Opéra

Se lancer dans l'art aujourd'hui pour une ou un jeune demande une certaine dose d'inconscience et d'ignorance même au sortir des fameux Beaux Arts de n'importe quelle cité. Ce n'est pas parce qu'on a fait quelques années d'études, 5 en règle général qu'on est devenu artiste. Tout commence même pourrais je dire pour beaucoup avec ce handicap d'avoir fait ce genre d'études.

L'art conceptuel ne veut rien dire pour certains,ne leur dit rien du tout et ils lui rendent assez bien la monnaie de la pièce. En inventant leur art personnel- n'est ce pas déjà un pléonasme désormais ?

Car l'artiste du XXI ème siècle n'a rien à voir avec l'artiste d'auparavant. Il n'y a plus guère d'ateliers de grands maîtres chez qui apprendre son métier, les galeristes aussi, enfin ceux qui méritaient cette appellation également. Etre jeune artiste dans l'âme ne propose aucun laisser passer pas même envers soi-même au départ. Tourner en rond est la porte, les fourches caudines de notre époque, la seul issue possible si on ne devient pas fou avant.

Tourner en rond et utiliser à la fois la force centrifuge et centripète. Sans doute que nos voisins des galaxies proches comme lointaines connaissent tout ça et en use pour se balader dans le vaste univers. Les fameuses soucoupes volantes tournent en rond sur elle même elles aussi bien sur.... sauf que leurs pilotes connaissent les issues, les trous de ver, les raccourcis pour se déplacer d'un point l'autre des milles et une dimensions du temps et de l'espace.

Totem, point de repère, symétrie.

Il y a désormais une année que j'ai fait connaissance avec Thierry Lambert. Dès notre première rencontre j'ai su immédiatement que quelque chose d'important se passait. Comme dirait le poète Paul Eluard, il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous.

Je tente de me souvenir de l'état d'esprit qui était le mien encore à cette époque vis à vis de la peinture, et pour être honnête je dois dire que j'avais atteint une impasse, qui se manifestait par une production fébrile, hétéroclite, dans une sensation d'urgence et de désordre magnifique. Un orage phénoménal un soir d'été caniculaire.

D'ailleurs à cette époque ce genre d'orage n'était pas rare dans l'atelier de Verrerie où je travaillais en même temps que j'exposais à Saint Julien Molin Molette. L'éclatement des lourds nuages, l'averse mêlée au tonnerre et aux éclairs de foudre attisaient plus encore cette forme d'urgence ou plutôt cette panique que j'éprouvais alors à 59 ans de ne pas avoir trouvé encore ma voie. J'étais totalement hystérique, toute déférence gardée pour l'utérus féminin je devais encore ramper à l'intérieur en jouant des pieds et des coudes. En vain.

L'image obsédante du loser se collait à ma rétine sur chaque tableau que je réalisais ainsi mais je gardais tout cela pour moi évidemment. J’accueillais comme à mon habitude le monde aimablement derrière une apparence de bonhomie.

Le pire est que je vendais mes tableaux, je les ai toujours vendus et cela aiguisait d'autant plus la pointe de lucidité qui me pénétrait le cœur. Quelque chose en moi battait de l'aile comme un oiseau qui cherche une issue et se heurte aux vitres, aux murs, désespérément.

Par malchance j'ai des dispositions intellectuelles qui me permettent souvent de tirer partie, de faire feu de tout bois de tous les drames qui m'arrivent, me permettant de les atténuer sous couvert de philosophie, ou d'une soi disant quête de sagesse que je m'avoue péniblement parfois.

 » A un moment j’ai compris que je tournais en rond »

Il y a quelques jours de cela je me suis encore rendu chez mon ami Thierry Lambert, à Saint Hilaire du Rosier au pied du Vercors. L'expression se rendre est la première qui me vient car effectivement il n'y a pas besoin de muraille, de douve, de pont levis, à mettre entre lui et moi. Peu à peu une amitié se tisse au fur et à mesure des mois qui passent et où ponctuellement nous nous retrouvons. Cela faisait plusieurs mois que je songeais à l'interviewer sur l'homme, l'artiste et le chaman qu'il est. Un matin cela m'a paru être une évidence et j'ai fourré mon micro et ma tablette dans mon sac pour prendre la route, comme d'habitude sans avoir de plan vraiment précis. En acceptant de laisser faire le hasard qui se débrouille plutôt pas mal sans mon intervention en général. Il faisait très chaud et lorsque je suis arrivé. Thierry m'a offert un verre d'eau naturellement, puis tout le reste à suivi, dans une fluidité magique. Le matériel s'est connecté sans anicroche, le micro a tout enregistré, la vidéo également et au bout d'un moment nous n'y pensions même plus. Pour démarrer cette série d'émissions que je veux réaliser avec lui je lui ai demandé de me raconter son enfance à Saint Hilaire du Rosier. Ce qui m'a frappé tout de suite c'est qu'il reprenait pratiquement les mêmes mots que dans une autre interview que j'avais vue de lui. Comme s'il avait apprit par cœur ce parcours de l'enfance à l'age d'homme et qu'il le restituait ainsi comme une sorte de récit mantra de lui-même. C'est sans doute la raison pour laquelle je l'ai interrompu plusieurs fois en le questionnant sur de petits détails afin d'en savoir plus.

Le mystère du trait de Matisse

L'observation est la qualité principale du dessinateur et, de celle-ci une autre en découle tout aussi importante qui est l'esprit de synthèse. L’œil analyse, l'esprit simplifie par le geste assuré et ce geste pour aboutir à la fluidité demande des années et un travail acharné, ou tout du moins régulier. Je ne suis pas loin de penser quand je vois mon ami que le geste aiguise l'intelligence tout simplement et que ce n'est que dans ce sens que l'art surgit.

Le roi Bumba d’Amazonie

Fresque de 10 mêtres de long réaisée par Thierry Lambert sur le génocide Amazonien. Le Boi-Bumba est une légende brésilienne du nordeste qui raconte l’histoire d’un bœuf joyeux qui dansait et faisait le bonheur d’une ferme et de ses propriétaires. Mais, un jour, un employé de la ferme voulant satisfaire son épouse qui était enceinte, tua le... Lire la Suite →

Sur la piste du signe

Dans la rencontre sincère le cœur s'ouvre et les silences deviennent des accélérateurs de pensées, d'idées, d'émotions qui offrent de nouveaux point de vue. Aujourd'hui je me souviens de Don Juan et de Carlos Castaneda, de la petite tape entre les deux omoplates qui permet de changer son point d'assemblage avec la réalité, pour percevoir des réalités plus subtiles.

Quand l’élève est prêt ..

Je découvre un peu partout au hasard des piles d’œuvres la femme papillon, l'homme chamane, le sexe entrouvert de Iemanja, lexique réduit d'une grammaire ouverte sur l'infini. Mais pas que, il y a là dans chaque pièce de la grande demeure des œuvres d'artistes contemporains -Contemporains car vivants- dont je m'efforce au début de retenir les noms mais quelque chose tout au fond me dit que c'est vain.

Les nouveaux guerriers

Tableau réalisé par Thierry Lambert poète, peintre et guerrier de lumière. Dans le grand chambardement actuel, l'ennemi sera toujours la guerre et cependant ne pas la mésestimer car celle ci a fait progresser de vies en vies. La Suisse pays pacifique et neutre sait qu'il faut s'armer fortement pour conserver ces deux avantages. Cependant que... Lire la Suite →

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