« Je suis la nature »


A visitor to MoMA views Jackson Pollock’s painting « One (Number 31, 1950) » (CHIP EAST/Reuters/Corbis)

Est un commentaire de Jackson Pollock sur son travail. Et , effectivement on peut trouver des motifs répétitifs comme ceux des flocons de neige, des branches d’arbres selon une étude réalisée par Richard P. Taylor, physicien à l’institut des Sciences et matériaux 50 ans après la mort de l’artiste.

Dans la danse chamanique qu’il effectue autour de ses grandes toiles posées sur le sol je le vois comme si j’étais là tout près de lui, chaque geste est traversé par cette nature, le pinceau, le bâton n’est plus qu’un bâton magique, une incantation qui lâche son liquide plus ou moins poisseux et métallique sur la toile. On serait tenté de ne voir cette action que sous un angle rationnel, voire Freudien. Mais ce n’était qu’une grille de lecture valant pour hier, et il nous faut aller de l’avant, regarder vers le futur déjà présent dans les tableaux de Pollock. Mieux, les tableaux de Pollock et l’artiste lui même dans le présent dans lequel ils se tiennent créent le futur, et nous y parvenons, nous y sommes déjà.

Alors je regarde ses tableaux qui parait il selon les avis compétents ne cesseront plus de monter en valeur sur le marché de l’art désormais… je regarde toutes ces formes entremêlées qui ça et là font naître parfois quelque chose de familier parce que nous n’avons rien d’autre encore pour se raccrocher, et je mesure le retrait de l’homme comme un océan qui soudain s’écarte de toute terre à marée basse et le silence qui tout à coup s’élève comme un étendard flottant, un arbre à prières au dessus de ce monde anecdotique en perpétuelles métamorphoses .

Juste le vent

Juste le vent qui joue dans les cimes des arbres

qui courre sur la plaine caressant les herbes

juste le vent qui erre

voilà ma vie ce rêve éveillé.

tous ces voyages pour m’inventer un pays

tous ces regards pour inventer le tien

Juste le vent qui erre

sans but ivre de liberté

sans but assoiffé de milles soifs

Juste le vent

Ami du silence qui ne répond jamais

que par des silences de plus en plus épais

j’écouterai la pluie tambouriner sur les pavés

j’écouterai les cris des oiseaux à la frontière de l’aube

j’inventerai le monde à chaque fois

et me rendrai ponctuel à tous ses enterrements

crierai bravo, une autre , encore !

Juste le vent qui courre à perdre haleine

sous le soleil chauffant les grains d’été

juste le vent sur tes cheveux

auréolés de rires d’enfants .

Et puis soudain le vent tombera

et puis soudain on ne saura pas

tout se taira on oubliera

et on criera bravo, une autre, encore !

tout recommencera bien sur

Le vent , le silence caressant les blés

les cheveux d’enfants et le duvet des vieux.

Le délesteur

https://www.instagram.com/p/Br-uLcMCt42/


Merci au délesteur pour ces liens que je lui emprunte

https://www.facebook.com/ledelesteur/

A quel moment passe t’on du rire au sourire, puis du sourire au silence ? Face à l’événement nous grimaçons comme pour tenter de nous échapper de quelque chose et c’est assez souvent que ça fonctionne, on ne va pas jusqu’au bout et on continue sa route un peu secoué, on hausse les épaules et d’une démarche chaloupée on reprend sa place dans la file.

C’est comme cela qu’un soir je suis tombé sur la page instagram du délesteur. Celui-ci développe une idée magnifique: vous délester de tout ce que vous n’avez pas le temps de faire, ou bien de tout ce que vous auriez voulu faire mais n’avez pas pu pour moult raisons plus ou moins avérées..

Ainsi il s’en va par mont et par vaux afin de jeter le pavé dans la mare que vous étiez trop vieux et fatigué pour porter vous même, ou bien pour cette jeune femme surbookée qui n’a pas le temps de dormir il offre ses services tout à fait sérieusement pour dormir à sa place.. preuve à l’appui par une vidéo sur laquelle on le voit s’installer et s’endormir.

Il redonne la vue quelques instants à des statues, à celles que nous ne prenons plus le temps de regarder.. et qui ne nous regardent plus non plus ..

Pris par mes tâches quotidiennes je n’ai pas eu le temps de regarder chaque vidéo du délesteur..et je vous laisse me délester de cette tâche afin de propager le plus largement possible son action sur les médias internet, en parler autour de vous etc.. Il y a une belle idée au delà de l’humour, je dirais plus: un acte artistique vrai , celui qui pour moi me rapproche du silence profond qui nous relie tous par delà les rires gras et les »je t’aime » à deux balles.

Mentir

Le mensonge et la vérité sont deux concepts essentiels dans mon expérience d’artiste. Comment savoir ce qu’est la vérité tout d’abord sans s’embarquer sur l’océan des mensonges, naviguer par temps calme et puis soudain essuyer les tempêtes, parvenir même s’il le faut au naufrage avant de découvrir enfin l’ile , peut-être la même que celle de Robinson finalement, ou une autre, la notre, car il n’y a pas une seule vérité mais autant de vérités que de cœurs qui battent.

Le mensonge qu’il existerait une vérité collective dans laquelle nous pourrions tous nous retrouver, ressemble à celui du paradis perdu ou du mythe de l’éternel retour.

Nous dissimulons notre vérité par de nombreux mensonges. Il y a les tous premiers mensonges que nous n’avons pas pris garde de conserver cachés en lieu sur afin de pouvoir se souvenir et se retrouver. Ensuite nous nous sommes embarqués vers la maturité et des notions floues mais satisfaisantes en apparence de vérité et de mensonge…

A la fin il ne reste que le silence et ce silence encore peut être doux ou cruel avant de saisir qu’il n’a pas besoin d’adjectif qualificatif.

Pourquoi pas le silence

Pourquoi pas le silence
Encre de Chine sur papier

Oui tu es froid et blanc sans accroc et sans rêve,

l’haleine des rivières à l’aube embrume tes  lointains

et mon bouchon sur l’onde tremble,

taquineries des algues

ici pas de  lourd brochet ni  de fine ablette

à ferrer 

Pas de ploiement de scion aucune tension de fil

Juste le long cri de l’hirondelle là haut qui s’apprête à rejoindre

les vents chauds du sud.

Alors pourquoi pas le silence 

Total assourdissant comme un arbre qui tombe

Et laisse derrière lui le blanc d’une trouée 

Et laisse derrière lui l’amitié des racines, la voix de l’étoile pâle jusqu’à la pierre enfouie.

Pourquoi pas le silence 

Un chevreuil est passé près de lui une biche

Les deux m’ont regardé 

J’étais au bord de dire au bord  de leur parler

quand soudain je ne sais plus je me suis rappelé

Pourquoi pas le silence 

Alors je suis rentré.