre

Je résiste à la façon des saxicoles. Il me faut très peu de prise pour assurer ma survie, à l'heure, à la journée, parfois à la semaine, ça ne va généralement pas plus loin. L'essentiel est d'avoir une toute petite idée de rien du tout. Et la développer dans une infinité de sens, comme autant de radicelles, de radicules. Durant cette période je ne suis que cette idée. Parfois cette idée est bonne, bénéfique à l'espèce toute entière, d'autre fois elle est toxique, d'abord pour moi-même, elle m'empoisonne copieusement l'existence jusqu'à ce que j'arrive à bout de souffle, à bout de lumière, à bout d'eau à bout de tout et que finalement vaincu par celle ci je la délaisse pour placer mes ventouses un peu plus loin sur la paroi. A bien regarder ces deux types d'idées ne sont séparées que par une notion de résistance. Résistance à la tristesse, résistance à la joie de vivre. Résistance à la vie qui s'écoule sans relâche vers la mort.

Résistance

L'étymologie du mot révèle qu'il s'agit de s’arrêter, de ne pas faire un pas de plus afin de se tenir face à quelque chose, et de lui tenir tête.

Comme tous les mots, comme la langue toute entière le mot résistance ne fait pas cas d'une chose réelle. Il permet simplement d'aller chercher dans notre mémoire quelque chose de connu qui rassurerait celui ou celle qui l'utilise.

La résistance ainsi permettrait comme beaucoup d'autres mots sinon tous de résister à l'inconnu.

Ne pouvant jamais sortir de la pensée, des mots, du langage, nous traversons ainsi l'existence enveloppés dans ce véhicule que ne cesse d'inscrire la mémoire face à la vie.

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